Les OGM, vous connaissez ?
(2000)Sommaire
- Avant-propos
- Introduction
L’ADN
Le gène
Les modifications génétiques naturelles
Les Modifications génétiques artificielles - Les OGM en question
Des applications agricoles
Des applications industrielles alimentaires
Des applications médicales
Des applications écologiques - Des OGM dans l’assiette
Expériences
Quels sont les risques que
Les produits dans le commerce sont-ils sûrs ?
Conclusion momentanée - Des OGM dans la nature
Le maïs Bt
Le soja tolérant à l’herbicide
Le colza transgénique
Des animaux aussi - Le débat écologique
Pour
Et contre - Le débat socio-économique
La situation économique
Relations Nord-Sud
Les brevets
Et pour l’avenir ? - Le cadre législatif
Recherche et culture
Cadre européen
Cadre belge
Alimentation
Règlement "Novel Food" - L’étiquette des produits transgéniques
Que dit la législation
En pratique
Difficulté des contrôles - Positions de l’industrie, des états et des consommateurs
Du côté de l’industrie
Du côté des états
Du côté des environnementalistes
Du côté des consommateurs - Conclusions
- Pour en savoir plus
- Liens
1. Avant-propos
Véritables OVNIS de cette fin de siècle, tout le monde en parle,
mais personne ne les a vus.
Pourtant, le débarquement imminent des Organismes Génétiquement Modifiés sur les marchés mondiaux ne va pas sans poser nombre de questions. Que sont-ils d’abord ?
Et sont-ils dangereux pour l’homme ?
Ne risquent-ils pas de favoriser encore un peu plus une alimentation à deux
vitesses ? Quel impact peuvent-ils avoir sur l’environnement ? A-t-on prévu des
garde-fous ?
Ce dossier entend apporter une information concrète sur une technique que Darwin qualifierait assurément de révolutionnaire. Avec un seul parti pris : celui de confronter les thèses en présence, fussent-elles inconciliables. La récente succession de scandales dans le secteur agroalimentaire n’a, il est vrai, pas contribué à dépassionner le débat. Tant mieux, pourvu qu’il soit contradictoire...
Au lecteur de se forger une opinion... et de consommer en conséquence !
2. Introduction
Un OGM, c’est un organisme génétiquement modifié, soit. Mais encore ? Pour comprendre ce qui se cache réellement derrière cette expression pas très ragoûtante, quelques rudiments de biologie moléculaire...
1. L’ADN
Tout être vivant (homme, animal, plante) est composé d’une multitude de cellules. Ces cellules sont organisées en tissus. Les tissus forment les organes (foie, rein, racine ou feuille), et l’ensemble des organes, c’est l’organisme (autrement dit, l’être vivant).
Chaque cellule possède un noyau contenant une molécule d’ADN (acide désoxyribonucléique). Cet ADN détermine les caractéristiques de l’être vivant. Si je suis un magnifique homme blond aux yeux verts, et pas une anémone de mer, c’est parce que c’était écrit dans mon ADN. Cette information, je la dois à mes parents : l’ADN est le siège de l’information héréditaire.
L’ADN peut être considéré comme une sorte de cahier des charges de
l’individu. Toute l’information nécessaire à sa vie y a été pré-écrite, au
moyen d’un alphabet génétique assez sommaire, composé de quatre lettres.Soient
quatre nucléotides : A (pour adénosine), C (pour cytosine), G (pour guanine) et T pour (thymine).
On a constaté que ces quatre lettres valaient pour tous types d’organismes,
chez l’homme comme chez la souris, le navet ou encore le virus de la grippe
asiatique. La différence se marque simplement dans la richesse du vocabulaire et dans la complexité des phrases.
2. LE GENE
Chaque gène (que l’on comparera donc à un mot) correspond à une caractéristique de l’être vivant : couleur des cheveux, type de peau... Pour
d’autres caractéristiques plus complexes, comme la couleur des yeux, il faut une
succession de gènes (soit une phrase complète).
Dans la cellule, le gène va être traduit en protéine. Chaque protéine remplit
une fonction spécifique. Ainsi l’insuline est une protéine traduite à partir du
gène "insuline", qui permet à l’homme d’assimiler les sucres. Une
altération dans ce gène-là, et la protéine produite n’assume plus son rôle. La
personne est diabétique (Il existe d’autres causes non génétiques au diabète).
Actuellement de nombreux gènes sont bien connus. C’est le cas de celui de
l’insuline humaine, qu’on a réussi à ajouter dans le cahier des charges
génétique (l’ADN) de certaines bactéries. Ces bactéries améliorées produisent
donc des protéines "insuline humaine" qui, après purification, pourront servir de
médicaments.
Les bactéries décrites ci-dessus ont été génétiquement modifiées en
laboratoire, mais l’homme n’a rien inventé : dans la nature aussi, l’ADN
évolue. Depuis toujours, et en permanence...
3. LES MODIFICATIONS GENETIQUES NATURELLES
La molécule d’ADN est le contraire d’une entité figée. Lors de la division de la cellule, cette molécule se scinde pour former les chromosomes (26 paires de chromosomes chez l’homme). Lors de la reproduction déjà, les deux individus qui "mélangent leurs phrases" créent ainsi un matériel génétique différent du leur (un troisième cahier des charges, en somme). Si le groupe sanguin du père est A, et celui de la mère B, l’enfant peut fort bien être AB, le patrimoine génétique de l’enfant se révélant toujours différent de celui de ses parents (mais il reste celui d’un humain, avec des caractéristiques héritées de l’un et de l’autre).
Ce n’est pas tout : de recopiages en recopiages, des erreurs finissent par se glisser dans les gènes. C’est ce qu’on appelle des mutations.
Les mutations peuvent être aussi bien spontanées que provoquées par des facteurs extérieurs (irradiation aux UV, produit cancérigène...). Si elles se produisent dans l’ADN des cellules de reproduction (ovaires ou
spermatozoïdes), elles seront héréditaires.
Ces mutations peuvent être ponctuelles et sans conséquence directe sur les
caractéristiques de l’organisme. Dans ce cas, on parle de mutations silencieuses.
Mais elles peuvent aussi se révéler plus substantielles et modifier certaines
propriétés... dans un sens négatif (tumeurs, daltonisme, autres malformations
génétiques), ou dans un sens positif (évolution des espèces, adaptation à
l’environnement, etc.)
Les effets des modifications naturelles (par mutation autant que par reproduction) sont évidemment imprévisibles, ce qui n’a évidemment jamais empêché l’homme de retenir les variétés de plantes ou les espèces animales qui répondaient le mieux à ses besoins...
4. LES MODIFICATIONS GENETIQUES ARTIFICIELLES
Bien avant la découverte de la génétique classique, l’homme a tenté d’apprivoiser l’évolution dans un sens qui l’arrangeait, via la sélection d’animaux ou de plantes jugés particulièrement intéressants. Il choisissait le taureau le plus costaud pour l’accoupler avec la meilleure vache laitière. Malheureusement le résultat était aléatoire et peu prévisible (c’est la boutade qui veut que la descendance d’Einstein et de Marilyn puisse très bien être moche et stupide). Avec la découverte de la génétique mendélienne (théorie chromosomique de l’hérédité, gènes dominants, récessifs...) la technique s’affine. Toutefois, pour obtenir certaines caractéristiques précises, il faut énormément de croisements, et la sélection prend des années.
Vues sous cet angle, les techniques de transgénèse (techniques pour produire un OGM) représentent un gigantes que bond en avant : le fait de jouer directement sur les gènes permet désormais de prédéterminer l’effet attendu. Le raccourci est de taille.
En gros, la technique pour fabriquer un OGM consiste simplement à choisir un gène et à le faire passer d’un organisme à un autre (une sorte de "couper/coller", pour les habitués du traitement de texte). Celui-ci le traduira, produira la protéine souhaitée, et le tour est joué...
Ces modifications sont héréditaires, et participent ensuite à l’évolution génétique naturelle. Modifier le matériel génétique d’un organisme n’empêche évidemment pas les mutations ultérieures, et c’est là un problème : si les scientifiques gèrent très bien les manipulations en laboratoire, ils ne peuvent pas savoir ce que deviendra l’espèce modifiée au fil des reproductions. Mais ce risque existe pour les modifications génétiques comme pour les sélections classiques.
L’autre grand défi que tente de relever le génie génétique, c’est évidemment le clonage. Depuis Dolly, Marguerite & Cie, la réalité semble avoir rattrapé la science-fiction puisque désormais tout mammifère - l’homme y compris - devient, potentiellement, reproductible à l’identique. A la différence des OGM, il s’agit alors de dupliquer tel quel le matériel génétique, plutôt que de le modifier. L’un n’empêchant pas l’autre, se profile évidemment le fantasme d’une armée de surhommes décervelés, prêts à répondre aux ordres les plus abjects. Fantasme ?
Sans doute (L’histoire montre à foison qu’il existe des moyens moins coûteux pour fabriquer des armées de fanatiques...). Reste qu’au-delà de son usage fantasmatique - citons encore le clonage reproductif (l’adage "tel père tel fils" pris au pied de la lettre) ou encore la production de pièces détachées (un jumeau artificiel servant de banque d’organes personnelle) - cette technique est assez avancée pour qu’on puisse lui prédire un avenir riche en utilisations diverses. Le clonage de plantes ornementales est déjà la règle sans que personne n’ait jamais songé à boycotter les fleuristes. D’autres potentialités se dessinent, qui devraient - tout au moins dans leur finalité - contenter tout le monde...
- sauvegarde d’espèces en voie de disparition,
- duplication des chances en fécondation in vitro,
- régénération d’un organe déficient, etc.
Le débat éthique et religieux ne fait sans doute que commencer, mais comme les techniques et les finalités diffèrent, Dolly et ses clones seront laissés à l’écart du présent ouvrage.
3. Les OGM en question
Si un OGM est un organisme dont le matériel génétique a été modifié artificiellement, cette définition fait un peu fourre-tout : encore faut-il savoir sur quoi porte la modification...
Beaucoup font un amalgame entre OGM et plantes transgéniques. Mais si toutes les plantes transgéniques sont des OGM, tous les OGM ne sont pas des plantes : on modifie aussi génétiquement les animaux et les micro-organismes. A vrai dire, théoriquement, tout est possible :
- du coton "naturellement" bleu ou rose,
- une souris phosphorescente,
- un vaccin contre le sida produit par un OGM,
- un autre vaccin contre la sclérose en plaque,
- des carottes plus riches en ß-carotène pour concurrencer les crèmes solaires,
- des moules qui produiraient des perles,
- des roses sans épines,
- du fromage au goût chocolat,
- une plante dont les racines seraient superficielles, et donc plus apte à survivre dans le désert.
De tous ces exemples, certains sont aberrants... ce qui laisse dire que l’homme joue à l’apprenti sorcier. D’autres d’une utilité plus discutable. Quelques-uns, par contre, suscitent des espoirs énormes. Certains font déjà partie de notre quotidien, d’autres ont un bel avenir devant eux... ou retourneront aux romans d’anticipation.
Quoi qu’il en soit (ou en sera), les potentialités sont tellement diverses que les OGM touchent dès à présent à toutes les applications de la biotechnologie.
I. DES APPLICATIONS AGRICOLES...
Un exemple : des scientifiques identifient un gène susceptible d’être avantageux pour les qualités organoleptiques (goût, saveur et texture des aliments) de la fraise - le gène "sucre" d’une variété de tomates. Ils vont donc l’introduire dans l’ADN du fraisier. Quelques mois plus tard, alors qu’ils auraient dû savourer des fraises plus sucrées, raté : la protéine "sucre " se retrouve dans les feuilles, pas dans le fruit... Ne ricanez pas, d’autres scientifiques ont bien réussi à intégrer le gène "anti-gel" d’un poisson des mers arctiques dans l’ADN du fraisier ! Nous pourrons, ainsi, savourer des fraises pour Noël. Mais pour le goût sucré, il faudra repasser.
En introduisant dans une plante ou dans un animal un gène d’une autre espèce, on peut chercher à influer sur :
- la tolérance aux pesticides,
- la résistance aux ravageurs (insectes en tête),
- la résistance aux maladies,
- la durée de conservation,
- les qualités nutritives,
- les qualités gustatives...
Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive...
