Droits des travailleurs : 36 enseignes de mode passées au crible
vendredi 13 janvier 2012
Que font marques et enseignes de mode pour respecter les droits des travailleurs qui cousent leurs vêtements ?
Prise de recul bienvenue en plein tumulte des soldes : achACT – Actions Consommateurs Travailleurs présente Devenez achACTEURS, le deuxième opus de son répertoire d’entreprises en matière d’engagement pour de bonnes conditions de travail dans leurs filières d’approvisionnement.
36 ENTREPRISES PASSEES AU CRIBLE
Après une première édition publiée en 2009 touchant tant des enseignes de mode que des marques de sport ou des discounters, cette nouvelle édition se concentre de manière plus homogène sur le secteur de la mode et fait la part belle aux entreprises belges.
Chacune des entreprises est décrite sur base des informations, collectées en 2010, fournies par 22 d’entre elles et complétées par des renseignements disponibles dans la sphère publique.
Dans cette édition un graphique complète et synthétise chaque profil, sa couleur permet d’identifier en un coup d’oeil le degré d’engagement de l’entreprise : du noir (aucune politique ou politique inconnue) au vert (meilleur engagement existant).
Les critères qui ont présidé à l’établissement des profils sont :
- l’engagement formel des entreprises par le biais d’un code de conduite,
- sa mise en oeuvre effective, notamment dans les pratiques d’approvisionnement de l’entreprise
- son contrôle et sa vérification le cas échéant multipartite
- la transparence dont l’entreprise fait preuve en la matière (liste des fournisseurs, impact de ses démarches, etc.)
Des Belges avancent !
Si les grandes marques et enseignes de mode montrent un engagement soutenu et une ouverture progressive vers plus de transparence et plus de coopération avec des organisations et défenseurs des droits des travailleurs, le mouvement s’élargit aux entreprises de plus petite taille et notamment aux entreprises belges.
- Mayerline est la seule entreprise du répertoire à bénéficier d’un marquage vert. Depuis 2010, elle est membre de l’initiative de vérification multipartite Fair Wear Foundation et a publié en 2011 son premier rapport social portant sur ses filières d’approvisionnement.
- Bel&Bo (Fabrimode) témoigne d’une volonté d’avancer sans pour autant ouvrir la porte à une vérification multipartite.
- Cassis s’est doté d’un code de conduite complet, premier pas vers une mise en oeuvre concrète.
Comme ce fut le cas lors de la première édition, l’objectif d’achACT est d’encourager ces entreprises à persévérer et de pousser les autres entreprises belges à s’engager pour le respect des droits des travailleurs.
Une analyse transversale
1. Code de conduite
Se doter d’un code de conduite rentre dans les moeurs du secteur. Et qui plus est d’un code de conduite qui fait référence aux Conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail.
La reconnaissance du droit des travailleurs à s’organiser en syndicat et à négocier collectivement fait partie intégrante de la grande majorité des codes. Au côté des droits instaurés par la loi nationale, cela constitue un outil supplémentaire aux mains des travailleurs concernés pour faire reconnaître et respecter ces droits au sein de leur entreprise.
Par contre, seulement un tiers des entreprises étudiées font référence dans leur code à un salaire vital, qui permet effectivement aux travailleurs de vivre.
2. Mise en oeuvre du code de conduite
Mais du code papier au respect effectif, il y a bien plus qu’un pas. Choix du pays de production, formation des acheteurs, information et contrôle des fournisseurs, plan d’amélioration … la mise en oeuvre s’avère déjà une autre paire de manche !
Si la liberté d’association est largement reprise comme critère incontournable, toutes les entreprises, à l’exception prétendue de Wrangler, s’approvisionnent cependant en Chine où les travailleurs ne sont pas libres de s’organiser dans le syndicat de leur choix. Rares sont celles qui y développent des démarches favorisant effectivement la mise en place d’un dialogue social au sein des usines qui les approvisionnent.
3 et 4. Vérification et transparence
Quant à la vérification et à la transparence, ils restent les parents pauvres de l’engagement des entreprises. Un tour des rayons des entreprises étudiées montre toutefois que quasi toutes les entreprises (C&A, Vögele et Triumph exceptés) mentionnent le pays de production sur chaque article. Quelques entreprises (Mayerline, C&A, We, H&M, Mango et Zara) publient un rapport social relatif à leurs filières d’approvisionnement. La publication de la liste des fournisseurs, encore souvent refusée pour raison commerciale, a pourtant ses adeptes : Zara, Mango, Levi’s, H&M et Mayerline publient cette liste ou la confient à des organisations multipartites.
Voir en ligne : Le rapport sur le site Achact



