Alimentation et développement durable
mercredi 12 janvier 2011
Sept milliards d’habitants sur la planète aujourd’hui, neuf milliards demain. Comment nourrir le monde à l’horizon 2050 dans le cadre d’un développement durable ? C’est à la présentation et la discussion des travaux de prospective menés dans cette perspective à l’Inra et au Cirad qu‘est consacré l’ouvrage "Agrimonde".
Dès 2006, l’Inra et le Cirad ont pris l’initiative d’une étude prospective, "Agrimonde", pour explorer les futurs possibles du système agricole et alimentaire mondial à l’horizon 2050. L’enjeu tient en une phrase : comment nourrir près de 9 milliards d’individus dans le cadre d’un développement durable ?
Cette question se révèle complexe car il s’agit non seulement de couvrir les besoins nutritionnels quantitatifs de la population mondiale, mais aussi de permettre à chacun un accès à une nourriture saine et équilibrée, produite par des systèmes respectueux de l’environnement, tenant compte de la raréfaction des énergies fossiles, et intégrant les dimensions sociales. Produire mieux tout autant que produire plus constitue le véritable défi pour les agricultures du monde.
Nourrir la planète dans le cadre d’un développement durable est possible
Dans les deux scénarios considérés, nourrir la planète en 2050 apparaît possible. Alors que le scénario tendanciel, Agrimonde GO, le permet au prix d’une dégradation environnementale, le scénario de rupture, Agrimonde 1, montre que cela peut se faire dans le cadre d’un développement durable, sous trois conditions principales :
* Ne pas généraliser le modèle alimentaire des pays industrialisés
Il s’agit par exemple de réduire des consommations alimentaires excessives, et les pertes et gaspillages aux stades de la distribution et de la consommation finale (environ 25% dans la zone OCDE).
* Faire le choix d’une agriculture productive et écologique
Il s’agit de développer une agriculture plus productive, et simultanément plus économe en énergies fossiles et plus respectueuse de l’environnement. Une telle agriculture valorise au mieux les processus écologiques. Elle stimule et exploite les synergies entre espèces végétales et animales. Elle tire profit des avancées scientifiques, mais aussi des savoirs et savoir-faire traditionnels.
Le rapport rappelle que 13 000 litres d’eau sont nécessaires pour produire un kilo de viande de bœuf là où 100 litres d’eau suffisent pour produire un kilo de pommes de terre.
* Mettre en place une sécurisation des échanges internationaux des produits agricoles et agroalimentaires
L’augmentation nécessaire et prévisible des échanges agricoles en provenance des pays de l’OCDE, de l’ex-URSS et de l’Amérique latine vers l’Afrique, l’Asie et le Proche et Moyen-Orient, nécessite stabilisation et régulations.