Petit aperçu des sujets de recherche effectuées en 1998, pour ce qui concerne les seules plantes transgéniques :
| Maïs | Résistance aux insectes parasites
Tolérance aux herbicides Meilleure digestibilité |
| Colza | Stérilité mâle (Le pollen est rendu non fertile)
Tolérance aux herbicides Teneur et composition de l’huile Semences résistantes aux moisissures |
| Betterave | Tolérance aux herbicides
Résistance à la rhizomanie (maladie des racines), aux nématodes (ver parasite des plantes, aucun traitement phytosanitaire n’en vient à bout.) Amélioration qualitative |
| Chicorée | Stérilité mâle
Tolérance aux herbicides |
| Chou | Stérilité mâle
Tolérance aux herbicides |
| Pomme de terre | Composition de l’amidon
Tolérance au stress (conditions climatiques) Résistance aux insectes et aux virus Tolérance aux herbicides |
| Peuplier | Qualité du bois
Teneur en lignine |
| Tabac | Tolérance aux herbicides |
| Tournesol | Composition de l’huile |
| Froment | Stérilité mâle |
| Plantes fourragères | Digestibilité |
| Soja | Tolérance aux herbicides |
2. DES APPLICATIONS INDUSTRIELLES ALIMENTAIRES...
Après le champ, passons à l’usine. Actuellement, des bactéries ou des levures génétiquement modifiées permettent de produire certains arômes et colorants.
D’autre part, tous les produits impliquant du maïs ou du soja sont d’ores et déjà susceptible de contenir "de l’OGM". Ces produits peuvent être :
- non transformés - épi de maïs, grains de maïs, germes de soja...
- transformés - tofu, corn flakes, tortillas...
- dérivés - huile, amidon de maïs, sirop de glucose, farine de soja, lécithine...
Mais il semble déjà que la liste des OGM consommables sous une forme ou sous une autre soit appelée à s’allonger considérablement dans les années qui viennent.
Enfin, on parle d’utiliser les OGM pour produire des alicaments, c’est-à-dire des aliments qui ont une vertu thérapeutique sans pour autant être classés dans les médicaments : par exemple la banane vaccin contre l’hépatite B, une margarine qui ferait - réellement et activement - baisser le cholestérol, ou un yaourt censé restaurer la flore intestinale...
3. DES APPLICATIONS MEDICALES...
Actuellement, des bactéries, des levures et des cultures cellulaires permettent déjà la production de vaccins, de médicaments et d’insuline humaine.
La production d’organes humains à partir du singe ou du cochon fait aussi partie des applications envisageables. De même il est question de ruminants génétiquement modifiés, qui serviraient uniquement à produire dans leurs pis des protéines - dont le... Viagra. Ces animaux seraient considérés comme bio-réacteurs, donc simples instruments de production, et non plus réserves de viande pour les barbecues en été...
Bientôt des usines d’organes ?
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On parle de plus en plus de fabriquer des organes humains, via des cochons ou des singes modifiés génétiquement (xénogreffes), mais aussi directement à partir de cellules embryonnaires humaines. Alors, rêve, cauchemar ou réalité ? Les applications en médecine des OGM - production de médicaments ou de vaccins -sont, en général, reconnues d’intérêt public. Personne n’ignore non plus que nombre de patients dans le monde attendent désespérément une greffe d’organe. Les problèmes sont divers : pénurie d’organes, coût élevé et fréquence des rejets. Le débat, néanmoins, est loin d’être clos. Déjà là, d’un point de vue éthique, y a-t-il des limites à ne pas franchir dans les manipulations génétiques impliquant des animaux ? Pire peut-être : d’autres travaux portent sur des embryons humains conçus par fécondation in vitro et non implantés dans l’utérus. Il faut savoir qu’à l’origine, chaque cellule de l’embryon est capable de produire n’importe quel organe. Puis après quelque temps, elles se différencient (celles-ci deviendront coeur, celles-là muscles ou rein...) En théorie, il est donc possible de reconstituer de la tête aux pieds un être humain hors de l’utérus. Mais en pratique, il n’en est rien car il manque des éléments indispensables : le placenta et le cordon ombilical. L’idée ici est de prendre les toutes premières cellules élaborées et, par des traitements physiologiques, d’initier leur différenciation en un organe déterminé. Sur le plan de la bioéthique, ces tentatives laissent perplexe : jusqu’où peut-on aller dans la manipulation génétique de l’embryon humain ? Faut-il considérer les premières cellules indifférenciées comme un être humain à part entière ? Même à un jour ou deux ? Difficile de répondre. On serait tenté de dire qu’il est impensable de jouer avec un embryon humain. Pourtant ces manipulations permettraient d’endiguer le trafic d’organes et rendraient les greffes plus accessibles, tant d’un point de vue d’histocompatibilité que d’un point de vue financier. |
4. DES APPLICATIONS ECOLOGIQUES...
Les OGM contre la pollution ? Des bactéries, des levures ou des plantes génétiquement modifiées apporteraient une solution pour décontaminer les sols, capter les métaux lourds, épurer les eaux ou encore dégrader le pétrole des marées noires.
Et comme l’industrie a plus d’un tour dans son sac, les OGM permettraient aussi de fabriquer des plastiques écologiques !
On le voit, les applications possibles sont nombreuses. Il faut toutefois faire la différence entre les OGM déjà commercialisés comme tels, et ceux qui demeurent au stade de la recherche.
A ne pas confondre, donc :
- les bactéries ou les levures utilisées en laboratoire,
ou dans les unités de production des entreprises. On parle alors d’usage en milieu
confiné. Ces levures et bactéries sont "programmées" pour produire une substance
spécifique.
Plusieurs applications sont possibles :
médicales - production d’insuline, de vaccins...,
industrielles - production de certains enzymes pour les détergents...
agroalimentaires - production de certains colorants ou arômes, ou encore de la présure (cette substance qui permet au lait de cailler, et que l’on retrouve dans presque tous les fromages)... - les plantes utilisées en serre, ou les animaux utilisés comme bio-réacteurs (les vaches et le Viagra) - ceux-ci sont exploités en milieu confiné et n’ont aucun impact sur l’environnement, à condition toutefois que leur élimination soit correctement effectuée.
- les OGM relâchés dans l’environnement - on parle alors de dissémination volontaire. En Belgique, c’est le cas de toutes les cultures transgéniques expérimentales en champ (les récoltes ne sont pas commercialisables pour l’instant). Ailleurs : maïs, soja, coton et colza sont déjà solidement implantés. Chez nous, ce fut aussi le cas d’un vaccin contre la rage (1992).
Les applications dans le domaine de la santé répondent à des besoins indiscutables. Pour les médicaments, on admet d’ailleurs certains effets secondaires, ce qui n’est pas le cas pour les denrées alimentaires ou les cosmétiques. Mais pour un type de productions comme pour l’autre, l’utilisation des OGM en milieu confiné doit être sévèrement contrôlée - à fortiori en milieu non confiné ! -, et les limites voulues par l’éthique bien arrêtées.
4. Des OGM dans l’assiette
L’introduction d’un gène étranger dans une plante peut-elle avoir une influence sur le corps humain ? Cette question n’appelle pas de réponse tranchée, mais quelques certitudes... et beaucoup d’incertitudes à long terme.
I. EXPERIENCES
La fameuse patate Frankenstein et le soja sur lequel on a greffé un gène de la noix de cajou posent tous deux le même problème : des gènes traducteurs en protéines qui se sont avérées allergisantes ou toxiques ont été insérés dans des espèces, à l’origine, inoffensives pour l’homme.
Un gène de la noix de cajou produit une protéine précieuse sur le plan physiologique... mais à laquelle certaines personnes sont allergiques. En
transférant ce gène dans le soja, il semblait normal que ce soja transgénique puisse, lui aussi, leur donner des boutons... Et de fait : le caractère allergène de ce soja a été décelé en laboratoire, lors des tests qui précédaient la commercialisation.
L’expérience confirmait déjà - il y a une quinzaine d’années - qu’un
gène présentant des propriétés dangereuses pour l’homme maintient celles-ci
après importation dans une autre espèce.
Concernant la patate Frankenstein, c’est le gène traduisant une lectine qui a été transféré dans la pomme de terre. Les lectines sont connues pour avoir des propriétés insecticides. Afin de réduire les épandages, il suffisait de rendre les plants
"naturellement" résistants aux doryphores (coléoptères qui raffolent de
pommes de terre). L’idée était simple. Mais mauvaise. Il s’est avéré en
effet que les lectines produites par les patates transgéniques avaient un effet fatal sur le système nerveux des souris de laboratoire qui s’en régalaient...
Ces deux expériences rappellent bien que toute modification génétique induit des risques. De l’intérêt de bien définir le gène que l’on va introduire, avant de déterminer si le produit transgénique servira d’aliment pour le bétail, pour l’homme, ou s’il aura une autre finalité.
2. QUELS SONT LES RISQUES QUE...
a)...la protéine introduite ait une action allergisante ou se révèle toxique ?
ll y a très peu de risques que les produits transgéniques autorisés à la vente nuisent à la santé humaine. Les propriétés allergéniques et toxiques éventuelles des protéines introduites ont été sévèrement évaluées... même si les observations épidémiologiques ne sont valables, par définition, qu’à très long terme...
Tests effectués :
- des études de digestibilité dans des fluides gastriques artificiels (contenant de la pepsine), qui doivent démontrer que ces protéines sont complètement dégradées à la digestion...
- des études de toxicité aiguë chez la souris.
En tant que consommateur, il est malheureusement difficile d’avoir accès à ces dossiers. De toute façon, faute des compétences requises, impossible de juger par soi-même de l’innocuité des produits proposés. La transparence s’impose donc tant du côté de l’industrie que du côté des organismes de contrôle et de ceux qui délivrent les autorisations.
b)...le gène introduit dans la plante passe dans notre patrimoine génétique ?
Le danger qui en découle est la modification irréversible de notre patrimoine génétique, et donc une mutation de l’espèce humaine. Vraisemblablement ce risque est nul.
On a toujours mangé de la poule (et donc des gènes de poule), or personne n’a encore jamais pondu d’oeufs... Depuis toujours on consomme des gènes étrangers, dans la viande ou les végétaux... sans muter pour autant.
Ce qui n’empêche pas, parfois, des crampes à l’estomac...
c)...le gène de résistance à l’antibiotique passe dans la flore intestinale ?
Lorsque les scientifiques en laboratoire fabriquent des plantes transgéniques, ils doivent pouvoir les différencier des autres végétaux. Pour ce faire, en guise de marqueur, ils y introduisent le gène de résistance à un antibiotique (un gène tiré de bactéries). Seules les plantes transgéniques peuvent survivre à cet antibiotique... ce qui les distingue des autres.
Le danger de cet ingénieux système, c’est que le gène de résistance à cet antibiotique (d’origine bactérienne) passe dans notre flore intestinale (elle-même un amas de bactéries). Si tel était le cas, le traitement antibiotique prescrit par le médecin deviendrait totalement inefficace.
Heureusement, pour que le gène en question ait une influence sur notre corps, il faudrait une cascade assez hasardeuse d’actions fort complexes. Il faudrait déjà que le gène ne soit pas détruit par la digestion, qu’il arrive intact dans les bactéries de notre flore intestinale, et que les bactéries puissent exprimer cette résistance à l’antibiotique. Bien que mal connu, ce risque paraît nul en terme de probabilité. (Le gène bactérien de résistance à l’antibiotique est sous promoteur végétal. Une bactérie n’étant pas un végétal, la protéine de résistance ne peut être traduite.)
3. LES PRODUITS DANS LE COMMERCE SONT-ILS SURS ?
Cette salade de germes de soja génétiquement modifié peut-elle me rendre malade ?
Bonne question. Personne n’est en mesure d’y répondre complètement par la négative pour les aliments crus. C’est pourquoi, en vertu du principe de précaution, le marché européen n’offre pas encore de variétés génétiquement modifiées destinées à être consommées crues. Toutefois, le comité scientifique européen vient de donner son accord pour la commercialisation d’endives rouges à manger en salade...
Et les épis de maïs grillés, peuvent-ils provoquer des troubles de santé ?
Comme il s’agit d’un aliment cuit : vraisemblablement non. Après cuisson, l’ADN et les protéines sont en partie détruits, si bien que les risques décrits précédemment ne sont plus d’actualité. Les fragments d’ADN et de protéines ne sont plus fonctionnels.
Les Corn flakes issus de maïs transgénique sont-ils parfaitement sûrs ?
Oui. Les produits transformés subissent des traitements industriels importants qui détruisent tant l’ADN que les protéines, plus sûrement encore qu’une simple cuisson (au point que, sans l’adjonction de lait, des produits comme les corn flakes n’apportent pas grand chose sur le plan nutritif.cf. "Du lait dans les corn-flakes s.v.p.",
Test-Santé n° 32 juillet-août 1999, p. 7)
Ces crêpes farcies composées d’amidon de maïs transgénique et cuites dans de l’huile de soja transgénique valent-elles les crêpes de grand-mère ?
A coup de poignet égal : oui. Comme les structures de ces produits dérivés n’ont pas été altérées, amidons et huiles issus d’OGM équivalent aux amidons et huiles provenant d’une filière traditionnelle. On parle alors d’équivalence substantielle.
Par contre, des recherches visent à modifier la composition de l’huile de soja pour lui conférer les propriétés de l’huile d’olive sans lui en donner le goût (telle quelle, l’huile d’olive peut-être utilisée à haute température. Les autres huiles demandent un traitement industriel). En l’occurrence, il y aura une différence entre l’huile de soja génétiquement modifié et l’huile de soja traditionnelle. Quant à savoir quelles en seront les implications en terme de santé, il faut attendre la mise au point de méthodes de tests adéquates, puis les résultats de ces tests.
4. CONCLUSION MOMENTANEE
Même si le risque en terme de santé publique ne semble guère important, il est impossible de garantir à 100% l’absence de problèmes de santé ultérieurs. La technique de transgénèse est beaucoup trop jeune pour qu’on puisse envisager toutes les retombées possibles et imaginables. Ni toutes les dérives. Une fameuse arme biologique, par exemple, que serait l’introduction du gène prion dans le riz (cette protéine qui provoque la maladie de la vache folle.)
La récente crise de la dioxine aura aussi mis en évidence les dangers d’une trop grande dépendance des filières alimentaires à quelques produits de base, commercia-lisés par une poignée de firmes...
Un "accident" de plus ? Oui, mais surtout la conséquence logique d’un système de production agricole fondé sur l’industrialisation et la quête de la productivité à outrance. Un système dans lequel, production de masse oblige, le moindre dérapage prend des proportions gigantesques. Alors, imaginons pour "rire" que les maïs et soja génétiquement modifiés - déjà virtuellement présents dans 80% des produits de consommation courante sous forme d’amidons ou de lécithines - se révèlent subitement toxiques (la probabilité semble nulle, on l’a dit, mais qui sait ?) : la population entière se retrouve à l’hôpital. Dans le calcul d’un seuil de risque acceptable, il faut aussi tenir compte de l’effet d’échelle.
Dans tous les cas, les risques sont plus grands lorsqu’on consomme une plante transgénique crue. Les aliments cuits, transformés ou dérivés seraient nettement moins sujets à caution.
Puisque le risque zéro n’existe pas, il est indispensable que le consommateur ait la possibilité de choisir en toute connaissance de cause ce à quoi il s’expose. Un étiquetage transparent est dès lors la moindre des mesures à imposer.
L’innocuité des produits doit être démontrée préalablement à toute mise dans le commerce ; ce qui revient à dire : absence certaine de toute propriété infectieuse, toxique ou allergène. D’autre part, ces tests doivent être rendus publics car l’opacité alimente le doute et la suspicion.
Question subsidiaire : les OGM ne risquent-ils pas de favoriser encore un peu plus une alimentation à deux vitesses ? D’un côté, ceux qui auront les moyens de dire non au transgénique et, de l’autre, la grande majorité de la population, contrainte malgré elle d’avaler n’importe quoi ? A vous de répondre...
5. Des OGM dans la nature
Aux Etats-Unis, le maïs Bt et le soja tolérant à un herbicide total ont été autorisés à la culture et à la commercialisation. En Europe, seule leur commercialisation est permise... pas leur culture. (Excepté pour l’expérimentation). Pourquoi cette différence entre USA et Europe ?
La représentation de la nature est fondamentalement différente dans les mentalités américaine et européenne. Pour les Américains, la nature est synonyme de grands espaces, de parcs nationaux, d’étendues vierges... Les champs ne font pas partie de leur vision collective de la nature. Ils sont synonymes de production et d’industrialisation. Le risque de dégradation des réserves naturelles par l’agriculture ne semble donc pas être d’à-propos...
La vision européenne, par contre, est intimement liée au paysage agricole. En Europe, tout changement de pratiques agricoles est jugé susceptible de porter atteinte à l’environnement. Derrière nos réticences, on trouve l’idée que l’intrusion des plantes et, bientôt, des animaux transgéniques pourraient modifier irréversiblement la faune et la flore sauvages. (Ne parlons même pas de la série de désastres qui a fortement marqué l’imaginaire collectif : rappelons en vrac vaches folles, porcs pestiférés, boeufs aux hormones, poulet à la dioxine... et on en passe...)
Les scientifiques européens craignent des mutations environnementales en autorisant la culture de ces plantes transgéniques. Les Etats-Unis ne l’envisagent pas...
I. LE MAÏS Bt
Dans la nature, le micro-organisme Bacillus thurengensis produit une protéine insecticide (Bt). Cette bactérie est déjà utilisée comme insecticide naturel en culture biologique.
Les scientifiques ont isolé le gène responsable de cette protéine insecticide et l’ont introduit dans une variété de maïs. Ce maïs transgénique produit une protéine qui détruit les larves d’un papillon parasite, la pyrale.
L’avantage de ce maïs est qu’en culture, il n’y a plus lieu de pulvériser avec des insecticides de synthèse. Les sols sont donc (un peu) moins pollués, même si des herbicides continuent d’être déversés... Le fait de réduire l’usage de pesticide a aussi comme conséquence non négligeable de moins exposer l’agriculteur.
L’inconvénient, c’est que d’autres insectes, utiles ceux-là, sont décimés par la même occasion. C’est le cas des chrysopes.
D’autre part, à long terme, les insectes visés pourraient développer une résistance à la protéine insecticide Bt. Il faudrait par conséquent utiliser d’autres produits, toujours plus toxiques. Tandis que le bacillus thurengensis aurait perdu de son efficacité dans les cultures biologiques, où il sert d’insecticide naturel...
En Europe, on peut d’ailleurs se demander quel est l’intérêt du maïs Bt... puisque la pyrale est un insecte spécifique aux Etats-Unis.
2. LE SOJA TOLERANT A L’HERBICIDE
Pour s’épanouir, une plante doit jouir d’un maximum de place, de soleil et d’eau. Eliminer ses rivales permet donc d’augmenter sérieusement la rentabilité d’une culture. Pouvoir pulvériser son champ avec un herbicide total sans perturber la future récolte, c’est un avantage certain... d’autant qu’on peut réduire le nombre et la quantité des produits déversés.
Lorsqu’on parle de plantes transgéniques, on imagine des "super-plantes". Mais une étude de l’INRA a montré que les plantes transgéniques tolérantes à l’herbicide ne survivaient pas dans un environnement naturel non traité. Ces plantes "domestiquées" se révèlent beaucoup plus fragiles (personne n’est parfait : développer artificiellement certaines qualités d’une plante ou d’un animal, c’est lui épargner la dangereuse épreuve de la sélection naturelle, qui repose quand même sur la loi du plus fort...) que les plantes sauvages, et leur tolérance à l’herbicide ne leur octroie aucun avantage lors de la compétition naturelle des espèces.
Par contre, ce soja moderne risque fort de se transformer en "éponge à herbicide" : la plante peut boire sans dommage des quantités impressionnantes de toxiques... qui pourraient bien être assimilées par l’homme ou par le bétail si la plante était consommée entièrement. Soulignons que les herbicides totaux ont des caractéristiques cancérigènes et mutagènes.
Ce problème est à mettre en balance avec celui des autres cultures intensives - de plantes, elles, non transgéniques. Pour ces cultures soi-disant plus naturelles, on doit recourir à des pesticides variés, et en plus grande quantité. Une comparaison de la teneur totale en pesticides des unes et des autres n’aurait sans doute rien de rassurant non plus...
3. LE COLZA TRANSGENIQUE
Le cas du colza nous intéresse particulièrement puisque cette culture est typique de nos régions. Les étendues jaunes qui colorent notre paysage agricole en mai, ce sont des champs de colza (non encore transgénique). Le colza transgénique lui n’est qu’au stade expérimental en Belgique.
Toutes les applications sont cependant envisageables.
Le colza est cultivé pour produire de l’huile. On pourrait modifier le génome du colza de telle sorte que cette huile réduise la formation de cholestérol chez celui qui la consomme. Si tous les tests d’allergies et de toxicité se révélaient négatifs, cette huile aurait un effet positif indiscutable sur la santé humaine.
D’autres applications sont possibles. Ainsi un colza tolérant un herbicide total, qui servirait à produire une huile classique mais non destinée à l’alimentation. Celle-ci serait utilisée comme additif au diesel pour le rendre moins polluant.
Dans ce cas de figure, il y a contradiction : on cherche à réduire la pollution atmosphérique en promouvant un carburant "vert"... qui pose d’autres problèmes environnementaux.
Une étude publiée dans ’Nature’ (1997) a en effet démontré que le gène étranger introduit dans le colza transgénique s’était propagé dans les plantes sauvages jouxtant le champ en une seule génération. Solution trouvée par les scientifiques : rendre les plants mâles stériles, cette technique visant à empêcher la dispersion du pollen et donc le flux de gènes.
Terminator & le flux des gènesImpossible d’exclure que le pollen des plantes transgéniques aille féconder
les plantes sauvages voisines. On aurait ainsi créé malgré soi une nouvelle espèce de "plantes sauvages transgéniques"
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Les expériences de recherche et développement et l’introduction de dossiers coûtent des fortunes, si bien que seules quelques multinationales ont investi le créneau des biotechnologies du vivant - AgrEvo-Hoechst, Zeneca, Ciba-Geigy, Monsanto, Novartis... Comme il leur faut bien rentrer dans leurs frais, ces multinationales ont décidé de faire breveter les gènes qu’elles parviennent à isoler. Mais peut-on breveter le vivant ? Beaucoup pensent que non et en appelle à la Biopiraterie.
4. DES ANIMAUX AUSSI
De la culture à l’élevage, il n’y a qu’un pas. Nos modes de production de viande aussi visent évidemment la rentabilité : primo, élever une densité maximale de têtes sur un minimum d’espace et, secundo, réduire le temps de croissance pour augmenter la rotation des animaux.
En pisciculture par exemple, l’espace dans les bassins étant limité, si les poissons gonflés génétiquement à l’hormone de croissance vieillissent cinq fois plus vite, on pourra aller cinq fois à la pêche pour le même prix. CQFD.
De même, quand la densité augmente, les risques d’épidémies aussi. Le génie génétique apporte là une solution que nos poulets de batteries apprécieront. Actuellement, la densité des élevages - nombre de poulets par m² - est telle que les pertes sont faramineuses... tout bénéfice également pour les éleveurs qui, de surcroît, ne seraient plus contraints de charger leurs volailles en antibiotiques divers (Quoique les antibiotiques servent aussi d’appétant...).
Ici, on en est encore au stade de l’expérimentation : l’impact des poulets et poissons transgéniques sur la santé humaine et sur l’environnement demeure inconnu. Reste qu’à nouveau, ces recherches visent uniquement l’augmentation du rendement. Ce type de modifications génétiques ne changera pas les modes de production, bien au contraire. On peut dès lors s’interroger sur l’intérêt de telles modifications génétiques... sinon financier.
6. Le débat écologique
On n’arrête pas le progrès, disent les uns, tantôt avec enthousiasme, tantôt avec fatalisme. Quel progrès ? rétorquent les autres, l’oeil exorbité devant les dégâts causés à la planète en quelques décennies. L’homme peut-il se substituer de la sorte à Dame Nature ? Ne l’a-t-il pas toujours fait ? Les OGM sont-ils une chance, ou une catastrophe en puissance ? Les arguments en présence.
1. POUR...
1. L’argument du rendement
La population mondiale ne cesse de croître, ce qui n’est pas le cas des surfaces exploitables. Il faut donc augmenter les rendements pour satisfaire les besoins alimentaires de la population mondiale.
Concernant les plantes, les paramètres sur lesquels on peut jouer sont les suivants :
- améliorer la fertilisation, enrichir les sols...
- améliorer l’irrigation...
- augmenter la résistance au stress (manque de lumière, mauvaises conditions climatiques...)
- diminuer la sensibilité des plantes aux pesticides (terme générique qui englobe les insecticides, les herbicides et les fongicides), ou
- augmenter la résistance des plantes aux ravageurs, dans les champs et dans les silos.
Si les deux premiers facteurs relèvent des techniques agricoles classiques, les trois suivants sont clairement du domaine du génie génétique. Le principe est le même pour les animaux.
Mais l’argument du rendement vaut ce qu’il vaut : chacun sait que la satisfaction des besoins alimentaires mondiaux dépend davantage de l’équilibre des rapports économiques que de performances agricoles... En théorie (mais en théorie seulement), la production mondiale permet déjà de rassasier largement tous les habitants de la planète...
2. l’argument de la rentabilité
Pour certains, cet argument-là est évidemment des plus mobilisateurs. Et il ne touche vraisemblablement pas que les grosses légumes des multinationales...
S’il faut un exemple, en voici un double : la chicorée est une plante difficile à cultiver. Elle demande au moins six passages de cocktails d’herbicides, et à des dates bien précises. La culture de chicorée transgénique tolérante à un herbicide total permet de ne passer que trois fois avec ce seul herbicide. Le petit producteur de chicorée gagnerait ainsi du temps et de l’argent... ce qui pourrait avoir des répercutions intéressantes sur le prix du produit final.
3. L’argument environnemental
Les plantes transgéniques sont considérées par les partisans des OGM comme des biocides. Leur utilisation permettrait donc une diminution de la pollution des sols :
- rendre les plantes tolérantes aux herbicides autorise, à court terme, à n’utiliser qu’une seule molécule d’herbicide (total) et non plus un cocktail,
- cela permet aussi de réduire le nombre d’épandages sur le champ,
- il ne faudrait plus utiliser d’insecticides pour les plantes résistantes aux insectes,
- comme les variétés cultivées aujourd’hui sont plus "fragiles" que les variétés sauvages, en important les gènes de résistance des plantes sauvages, on allie productivité, résistance et diminution de l’utilisation des pesticides.
2.... ET CONTRE
I. L’application du principe de précaution
Si l’homme jongle avec le matériel génétique, il ne maîtrise pas encore tous les paramètres de son environnement. Impossible d’envisager toutes les interactions qui surviennent entre flore, faune, air, soleil, eau... Introduire une nouvelle espèce dans un écosystème le perturbera presque inévitablement.
2. Le flux des gènes
Via la pollinisation pour les plantes et la reproduction pour les animaux, les OGM pourraient exporter leurs nouveaux gènes dans la flore et la faune sauvages avoisinantes. Avec des conséquences qu’on n’imagine sans doute pas...
3. L’apparition de plantes et d’insectes indestructibles
Si des plantes sauvages acquièrent la capacité de tolérer un herbicide total, que va-t-on utiliser pour les anéantir ? Un herbicide plus radical encore, donc encore plus polluant ? Ce même raisonnement vaut pour les insectes et les insecticides.
Pour le maïs, on suspecte qu’à long terme la chenille visée par la toxine Bt pourrait s’y accoutumer. Les estimations scientifiques de l’INRA prévoient toutefois un délai de 28 générations pour que cette résistance se manifeste, soit une quinzaine d’années.
4. La perte de la biodiversité
La production intensive d’espèces sélectionnées nuit à la diversité des espèces cultivées, avec comme corollaire la disparition de certains aliments dans nos assiettes, soit qu’ils passent de mode, soit qu’ils coûtent trop cher à produire chez nous... Ainsi la bintje a triomphé de 95% des cultures de pommes de terre en Belgique. Les variétés anecdotiques régionales, comme la plate de Florenville, tendent à disparaître. La tendance ne date pas d’aujourd’hui mais risque d’être furieusement amplifiée.
Les herbicides à large spectre qu’on utilise dans les cultures transgéniques tolérantes aux herbicides détruisent les plantes sans aucune discrimination, alors que nombre d’entre elles constituent un habitat indispensable à la vie animale sauvage. La réduction des niches écologiques entraîne irrémédiablement la disparition de certaines espèces.
Les plantes présentant des propriétés insecticides ne nuisent pas seulement aux bestioles directement visées. Des insectes utiles (comme les chrysopes) sont aussi sensibles à la protéine insecticide...
La perte de biotopes et de certaines espèces menace tout simplement la chaîne alimentaire. En d’autres mots, c’est tout l’écosystème environnant qui déguste.
Bien sûr, il faudrait pouvoir comparer les méfaits des plantes transgéniques sur la faune et la flore avec ceux qu’occasionnent les pulvérisations massives de champs traditionnels.
Carthagène 1999 : échec à la biosécuritéLe 14 février 1999 à Carthagène (Colombie), une conférence mondiale visait à établir un "protocole sur la prévention des risques biotechnologiques suscités par les OGM pouvant avoir des effets néfastes pour la biodiversité". L’énoncé est tarabiscoté mais les enjeux sont essentiels. L’ampleur de l’expansion de l’agriculture transgénique dépendra largement de la sévérité (ou du laxisme) de l’accord. Deux groupes s’opposent : d’un côté les Etats-Unis et les multinationales qui veulent libéraliser le commerce des OGM, de l’autre les pays du Sud, certains états de l’Union européenne et les mouvements écologistes qui défendent bec et ongles le principe de précaution. Trois ans de discussions préalables et dix jours de négociations n’aboutiront à rien. Pour les Américains, c’est à l’O.M.C. (Organisation Mondiale du Commerce) de régler les conflits entre environnement et commerce. Ce qui est jugé très décevant par les écologistes. Cet échec n’est pourtant pas salué comme une victoire par les industriels, qui attendent toujours le feu vert pour envahir les marchés... Malgré cet échec, l’idée d’un accord ou Protocole international incluant la biosécurité reste à l’ordre du jour. Son champ d’application se restreint aux OVM pour Organismes Vivants Modifiés. De nouvelles initiales pour occulter les débats ou alors est-il préférable de trouver un certain compromis international sur les mouvements transfrontaliers des "OGM" plutôt que le flou juridique actuel ? Montréal 2000 : un protocole international signéCe protocole sur la biosécurité a été négocié dans le cadre réglementaire de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB). Cette Convention a un triple objectif :
Ainsi l’objectif du Protocole est de contribuer à assurer un niveau adéquat de protection pour le transfert, la manutention et l’utilisation des organismes modifiés vivants résultant des biotechnologies modernes qui peuvent avoir des effets défavorables sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique, compte tenu des risques pour la santé humaine et en étant spécifiquement axé sur les mouvements transfrontaliers. Le Protocole entérine aussi dans son objectif le principe de précaution. |
Principe de précaution"Pour protéger l’environnement, des mesures de précaution doivent être largement appliquées par les Etats selon leurs capacités. En cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l’absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l’environnement", in la Déclaration de Rio de1992 sur l’environnement et le développement, Principe 15, concept essentiel du droit international de l’environnement. |
Le principe de précaution est primordial dans le débat écologique. Avant l’introduction de nouvelles espèces (transgéniques ou non, d’ailleurs), les calculs de rentabilité ne suffisent pas, il faut d’abord des certitudes quant à leur innocuité sur l’environnement.
Certaines nouveautés, il est vrai, pourraient se révéler positives d’un point de
vue environnemental. C’est notamment le cas du peuplier, dont la teneur en lignine a été modifiée par génie génétique. Cet arbre produit moins de lignine que le peuplier non génétiquement modifié. Ce qui a pour conséquence de donner du papier plus écologique.
Avec une quantité plus faible de fibres à dégrader, le traitement industriel est moins agressif pour l’environnement.
La génétique est un outil, mais au service de quoi ? Là est la question...
7. Le débat socio-économique
Le développement des nouvelles technologies génétiques nécessite des investissements financiers considérables. Les étapes entre la recherche et la production sont longues. Au départ, il y a la recherche fondamentale, puis la recherche appliquée, suivie du développement et de la production en grande quantité des semences trans-géniques. Enfin arrive la dernière étape et non la moindre : l’introduction du dossier en vue de l’agréation... Alors seulement c’est la commercialisation réelle du produit, avec tout son arsenal de techniques de marketing...
Les multinationales spécialisées dans la recherche sur les plantes transgéniques commercialisent également leur propre gamme de pesticides. Leurs recherches sont donc surtout orientées sur des plantes transgéniques tolérantes à des marques-maison. De la sorte il s’installe une interdépendance entre la semence et le pesticide. Ce qui lie l’agriculteur à la firme pour toute la gestion de sa culture. On appelle ça fidéliser sa clientèle...
Alors, OGM pour Oligopole (situation de quasi monopole sur le marché économique) des Grandes Multinationales ?
1. LA SITUATION ECONOMIQUE
Pour acquérir une position dominante sur le marché des biotechnologies et de leurs applications, les multinationales se sont engagées dans une politique très active d’acquisitions de firmes dans le secteur des semences (position dominante horizontale). Elles se sont aussi diversifiées verticalement afin d’avoir les mains libres dans leur valorisation (jusqu’au rachat d’une entreprise de production de frites !) Ces regroupements leur permettent de coupler les budgets de recherche-développement et de marketing...
Pour garder son indépendance, c’est un truisme de rappeler que la recherche fondamentale doit rester du ressort public. Or, en Europe, elle est déjà cofinancée par les grands groupes. Cette collaboration financière peut mener à toutes les dérives. La biotechnologie se trouve aux mains des multinationales autant que des universités. En ce sens, des programmes comme Bioval en Wallonie encouragent les collaborations entre le monde universitaire et le secteur privé pour favoriser le développement de technologies et de produits novateurs.
Dans un contexte de quasi monopole des multinationales, il devient difficile de parler de commerce équitable et de liberté du choix dans l’alimentation. C’est pourtant la survie de nombreuses communautés rurales familiales et traditionnelles qui est en jeu, autant que de notre droit à choisir ce qui finira dans notre estomac.
2. RELATIONS NORD-SUD
Il existe une contradiction entre les faits et le discours lénifiant (les OGM seraient l’arme de demain pour combattre la faim dans le monde...). Le Sud est et restera le grand perdant de ce genre de progrès. Exemple : à chaque saison, les agriculteurs devront racheter de nouvelles semences suite à l’intoduction du tristement célèbre gène "terminator". Il n’est sans doute pas éxagéré de dire que les plantes transgéniques représentent une perte d’autonomie supplémentaire pour les agriculteurs, voire les états du tiers-monde.
Les multinationales implantées dans le Sud entendent évidemment favoriser des cultures rentables. Jusqu’à présent, les variétés végétales transformées sont majoritairement des variétés destinées aux pays industrialisés (maïs, soja, riz). Seule recherche connue sur des productions locales : la papaye transgénique. Pour réduire effectivement la faim dans le monde, peut-être conviendrait-il d’améliorer aussi certaines plantes pour leur permettre de mieux résister à la sécheresse ou à la salinité, ou alors d’appliquer l’argument de la rentabilité au manioc ou au mil ! Toutefois, un riz enrichi en provitamine A (par génie génétique) est mis au point dans le cadre du projet européen "Carotène Plus". Ce riz pourrait, par l’apport de ß-carotène et de fer dans alimentation de base, apporter un élément de solution à la problématique de la malnutrition (selon l’Organisation mondiale de la santé OMS, entre 140 et 250 millions d’enfants en âge préscolaire souffrent de carence en vitamine A dans le monde). Il est évident que cette denrée à elle seule ne pourra pas résoudre tout le problème. De même que promouvoir la consommation de riz complet aurait un effet similaire, pour moins cher.
On peut rêver... Mais historiquement l’implantation de multinationales dans certains pays ne s’est pas faite sans remous. Exemple : l’implantation des compagnies bananières en Colombie, et les troubles politiques qui l’ont accompagnée. La culture et l’exportation de la banane avaient été privilégiées au détriment des productions locales, ce qui n’était pas du goût des populations. Les multinationales se sont donc associées aux pouvoirs en place pour former des groupes paramilitaires et remettre un peu d’ordre...
Autre conséquence à déplorer, toujours dans le même sens : ces nouvelles technologies permettent désormais de nous pourvoir en arômes et autres substances dont la production était jusqu’alors réservée à des pays du tiers monde. Ce qui privera ces derniers de ressources pourtant grandement indispensables à leur économie. Dans nos régions, il est ainsi question de produire de la vanille via des micro-organismes génétiquement modifiés. Conséquence : à terme Madagascar peut dire adieu aux revenus de la vente de la vanille...
3. LES BREVETS
Le brevet est synonyme de nouveauté, de créativité, d’application industrielle et - n’en déplaise aux idéalistes - il peut être attribué, aussi, sur du matériel vivant. Les recherches en biotechnologie représentent des investissements considérables. Le fait de pouvoir protéger les résultats des recherches par un brevet offre à l’entreprise la garantie de pouvoir récupérer les investissements consentis. Actuellement quelque 300 brevets sur le vivant seraient déposés par an.
Mais le brevetage du vivant surnommé "biopiratage" par les associations de solidarité Nord/Sud, permet en même temps la mainmise des multinationales sur l’économie mondiale. Dès le moment où un gène est breveté, les autres sociétés souhaitant l’employer sont contraintes de payer des royalties.
Supposons qu’une société X acquière le brevet du gène "insuline humaine". Qu’elle en commercialise ou non, toute autre société pharmaceutique désireuse de produire de l’insuline serait contrainte de lui payer des droits d’utilisation. On devine à qui ça coûtera.
4. ET POUR L’AVENIR ?
Les freins au développement des OGM en Europe s’expliquent
par la résistance des consommateurs, qui n’en perçoivent pas très bien
l’intérêt.
Aujourd’hui, le problème est mineur (les quantités de semences mises sur le
marché ne sont pas importantes). Mais il risque de se poser de manière aiguë à brève échéance, notamment ; avec l’arrivée sur le marché de plantes transgéniques
conférant des qualités gustatives aux produits alimentaires,
Selon les accords de Marrakech sur les missions de l’O.M.C. (1992) : pour pouvoir s’opposer à la libre circulation de produits alimentaires sur son territoire, un état doit établir la preuve scientifique que ceux-ci présentent bel et bien un risque pour la santé. En clair, une viande aux hormones n’a pas à être récusée au seul motif que les consommateurs n’en veulent pas. Les OGM seraient traités sur le même pied. C’est le principe de précaution à l’envers.
LA RÈGLE DE L’O.M.C. autorise la mise sur le marché de produits tant qu’on n’en a pas démontré les risques.
LE PRINCIPE DE PRECAUTION interdit la mise sur le marché de produits tant qu’on n’en a pas démontré l’absence de risques.
Aujourd’hui, la mobilisation européenne anti-OGM menace de faire tache d’huile outre-atlantique. C’est pourquoi les géants de l’agroalimentaire, Monsanto en tête, entendent peser dans le débat, et s’efforcent de convaincre l’opinion publique de la vacuité des arguments des associations de consommateurs comme de ceux des environnementalistes.
Une chose est sûre : justifiées pourtant par la nécessité d’entourer de précautions la dispersion des OGM, toutes ces réglementations apparaissent aux principaux pays exportateurs comme une entrave inacceptable à la liberté de commerce...
8. Le cadre législatif
A problème complexe et nouveau, législation complexe... et souvent en retard. C’est que le législateur se retrouve devant un véritable casse-tête : il faut baliser les recherches, puis la production et la commercialisation de nouveaux produits...sans entraver la créativité
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Première culture transgénique expérimentale en Belgique
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Trois textes européens - théoriquement - couvrent tout le champ d’applications des OGM. Trois textes, cela semble simple, et pourtant...
- Les directives européennes doivent être traduites dans les législations nationales... ou régionales, ou communautaires (or la Belgique a mis huit ans pour traduire la directive européenne de 1990 en droit national...)
- En Belgique, planter du maïs transgénique en serre ou dans la nature relève dans un cas des Régions et dans le second du fédéral
- Produire des médicaments ou des aliments, la finalité n’est pas la même, les autorités compétentes non plus. Toujours en Belgique, les médicaments dépendent du Ministère de la Santé, les aliments - entre autres - de celui de l’Agriculture.
- A quoi se superpose le problème des contrôles... et des moyens mis en oeuvre.
1. RECHERCHE ET CULTURE
CADRE EUROPEEN
a. en milieu confiné
La directive européenne 90/219/CEE (modifiée par la directive 98/81/CE, JO L330 parue le 26/10/1998, p.13) régit l’utilisation de micro-organismes génétiquement modifiés (MGM) en milieu confiné - laboratoire ou toute autre enceinte bien isolée : recherche appliquée, production au sein d’une usine, essais dans une serre.
Cette directive est fondée sur le principe de l’action préventive. Elle vise explicitement à préserver, protéger et améliorer l’environnement ainsi qu’à assurer la santé des personnes. Une attention particulière est accordée à la prévention des accidents et à la gestion des déchets.
Tout utilisateur doit avertir les autorités compétentes du type d’exploitation envisagé.
Les micro-organismes doivent être classés en fonction des risques qu’ils présentent ; de sorte que l’agent de la tuberculose ne soit pas manipulé dans les mêmes conditions que les bactéries de notre flore intestinale...
b. Dans l’environnement
La directive 90/220/CEE (JO L117 du 23/04/1990, p. 15) réglemente les conditions de la dissémination volontaire d’OGM dans l’environnement. Cette directive remplit le même rôle que la précédente pour l’expérimentation en plein champ et la mise sur le marché de tous les OGM "vivants" (semences, vaccins, plantes et animaux transgéniques). Elle ne s’applique pas aux OGM "inertes" (produits alimentaires transformés ou dérivés).
L’introduction d’OGM dans l’environnement doit se faire par étapes progressives. En effet, une dissémination à la légère peut avoir des conséquences incontrôlables, irréversibles... et qui ne seront évidemment pas limitées au pays dans lesquels ils seront introduits. Les OGM méprisent les frontières.
Tout utilisateur est tenu d’avertir l’autorité compétente nationale avant de se lancer. Le dossier introduit doit comprendre une évaluation complète des risques pour l’environnement, ainsi que les mesures de sécurité et d’intervention d’urgence envisagées. Pour les produits (semences), des instructions précises et les conditions d’utilisation ainsi qu’un projet d’étiquetage et d’emballage doivent être annexés.
Toute nouvelle semence (ou plant) mise sur le marché intérieur communautaire doit être inscrite au catalogue commun des semences (JO L225 du 12/01/1970, 1-7). A cette occasion, la semence est clairement décrite : quels sont les gènes introduits, quels avantages offrent-ils par rapport à la variété modifiée ?
En Belgique, aucune semence transgénique n’a encore passé l’étape de l’enregistrement dans le catalogue national. En France, sur l’année 1998, trois variétés de maïs transgéniques ont été inscrites.
Toutefois, après les manifestations de Greenpeace et de la Confédération française de la coopération agricole, les autorisations de cultures destinées à la commercialisation ont été retirées.
Deux grandes règles prévalent dans ces directives (90/219/CE et 90/220/CE) :
- une évaluation des OGM étape par étape, depuis le laboratoire jusqu’à la mise sur le marché,
- une analyse critique, cas par cas, des risques potentiels et des dangers liés pour la santé et l’environnement.
PROJET DE MODIFICATION DE LA DIRECTIVE 90/220/CEECette directive 90/220/CEE fait aujourd’hui l’objet d’une révision. Désormais le principe de précaution et l’information au public devraient être à la base de tout le processus d’application... Dans le projet de modification, il est explicitement écrit que tout OGM disséminé dans l’environnement dont on constate a posteriori qu’il présente un danger quelconque doit être retiré de la nature. Inutile de dire que la procédure reste plus que floue, d’autant que la différence entre les OGM et les autres (non OGM) ne se marque qu’au niveau cellulaire. Extérieurement, ils sont similaires. |
CADRE BELGE
En Belgique, depuis 1997, il existe un accord de coopération (JO L43 du 27/01/1997,1-7.) entre l’Etat fédéral et les Régions. Cet accord définit la notion de biosécurité, concept qui englobe tous les aspects de la sécurité biologique pour l’homme et son environnement, y compris la protection de la biodiversité, et qui fixe les missions de l’autorité compétente belge en matière de bio-sécurité.
Dans cet accord, chaque niveau de pouvoir garde ses compétences, mais les autorités se sont dotées d’un système commun d’évaluation, avec :
- le Conseil de Bio-Sécurité, représentant le collège des autorités compétentes assisté d’experts extérieurs dont des scientifiques issus des universités,
- le Service de Bio-Sécurité et Biotechnologie (S.B.B.) à l’institut de Santé Publique Louis Pasteur (Bruxelles) comme organe exécutif de coordination, d’expertise scientifique, de laboratoire et de documentation.
a. En milieu confiné
Concernant les micro-organismes génétiquement modifiés (MGM),
les recherches de laboratoires et l’exploitation industrielle en milieu clos sont
contrôlées par les Régions dans le cadre de leurs législations respectives sur les
établissements classés. Cette législation a été élargie aux organismes pathogènes.
Lors de l’introduction des demandes de permis d’environnement et
d’exploitation, les utilisateurs annexent un dossier "biosécurité". Celui-ci
sera analysé par le S.B.B.
b. Au champ
Le 18 décembre 1998, la Belgique a enfin traduit la directive 90/220/CEE en un arrêté royal réglementant la dissémination volontaire dans l’environnement ainsi que la mise sur le marché d’OGM ou de produits qui en contiennent. Cet arrêté est entré en vigueur le 1er janvier 1999.
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En Belgique, pour tout projet d’OGM, les étapes à franchir et la répartition des compétences sont les suivantes :
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Les législations décrites ci-dessus sont des législations dites horizontales (valables pour tous les OGM). Après quoi, entrent en jeu des législations verticales (qui concernent des catégories de produits).
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Exemple : lancement d’un colza transgénique tolérant un herbicide total, après autorisation de ce colza sur base de la directive 90/220/CE (cf. étapes précédentes).
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Pour donner un ordre de grandeur : en 1999, 22 dossiers de dissémination expérimentales de plantes ont été notifiés à l’autorité compétente, à savoir le Ministère des classes moyennes et de l’agriculture (DG4). Le Comité de Biosécurité a rendu 22 fois un avis positif... Ces notifications concernaient majoritairement quatre plantes : la betterave, la chicorée, le colza, le maïs. Plusieurs de ces dossiers sont des prolongations des essais des années antérieures. La procédure en est donc écourtée
Certaines plantes sont à l’essai depuis 1995. Les producteurs pourront donc, dès 2001, envisager de les commercialiser, probablement comme fourrage animal.En 1998, seul un dossier n’a pas reçu l’autorisation d’essai en plein terre, au motif que la firme n’avait pas évalué correctement toutes les étapes.
Depuis 1986, année de la première notification d’un dossier d’expérimentation OGM, 186 dossiers ont été traités par la DG4 et le S.B.B.
Actuellement, dans un souci de transparence, le S.B.B., via son site internet met à dipsosition du public différentes informations (en anglais) telles que :
- Les fiches d’autorisation des essais en plein champ ;
- Les textes législatifs en matière d’OGM ;
- Les données en matière d’analyse de riques
- Des références bibliographiques
Le Conseil de Biosécurité a élargi le panel d’invités aux organisations non
gouvernementales comme Greenpeace ou Inter-Environnement Wallonie. Le but était d’ouvrir
le débat, initiative intéressante. La problématique traitée était la possibilité de
valoriser, sur les champs, les déchets de l’industrie contenant des micro-organismes génétiquement modifiés non pathogènes.
Les différents point de vue ont été abordés. Les experts scientifiques n’ont pu
apporter de certitudes. Le Ministère de l’agriculture a soulevé le mansue de moyensfinanciers et humains pour effectuer les contrôles nécessaires pour recycler ce type de déchets. Greenpeace a fait valoir le principe de précaution. Ont-ils été simplement écoutés ou aussi entendus ?
2. Alimentation
a. Règlement "Novel Food"
La commercialisation des OGM destinés à la consommation dépend du règlement n°258/97 relatif aux nouveaux aliments et ingrédients alimentaires, appelé communément règlement "Novel Food".
Les aliments ou ingrédients alimentaires qui relèvent du présent règlement ne doivent pas :
- présenter de danger pour le consommateur,
- induire le consommateur en erreur,
- différer des aliments et ingrédients alimentaires qu’ils sont destinés à remplacer à un point tel que leur consommation normale impliquerait des inconvénients nutritionnels pour le consommateur.
Afin de protéger la santé publique, il est nécessaire de s’assurer de l’innocuité des nouveaux aliments et ingrédients alimenatires. Facile à admettre.
Le règlement prévoit deux procédures :
- Une très longue et très complexe, qui concerne les nouveaux aliments, et au terme de laquelle aucun OGM, pour l’heure, n’a encore été commercialisé. Bien que les comités scientifiques européens aient déjà donné leur accord pour la commercialisation de l’endive rouge et du chicon, ces légumes n’ont pas reçu l’autorisation pour leur commercialisation. Tout comme la tomate transgénique (tomate qui pourrit plus lentement), qui, elle non plus, n’a pas reçu l’autorisation de commercialisation sur le marché européen,
- la procédure de notification, qui se borne à faire état de l’équivalence substancielle - bref, à établir que la matière première (huile, farine...) issue d’un OGM est bien identique à son homologue classique - avant de l’autoriser.
Mais le problème est sans doute plus général...un point essentiel demeure en ffet des plus vagues : l’étiquetage (non pas l’étiquetage en soi, sur le principe tout le monde est d’accord, ou presque... mais bien les modalités pratiques).
Ici c’est le libre choix du consommateur qui est remis en question...La transparence de l’étiquetage en est évidemment une condition sine qua non, et ce, qu’il y ait différence nutritionnelle du produit ou pas. On imagine la tête des consommateurs musulmans si un gène tiré du porc était inséré dans un aliment de base - mettons le maïs.
Du reste la consommateur qui souhaite favoriser tel type de pratiques agricoles doit pouvoir distinguer ce qu’il veut bien acheter de ce qu’il refuse catégoriquenet (des aliments transgéniques si cela lui chante).
L’article 8 du règlement Novel food stipule les règles d’étiquetage. Ces règles ont été précisées dans le règlement n° 50/2000 (JO, L6 du 11/01/2000, p ;15) règlemnt relatif à l’étiquetage des additifs et arômes issus d’organismes génétiquement modifiés. Ce règlement devrait permettre, à partir du 10 avril 2000, au consommateur de déterminer si les additifs et les arômes présents dans les denrées alimentaires sont issus d’OGM. Le champ d’application de ce règlement porte sur les arômes et les additifs extraits de plantes transgéniques alors qu’il est de notoriété que ceux-ci sont généralement produits par des micro-organismes en milieu confiné. Les additifs et arômes doivent contenir des protéines et /ou de l’ADN résultant d’une modification génétique. Si dans les rayons, peu de changements se font sentir, de précisons en précisions, arrivera-t-on à terme à un étiquetage des huiles ? Car même si ces règlements sont quand même un pas dans l’étiquetage des aliments, ils ne permettront toujours pas une traçabilité totale des Organismes Génétiquement Modifiés. Et les consommateurs ne pourront toujours pas faire un choix en connaissance de cause.
Voir l’étiquetage des produits transgéniques
b. Règlement (CE) n° 1139/98 spécifique pour le soja et le maïs
Comme son surnom l’indique, le règlement "Novel Food" ne concernait que les nouveaux ingrédients alimentaires - donc pas les aliments consommés dans la Communauté avant son entrée en vigueur, en 1997. Or le maïs et le soja transgéniques sont apparus sur le marché européen en 96... La Commission a donc dû arrêter deux règlements particuliers :
- le premier "règlement n° 1139/98, spécifique pour le soja et le maïs" qui faute de mieux prévoit leur mention obligatoire sur l’étiquette ;
- le second "règlement n°49/2000" (JO, L6 du 11/01/2000, p.13.) règlement concernant la mention obligatoire, dans l’étiquetage de certaines denrées alimentaires produites à partir d’organismes génétiquement modifiés, d’informations autres que celles prévues par la directive concernant l’étiquetage et la présentation des denrées laimentaires ainsi que la publicité faite à leur égard. Malgré le titre prometteur ce règlement n’est toujours spécifique qu’au soja et au maïs. Celui-ci fixe un seuil de contamination accidentelle des denrées alimentaires non transgéniques par les protéïnes ou ADN de soja et maïs transgéniques. Ce seuil a été fixé à 1% des ingrédients considérés individuellement. Ce règlement est entré en vigueur le 10 avril 2000.
9. L’étiquette des produits transgéniques
L’industrie agroalimentaire refuse d’admettre que le consommateur a le droit de savoir ce qu’il mange : imposer la mention "issu d’un organisme génétiquement modifié" reviendrait de son point de vue à mettre
l’accent sur un danger fictif...Pourtant, on l’a vu, les incertitudes ne manquent pas en matière d’OGM, et le consommateur doit pouvoir choisir le risque auquel il s’expose et les pratiques qu’il encourage...ou qu’il refuse.
Mais comment choisir ?
1. Que dit la législation ?
Actuellement, seuls le soja transgénique de Monsanto et le maïs transgénique de Novartis sont autorisés sur le marché européen.
Comment les aliments contenant du soja ou du maïs doivent-ils être étiquetés ?
Les différents cas de figure sont :
- l’aliment est la plante transgénique ou une partie (grain, épi, fruit, feuille). Dans ce cas, l’aliment doit être étiqueté : "issu d’organisme génétiquement modifié" ;
- l’aliment est une partie ce la plante transgénique qui a subi un traitement (grain de maïs porté à haute température pour donner du pop corn). Auquel cas, le pop corn doit être étiqueté : "issu d’organisme génétiquement modifié" ;
- l’aliment est extrait d’une plante transgénique " programmée" pour produire, par exemple une huile au goût de la bière. Cette huile devra être étiquetée : "issu d’organisme génétiquement modifié". En effet, cette huile "goût de bière" n’est pas identique à l’huile classique. A l’heure actuelle, de tels aliments ne sont pas commercialisés. Des chercheurs tentent de créer une huile "pauvre en cholestérol" ;
- 4. l’aliment est extrait de la plante transgénique (huile, sirop de glucose, lécithine, amidon,...) et ressemble au dérivé classique, on parle alors d’équivalence substancielle. Cet aliment ne doit pas être étiqueté puisque selon les scientifiques, de l’huile reste de l’huile.
Depuis le 10 avril 2000, une contamination accidentelle des aliments non transgéniques est autorisée légalement. Le seuil de contamination accidentelle a été fixé à 1% des ingrédients considérés individuellement. Autrement dit, dans le sachet de 100 grains de maïs, pour 99 grains de non transgéniques que vous achetez, le règlement tolère 1 grain de maïs transgénique. A partir de 2 grains, le sachet doit être étiqueté : "contient des organismes génétiquement modifiés".
Depuis le 10 avril 2000, les denrées et ingrédients alimentaires contenant des additifs et arômes génétiquement modifiés ou produits à partir d’organismes génétiquement modifiés doivent aussi être étiquetés : "issu d’organismes génétiquement modifiés", à condition que les additifs et arômes soient extraits des plantes transgéniques et contiennent des protéines et/ou de l’ADN résultant d’une modification génétique. Ce qui exclut, par exemple, l’étiquetage des huiles issues de plantes transgéniques puisque celles-ci sont des chaînes de molécules d’acides gras ne contenant ni protéines, ni ADN.
2. En pratique
Plusieurs producteurs et distributeurs se sont engagés spontanément à bannir le transgénique parce que le consommateur ne semble pas demandeur, explique Jean van de Put, "Quality manager" chez Delhaize.
Pour ce faire, la solution la plus évidente consiste à revoir les recettes des produits finis. Sur les étiquettes de ceraines cahrcuteries pré-emballées, on verra ainsi l’amidon de maïs disparaître au profit de l’amidon de riz ou de la fécule de pomme de terre.
Autre solution possible pour les distributeurs : assurer eux-mêmes le contrôle de la filière d’approvissionnement.
Une troisième stratégie fait son chemin beaucoup moins louable : raccourcir la liste des ingrédients sur (l’étiquette). L’origine des amidons ou des lécithines est tout simplment oubliée, laissant place à toutes les suppositions possibles.
3. Difficultés des contrôles
Il n’y a pas de réglementation efficace sans contrôle. ceux-ci sont de la responsabilité de départements de la santé publique (médicaments, denrées alimenatires) ou de l’agriculture (matières premières, semences et produits agricoles), avec la participation des douanes.
Mais avant d’arriver dans nos assiettes sous une forme ou une autre, les différentes graines (transgéniques ou non) sont mélangées dans dans les cargos et dans les silos, rendant l’identification impossible. De toute façon, le problème est plus vaste.
Première difficulté : le manque de moyens financiers, qui ne suivent pas forcément le rythme galopant des exigences européennes, du public et des différentes législations.
Et d’un point de vue technique, il est difficile de déterminer l’origine du produit : d’une part les texts de dépistage (dits PCR) sont coûteux et pasinfaillibles ; d’autre part, les contrôles de routine des produits finaux et des filières d’approvisionnement ne sont pas au point. Il ne semble pas non plus prévu de système de traçabilité des animaux ayant consommé du maïs transgénique, pas plus que d’étiqueter les viandes de ces animaux.
TraçabilitéCe néologisme un peu barbare évoque un système qui permettrait de suivre étroitement (à la trace) la filière de production, de sorte qu’on puisse définir précisément si oui ou non le produit final implique des OGM. AuthenticitéDerrière le concept d’authenticité : même principe, sauf qu’il s’agit ici de déterminer si la semence ou l’aliment sont bien issus d’une plante transgénique autorisée et légale. |
En Belgique, les contrôles sont effectués par le Service de Biosécurité de
l’Institut Scientifique Louis Pasteur (Bruxelles). En 1998, 27 produits alimentaires
ont été sondés, sans qu’aucune trace d’ADN étranger n’ait été mis en
évidence. Si aucune conclusion définitive ne peut en être tirée, c’est
encourageant (même si la liste des produits blanchis est indisponible). Que sont
toutefois 27 produits par rapport aux rayons d’un supermarché ?
Eu égard aux problèmes -techniques- que pose le dépistage dans les produits
finis, des contrôles portant sur les filières d’approvisionnement sont nécessaires pour garantir leur qualité. Mais les mailles du filet peuvent-elles être suffisament serrées ? Vu les dimensions de l’objet à identifier, rien n’est moins sûr...
Autre difficulté pratique : le coût d’une filière non-OGM n’a pas encore été calculé, logique... Mais si les aliments génétiquement modifiés devaient devenir majoritaires, étiqueter les rares produits qui en seraient exempts coûterait très vite une fortune aux producteurs et aux distributeurs... (Propos de M. Geelhande, responsable des achats et de la qualité chez Delhaize (in La Libre Entreprise, 24/04/99).
Cette question révèle la complexité du problème que pose l’étiquetage : la législation penche vers un étiquetage signalant la présence d’OGM. Mais l’industrie est parvenue à contourner cette obligation en utilisant des dérivés incontrôlables et non soumis à la législation. Dès lors, on imagine bien qu’il faudra se résoudre un jour à mettre sur pied des filières garanties sans OGM, dûment certifiées... et contrôlées. Le problème de l’étiquetage en serait retourné : il concernerait davantage l’absence d’OGM que leur présence...
Certains producteurs (Findus pour ses crêpes surgelées) et distributeurs (Delhaize pour ses hamburgers végétariens) avaient misés sur la transparence. Les ventes de ces produits ont baissé de 30%. A méditer.
En définitive, le meilleur moyen d’être certain de l’origine des aliments est encore de réduire la chaîne alimentaire - producteur, industrie agroalimentaire, distributeur(s) et consommateur - et de s’alimenter à la source... Du producteur au consommateur, donc.
PCR versus OGMLa technique de la Polymerase Chain Reaction (PCR) permet de découvrir la présence d’un gène étranger par amplification de celui-ci... Tout gène est entouré d’un promoteur (séquence d’ADN qui initie la lecture du gène) et d’un terminateur24 (séquence d’ADN qui marque la fin de la lecture). Lors de la construction d’un maïs transgénique par exemple, les scientifiques devront entourer le nouveau gène "résistance à la pyrale" d’un promoteur et d’un terminateur, sans quoi le gène demeure "illisible" et inopérant. La technique du PCR recourt à des kits de détection. Les amorces universelles que ceux-ci contiennent reconnaissent et se fixent sur les séquences promoteur et terminateur. Après hybridation, l’enzyme du kit se met au travail et fait de nombreuses copies du gène compris entre ces deux amorces. Lorsque les réactions sont terminées, le résultat est déposé dans un gel révélateur. Si une bande apparaît, le résultat est positif : présence d’un gène étranger dans le patrimoine génétique testé. Dans le cas contraire : l’ADN testé n’a pas été modifié... en théorie. Car il y a un mais... (outre le coût exorbitant de telles analyses) :
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10. Position de l’industrie, des Etats et des consommateurs
Les OGM concernent tout le monde : industriels, autorités compétentes, scientifiques, consommateurs, environnementalistes... Mais les intérêts divergent.Chacun défend son bifteck, au propre comme au figuré.
1. DU COTÉ DE L’INDUSTRIE
Là, c’est bien évidement l’enthousiasme... Les potentialités du génie génétique sont considérables... et permettent, dans les discours du moins, de concilier rentabilité, éthique et environnement.
Ainsi Bernard Convent, directeur général PGS (groupe Agrevo), propose que nous parlions dorénavant d’organismes génétiquement améliorés car si la modification ne s’accompagne pas d’un réel bénéfice pour la société et l’environnement, il n’y a pas lieu de développer de tels organismes. Les améliorations au niveau de l’utilisation des herbicides, la problématique du désherbage et éventuellement les améliorations de rendement, sont considérés comme étant un bienfait des apports des biotechnologies...
D’un côté les scientifiques, qui s’investissent de la mission de nourrir le monde, et de l’autre, des producteurs qui sont bien obligés de suivre le mouvement pour assurer leur survie dans un secteur hyper concurrentiel... Et entre les deux...
Entre les deux, cette technique coûte cher tant en recherche qu’en développement, si bien que le besoin de récupérer l’investissement financier oriente les recherches surtout vers la rentabilité.
Par peur de la concurrence, les entreprises ne publient que rarement les résultats de leurs recherches. Et elles ne se soucient pas toujours des retombées socio-économiques des modes de production qu’elles mettent en place. Mais là encore, ce n’est pas propre aux OGM.
2. DU CÔTÉ DES ÉTATS
Les Etats eux-mêmes n’ont pas vraiment intérêt à se lancer dans un grand débat public, qui pourrait les desservir à terme. Les enjeux économiques sont considérables. Dans quelques années, il se peut que la compétitivité des cultures transgéniques affecte radicalement les marchés mondiaux. La réticence de l’opinion publique pourrait handicaper l’Europe dans une compétition mondiale qui promet d’être rude. Ainsi, pour ne pas perdre leurs capacités de concurrence au profit des Etats-Unis et de certains pays émergents, les gouvernements stimulent plusieurs programmes de recherche dans le domaine, malheureusement cofinancés par l’industrie.
D’après le Professeur Jean-Pierre Berlan (ex-chercheur à l’INRA), l’Europe au contraire a pris une longueur d’avance sur ses concurrents en refusant les OGM. Comme leur dissémination est une expérience aléatoire et sans garde-fous, appliquer le principe de précaution lui paraît une sage décision. Si toutes les cultures devenaient transgéniques, le cas échéant, il serait difficile (et extrêmement coûteux) de revenir en arrière...
3. DU CÔTÉ DES "ENVIRONNEMENTALISTES"
Derrière le principe de précaution, un tantinet minimaliste, les associations engagées dans la protection de l’environnement voudraient voir la planète s’engager enfin tout entière dans la voie d’un développement durable...
Une agriculture durable serait idéalement le fait d’agriculteurs soucieux de produire des aliments de qualité, au sein d’exploitations à taille humaine qui favoriseraient à la fois l’emploi et la transmissibilité de l’exploitation. Le choix des cultures serait dictée par les besoins réels, et non les bénéfices à tirer au niveau mondial ou par le jeu des aides européennes. Ces aides qui, au passage, devraient être réorientées dans le bon sens.
Pourquoi octroyer des primes à la production du maïs comme aliment de bétail et pas à la production de bovins élevés en prairie ?
L’approvisionnement des semences serait aussi contrôlée et fiable. La production serait valorisée localement, ce qui augmenterait les revenus des agriculteurs, mais offrirait aussi, au travers de circuits courts, une garantie de qualité au consommateur. Par "circuit court", on entend une relation directe (ou par le biais de coopératives) entre le producteur et le consommateur.
On serait alors, enfin, dans les conditions d’une production durable, soucieuse de l’environnement comme des générations présentes et à venir... Les OGM en seront-ils ?
Campagnes de Greenpeace-France
Greenpeace a édité différents dossiers explicitement contre les OGM, et a mis en place un réseau "info-conso" intitulé : Pas d’OGM dans mon assiette !
Le réseau rassemble des consommateurs inquiets. Avis de M Arnaud Apoteker, directeur général de Greenpeace-France : Nous avons un peu l’impression qu’à l’heure actuelle, les produits proposés au niveau OGM, sont presque des prototypes. On essaye de nous faire prendre les vieux Bréguet pour des avions de ligne modernes et là, il y a quand même une précaution supplémentaire à prendre.
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Greenpeace -Belgique a publié un guide "Aliments avec ou sans OGM" pour aider le consommateur à faire son choix. Les produits sont classés en liste verte lorque le fabricant garantit qu’il n’utilise pas de produits issus d’OGM.
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Les membres reçoivent donc des listes énumérant des produits qui ne contiennent pas d’OGM (liste blanche) ou qui peuvent en contenir (liste noire). Ces listes sont établies d’après les déclarations écrites des fabricants mais aucun contrôle des produits n’est réalisé. A prendre donc aussi avec précaution...
D’autre part, fidèle à sa légende, Greenpeace s’est lancé dans des actions de guérilla écologique qui ont fait pas mal d’émules en Europe... Des commandos verts apparaissent un peu partout, qui s’en prennent directement aux cultures transgéniques, arrachant des champs entiers de colza, maïs, betteraves, déracinant des pommiers transgéniques...
Ces actions de sensibilisation ont déjà portés leurs fruits, puisqu’elles ont conduit les autorités françaises à retirer le permis de commercialisation du maïs transgénique. Malheureusement, en même temps, elles apportent de l’eau au moulin des industriels qui rechignent à localiser précisément les champs expérimentaux...
En Belgique, de telles actions sont organisées par le CAGE (Collectif d’Action pour des Gènes Ethiques). Des autocollants "risque d’OGM" sont apposés sur certains produits vebdus en grandes surfaces ou dans des distributeurs automatiques.
Campagne de la plate-forme "Souveraineté Alimentaire"
La plate-forme "Souveraineté Alimentaire" coordonne différentes associations d’aide au développement, de protection de l’environnement, d’agriculteurs et de consommateurs... Partant de l’idée que la nourriture n’est pas une marchandise comme les autres -manger est un droit fondamental - elle défend l’idée que la souveraineté alimentaire prime sur les intérêt commerciaux. Mais cette plate-forme va plus loin, et entend permettre à tout pays de déterminer sa propre politique agricole, en fonction de ses besoins propres et en concertation avec les petits paysans, éleveurs, pêcheurs, producteurs et consommateurs locaux.
Fin 1999, alors qu’un nouveau cycle de discussions commencera à l’O.M.C. sur le volet agricole, la plate-forme tentera de faire l’événement sous le slogan : Qui prépare la soupe ?
3. DU CÔTÉ DU CONSOMMATEUR
Face aux OGM, les associations de consommateurs américaines et européennes sont d’accord : réunies à Bruxelles en avril 1999 dans le cadre du Transatlantic Consumer Dialogue (TACD), elles ont revendiqué à l’unisson un étiquetage obligatoire des aliments transgéniques et une parfaite traçabilité des OGM.
En Europe, les biotechnologies ne sont pas considérées comme des techniques susceptibles d’améliorer nos modes de vie, au contraire des télécommunications et de l’informatique (le mensuel Futuribles publiait en janvier 1999 les résultats d’une enquête auprès des consommateurs européens intitulées : "les biotechnologies et l’opinion publique européenne") Toutefois, on ne constate pas de rejet massif des biotechnologies. Les domaines les mieux acceptés sont la production de médicaments et les tests pour déceler les maladies héréditaires. Il existe cependant une réticence évidente à l’encontre des cultures alimentaires transgéniques. A cet égard, les problèmes de la vache folle et autres poulets dioxinés n’ont certes pas aidé à redorer le blason de l’agroalimentaire industriel. Les consommateurs européens craignent que de nouveaux apprentis sorciers jouent encore avec leur santé.
Malgré tout, la Belgique se situe dans le groupe des pays les plus favorables aux biotechnologies, excepté à la production d’animaux de laboratoire.
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La principale association de défense des consommateurs en Belgique, Test-Achats, considère d’ailleurs que dans l’état actuel des connaissances, il n’y a pas de raison de rejeter systématiquement les OGM, (Test-Achats magazine n°417, janvier 1999, p.7), cette position étant tempérée par les réserves suivantes :
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France, juin 1998 : à l’initiative de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (O.P.E.C.S.T.), quatorze représentants de la société civile se penchaient sur les plantes transgéniques dans le cadre d’une Conférence Citoyenne.
Après auditions des experts et des politiques, les participants n’ont pas pu se mettre d’accord au sujet d’un moratoire éventuel. Les uns souhaitaient geler l’introduction des plantes transgéniques, les autres préféraient l’approche "au cas par cas" prônée par les spécialistes. Mais ils se sont accordés sur la nécessité :
- de renforcer la recherche publique, seule manière de garantir l’indépendance des experts,
- d’accroître la transparence des travaux,
- d’aller au-delà des réglementations existantes en matière d’étiquetage, de traçabilité et d’information du consommateur (marquage préconisé sur l’étiquette : lettres noires de 1 cm de haut sur fond jaune),
- d’imposer la responsabilité directe et totale du semencier sur fonds propres.
Selon un sondage de la Sofres (LSA, tendances de consommation - OGM : le consommateur n’a pas tranché, octobre 1998), 63% des Français déclarent qu’ils ne sont pas prêts à acheter ce type de produits... mais 76% concèdent que leur opposition aux OGM est susceptible d’évoluer, à condition que des garanties leur soient apportées par l’Etat. Ils accordent peu de crédit aux industriels, et encore moins aux distributeurs. Toujours selon l’étude de la Sofres : si les manipulations génétiques ramènent la saveur des tomates d’antan, alors tout peut changer...
Campagne du Réseau des Consommateurs Responsables (R.C.R.)
Le RCR travaille en réseau avec les associations membres et partenaires au niveau national et international. Son objectif est de favoriser la consommation responsable, basée sur le choix de produits sains, favorables à l’environnement et produits dans des conditions sociales respectueuse des droits de l’homme.
A travers la campagne Ce grain de maïs dans mon assiette est-il transgénique ?, le R.C.R. entend apporter une réponse pratique à la question "Et moi, que puis-je faire ?" Après qu’une première lettre ait été adressée aux ministres belges concernés le 15 mars 1999 (journée mondiale du consommateur) pour leur demander d’adopter une position claire face aux OGM, le R.C.R. incitait tout le monde à déposer dans la boîte à suggestions des supermarchés une lettre réclamant l’étiquetage clair des produits. ( des lettres de rappel ont été diffusées fin 99).
Ci-dessous, les réponses de GB et de Delhaize à cette lettre, ainsi que la publicité de E. Leclerc (distributeur français) sur le sujet.
GBEn tant que distributeur, nous mettons tout en oeuvre pour offrir à notre clientèle des produits de qualité dont la composition et les étapes de fabrication sont parfaitement contrôlées. A cet effet, nous développons dans le cadre de nos marques propres (les produits GB) des cahiers de charges stricts précisant les différents ingrédients autorisés et les types d’information, outre celles prévues par le législateur, devant figurer sur l’emballage. En ce qui concerne les OGM, notre société adhère à la position commune de la Fédis (Fédération de la Distribution) qui précise :
DelhaizeEn tant que distributeur, Delhaize ne juge pas les OGM. Il ne les condamne pas mais ne souhaite pas non plus les promouvoir tant que la sécurité et la confiance dans l’utilisation du génie génétique dans l’alimentation ne sont pas clairement établies et connues. Delhaize préfère dès lors adopter le principe de précaution pour les produits de sa propre marque. Nous sommes persuadés qu’il n’est pas faisable d’un point de vue technique et économique de bannir les OGM de tout produit alimentaire, sans exception. Cependant, nous devons maintenir, autant que possible, le libre choix des consommateurs et si recours inéluctable aux OGM il y a, faire preuve de vigilance accrue et de transparence dans l’information envers nos consommateurs. Dès épuisement du stock des étiquettes existantes ou emballages à écouler, les produits Derby et Delhaize seront également pourvus de la mention "produit à partir de soja (ou de maïs) génétiquement modifié". Si nos fournisseurs des produits Delhaize et Derby ont pu prouver via les certificats de traçabilité que le soja ou le maïs utilisé n’était pas génétiquement modifié, l’étiquette contenant la mention susmentionnée ne sera pas apposée sur les produits concernés. |
En mai 2000, le RCR appelait ses membres à interpeler la Ministre Belge de la Santé Publique, de l’Environnement et de la Protection des Consommateurs avant le Conseil des Ministres de juin 2000. Celui-ci doit en effet se prononcer sur la directive votée au Parlement Européen le 12 avril 2000, et qui autorise la production d’OGM, moyennant certains contrôles.

Résolution Euro-Toques
L’Association européenne des cuisiniers, Euro-Toques, a adopté une résolution dans laquelle elle réclame un système unique d’étiquetage pour identifier le recours à des procédés non-naturels dans la production limentaire : usage d’antibiotiques, d’hormones ou d’OGM...
En attendant un changement de mentalité peu probable outre-atlantique, les chefs doivent, s’ils veulent préserver l’authenticité des produits qu’ils utilisent, déterminer des réseaux d’approvisionnement spécifiques et mettre en place des filières "sans OGM", "sans antibiotiques". C’est le seul moyen susceptible de garantir l’origine des produits et leur authenticité. Un tel système est impossible à mettre en place pour des produits importés qui ne sont pas soumis aux mêmes règles que les produits locaux, rendant toute traçabilité des produits impossibles.
REVENDICATIONS COMMUNES DES ORGANISMES DE CONSOMMATEURS
Face aux moyens marketing dont disposel’industrie - rappelons-nous la campagne publicitaire rassurante de Monsanto - les organisations de consommateurs ont grandement intérêt à faire entendre une même voix, unie et cohérente.
Le consommateur a le droit de choisir son alimentation !
Même si les scientifiques affirment qu’il n’y a pas de différence entre les produits proposés, elle se marque déjà dans les méthodes de production (et leurs conséquences écologiques éventuelles). Celui qui souhaite exprimer sa préférence pour un certain type de pratiques agricoles doit pouvoir choisir de ne pas acheter d’OGM, pas plus que des produits alimentaires qui en contiendraient.
Le consommateur a donc le droit d’être informé.
Evidemment, la question est la suivante : à qui cette tâche incombe-t-elle ?
L’information peut être de différents types. Mais elle doit être claire, accessible au public le plus large, et objective tout en étant contradictoire. L’objectif final étant d’aboutir à un débat de société.
C’est pourquoi les organisations de consommateurs revendiquent :
- un droit fondamental à l’information, donc la présence d’étiquettes claires sur les aliments
- le libre choix pour le consommateur, donc des alternatives fiables, donc des filières garanties sans OGM
- des contrôles efficaces et indépendants
- des producteurs rendus responsables des risques existants ou à venir, ce qui devrait les inciter à la prudence...<./li>
11. Conclusion
Les techniques de génie génétique sont à l’image du progrès : les potentialités sont tellement diversifiées que les OGM portent déjà en eux toutes les applications de la biotechnologie, des plus louables aux plus inquiétantes.
Pour certaines applications médicales, leur utilité n’est plus à démontrer. Leur innocuité non plus - les OGM ne sont alors qu’une technique de laboratoire (presque) comme une autre. Par contre les plantes transgéniques semées à tous vents posent de manière aiguë la question du poids qu’ont pris certains intérêts privés dans le devenir collectif. Ici, rentabilité rime dangereusement avec irresponsabilité.
Certaines applications en agriculture (résistance aux maladies, virus et insectes) peuvent certes préserver notre cadre de vie en réduisant la charge de pesticides dans les sols. Mais le jeu économique et la concurrence faussent les données. Le long terme ne pèse pas bien lourd lors de l’exploitation économique de nouvelles techniques. Les législations suivent le progrès plutôt qu’elles ne l’accompagnent. Et de toute façon les contrôles sont coûteux et difficiles
Pour le consommateur, bannir en bloc les OGM est impossible car ils sont déjà présents dans des aliments aussi variés que le tofu, le chocolat, les pâtisseries, le saucisson ou les tortillas. Et comme une bonne partie de l’alimentation animale repose sur eux, ils touchent aussi indirectement la viande, le lait et les oeufs. Prétendre les interdire, c’est - peut-être - déjà un combat d’arrière-garde (Test-Achats Magazine, n° 417,1999,p.7).
Si, en 97, une lettre ouverte des organisations de consommateurs réclamait un moratoire le temps que les risques aient pu être clairement évalués, aujourd’hui, c’est plutôt un droit à bénéficier d’une alternative sérieuse qui semble l’enjeu des revendications. Et corollaire indispensable, le droit à l’information...
Au-delà, c’est sans doute notre mode de consommation en général qui mérite d’être remis en question. On l’oublie souvent mais tout acte d’achat implique un choix. Quand j’achète cette fraise si appétissante au mois de février, ou cette pomme sans tavelure, que fais-je, sinon encourager le développement de produits uniformes et de plus en plus manipulés ?
Est-ce à dire qu’en 1999, ce n’est déjà plus la technique qui doit être remise en cause mais les utilisations qu’on en fait ? Travailler sur l’ADN pour produire des vaccins, bravo, l’objectif est louable. Mais stériliser des plantes pour vendre des graines ? Ou chercher à doper la production à tout prix alors qu’on sait pertinemment que le problème n’est pas (ou plus) de produire plus mais bien de répartir ?
Environnement, santé, éthique, politique et économie...derrière les fantasmes de toute nature qu’ils charrient, les OGM polarisent sur trois petites lettres au parfum d’inconnu tous les enjeux du développement durable...
12. Pour en savoir plus
- Après la vache folle, les légumes mutants ?, Courrier International, n°435, 04-10/03/1999, 8 p.
- Citoyens cherchent responsables, Philipon P., Biofutur, n°181, 09/1998, 36-37.
- Compétence publique concernant le développement de la biotechnologie, Houins G., Forum "Biotechnologies, agriculture et société", Agrinfo, 12/02/1998, 12p.
- Des OGM dans nos assiettes, Maleysson F. & Bonneff E., Que choisir, n°356, 01/1999, 14-17.
- Des OGM dans nos assiettes, Test-Achats magazine, n°417, 01/1999, 4-7.
- Dossier : La France des OGM, Le Monde, 04/03/1999, 4, 10-12.
- Dossier : Les OGM au banc des rayons, LA LIBRE ENTREPRISE, n°17, 24-30/04/1999, 6-7.
- Dossier : Maman, ils ont réécrit la Nature, ECO-SOIR, 02/04/1999, 1-4.
- Dossier spécial : les OGMs, organismes génétiquement modifiés, Consumer Group C.G.C. Groupe Consommation, Eco Lobby, 1997, 50 p.
- Dossier : Transgéniques, quels sont les risques ?, Mandroux G., 60 Millions de consommateurs, n°325, 02/1999, 16-19.
- Du poisson dans les fraises, Apoteker A., Paris, Editions La Découverte, 1999, 230p.
- Du sucre aux transgéniques par Lamboray M., Athena, n° 144, 10/1998, 91-93.
- Génie génétique, science en folie ?, Lannoye P., brochure éditée par le groupe des verts au Parlement européen, 1997, 72 p.
- Le développement durable commence dans notre assiette, La Lettre de l’Eco-consommation n°17
- La génétique menace-t-elle notre alimentation ?, Tardieu V., D’Avout F. & Baudry C., 60 Millions de consommateurs, n°302, 01/1997, 22-33.
- L’embryon, au centre du débat bioéthique, Tastemain C., Biofutur, n° 188, 04/1999, 3-27.
- Le menu transgénique, Tests-Achats magazine, n°402, 10/1997, 34-36.
- Les aliments dénaturés, par Grimonpont C., et Malghem L., Du côté des consommateurs, n°43, 26/04/1999, 41-45.
- Les biotechnologies et l’opinion publique européenne, Boy D., Futuribles, 01/1999, 35-56.
- Les plantes transgéniques en agriculture, 10 ans d’expériences de la Commission du Génie Biomoléculaire, sous la direction de Kahn A., Paris, John Libbey Eurotext, 1996, 130p.
- Les progrès de la génétique, Kahn A., Futuribles, 09/1997, 5-27.
- Le siècle biotech, le commerce des gènes dans le meilleur des mondes, Riflin J., 1998, Paris, Editions La Découverte, 347 p.
- L’éthique du consentement, Cambon-Thomsen A. et de Larré de la Dolie A., Biofutur, n° 188, 04/1999, 28-52.
- Long term effects GM crops safe at food for thought, Declan B. et Reichardt T., Nature, n°398, 22/04/1999, 651-654.
- Novel Foods & Functional Claims, Van Havere R., Huyghebaert A., Coussement P., Moens W. et Roberfroid M., Les denrées alimentaires et le droit, n°3, La Charte, 1997, 130p.
- OGM et contrôle des denrées alimentaires, Moens W., Seminaire CEPFAR sur les opportunités et les contraintes pour l’agriculture de demain, 28/01/1999, 1-6.
- OGM : Le consommateur n’a pas tranché, LSA, n°1602, 15/10/1998, 82-85.
- OGM : Sécurité d’abord, Eurinfo, n°233, 03/1999, 14-15.
- OGM : Tout ce que vous avez toujours voulu savoir et qu’on a jamais osé vous dire !, Boulanger A., Traverses, n°143, 04/1999, 6-8.
- OGM : un faux pas publicitaire ?, de Cheveigne S., Biofutur, n°181, 09/1998, 38-40.
- Produits transgéniques, quand la publicité s’invite au débat, Aronssohn D., Alternatives Economiques, n° 168, 03-1999, 51-55.
- Que mangerons-nous demain ?, Diricq A. et Aït-Yahia A., Ça m’intéresse, n°214, 12/1998, 35-44.
- Rapport sur la proposition de directive modifiant la directive 90/220/CEE sur la dissémination volontaire des organismes génétiquement modifiés dans l’environnement, Europe agro, n°41, 01/04/1999, 1-29.
- Remarques sur l’agriculture génétiquement modifiée et la dégradation des espèces, Paris, Editions L’Encyclopédie des Nuisances, 1999, 105 p.
- Tais-toi et mange !, L’agriculteur, le scientifique et le consommateur, Paillotin G. et Rousset D., Paris, Bayard Editions, Sciences-Société, 1999, 182 p.
- Transgéniques : le temps des manipulations, sous la direction de Lannoye P., Paris, Editions Frison-Roche, 1998, 156 p.
- Transgéniques, quels sont les risques ?, Mandroux G., 60 Millions de Consommateurs, n°325, 02/1999, 16-19.
- Un céréalier alsacien face aux OGM, Le mystère des étiquettes, Le Consommateur d’Alsace, n°125, 03-04/1999, 12-16.
13. Liens
LES GEANTS DE L’AGROCHIMIE
SITE DE LA FAO (organisation pour l’alimentation et l’agriculture sur les semences et les plantes)
SITE DE LA CAMPAGNE PURE FOOD
SITE DE RAFI (the rural advancement Foundation International s’intéresse à l’incidence des biotechnologies dans les pays en développement)
SITE DE L’UCS (Union of Concerned Scientists)
SUR LES PLANTES TRANSGENIQUES
LEGISLATION
GREENPEACE
OXFAM-SOLIDARITE
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