Les arbres fruitiers
(1er mars 2011)Planter un arbre, c’est contribuer à la beauté du paysage pour
l’agrément de tous. Dans un jardin, les arbres participent à l’aménagement
végétal auquel ils donnent du relief. Ils offrent de l’ombre en
été et protègent les habitations des regards indiscrets.
Les arbres fruitiers apportent en plus leur délicieuse production.
Le développement sain et harmonieux de l’arbre et l’abondance de la récolte
dépendent largement des soins prodigués.
CHOIX D’UNE VARIETE
Il fait entrer en ligne de compte les caractéristiques du jardin et
de son sol ainsi que celles recherchées pour les fruits (goût,
conservation).
Nos arbres fruitiers appartiennent tous à la famille des Rosacées.
Ils sont largement cultivés en Europe, depuis très longtemps,
pour leurs fruits, consommés frais ou transformés (confitures,
gelées, alcools, fruits secs, au sirop, etc.).
On distingue les fruits à pépins : pommier, poirier
et cognassier, et les fruits à noyau ou drupes : prunier,
pêcher, cerisier, abricotier et amandier. (dans ce dernier cas c’est la
graine qui est consommée).
Les variétés rustiques régionales sont mieux adaptées
au climat et au milieu et donc, moins sensibles aux maladies.
Lors de l’achat, assurons-nous que le plant soit garanti « sans virus ».
Les arbres fruitiers sont toujours constitués d’un greffon fixé sur un porte-greffe. C’est ce dernier qui détermine la hauteur de l’arbre. Les hautes tiges sont des variétés greffées sur des sujets vigoureux à forte croissance ; leur tronc atteint environ plus de 1,80 m. Les porte-greffes des basses tiges ont une croissance faible : leur tronc ne dépasse pas 1m de haut.
De nombreuses variétés fruitières sont autostériles
: elles ne peuvent être fécondées, et donc fructifier, que
par du pollen compatible d’une autre variété de la même
espèce. Ainsi toutes les variétés de cerisiers, de nombreuses
variétés de pommiers, de poiriers et de pruniers sont autostériles.
Dans ce cas, si nous ne plantons qu’un seul arbre, vérifions qu’il y
a des arbres fruitiers dans le voisinage. Si cela ne suffit pas, il faudra planter
une deuxième variété fleurissant à la même
époque. Certaines variétés de pruniers et les pêchers
sont par contre autofertiles ; un arbre isolé peut donc porter des fruits.
Les abeilles, les bourdons, les syrphes favorisent la pollinisation : protégeons
ces pollinisateurs sauvages (évitons les pesticides !) et, pourquoi ne
pas installer une ruche ?
De nombreuses variétés fruitières sont soumises à
l’alternance : une année de forte production est suivie normalement d’une
mauvaise année fruitière.
Il est possible d’atténuer cet effet en éliminant une partie
des fruits, au stade de la dimension d’une noisette, afin de permettre aux fruits
restants de grossir et, généralement, de gagner en qualité
gustative.
Enfin, le consommateur choisit une variété pour la qualité
des fruits. Les fruits d’arbres à hautes tiges ont moins belle apparence
que ceux à basses tiges.
Néanmoins, ils sont souvent plus savoureux et leur production recourt
à moins de traitements. Les taches sur les fruits ne gâchent en
rien leur goût. La tavelure ne pose problème que lorsque les fruits
sont destinés à une longue conservation.
EMPLACEMENT
Tous les arbres fruitiers préfèrent les endroits ensoleillés
et protégés du vent mais ils supportent aussi un certain ombrage.
L’écartement de plantation doit tenir compte du développement
futur de l’arbre : noyer et cerisier (plantation tous les 12m), pommier (10m),
poirier (8m), prunier (5 à 6m), pêcher et cognassier (5m).
Les pommiers et poiriers dont les porte-greffes sont moins vigoureux peuvent
être disposés plus densément.
QUAND PLANTER ?
Le mieux vaut planter un arbre entre la mi-octobre et la mi-mars, tout en évitant
les périodes de gel.
En effet, avant la mi-octobre, le plant porte encore de nombreuses feuilles
qui vont « pomper » les réserves en eau et l’assécher.
Par contre, « A la Sainte Catherine (25 novembre), tout bois prend racine »
: l’arbre bénéficie alors des pluies hivernales. La terre est
chaude et humide, elle se dispose mieux autour des racines ; elle les enrobe
et les protège.
Enfin, si la plantation a lieu après la mi-mars, le plant est moins vigoureux
la première année suite à l’absence de radicelles, brisées
lors du transfert.
Les jeunes arbustes doivent être replantés dès que possible
après l’acquisition. Il ne faut jamais laisser les racines nues car elles
dessécheraient rapidement. Au besoin, les plants sont mis en attente
en recouvrant les racines de terre.
COMMENT PLANTER ?
- Ouvrir un trou suffisamment grand (mais pas trop grand !) : les racines doivent pouvoir s’y étaler sans contrainte ;
- si le terrain est léger, enfouir du compost mûr et le mélanger à la terre du fond du trou ;
- couper les extrémités des racines pour assurer la formation d’un chevelu radiculaire dense ;
- fixer l’arbre à son tuteur planté avec lui, de biais, pour ne pas abîmer les racines ;
- remblayer et tasser fortement ;
- couvrir le pied du plant avec du compost, des écorces ou de la paille pour le protéger contre le gel et lui assurer une bonne humidité. Cela limite aussi la croissance des végétaux adventices qui peuvent entraver le développement de l’arbre ;
- éliminer régulièrement les mauvaises herbes et le gazon autour du pied ; elles concurrencent l’arbre pour l’eau et la nourriture.
LA TAILLE DES ARBRES FRUITIERS
L’aide ou les conseils d’un arboriculteur sont nécessaires. En effet,
il y a différents types de taille selon l’âge et l’espèce
d’arbre fruitier.
Au début, il s’agira de donner une forme correcte au jeune arbre
(taille de formation) ensuite la taille devra permettre à l’arbre
d’être dans des conditions optimales pour donner de beaux fruits
(taille de fructification).
Les ouvrages spécialisés fournissent aussi des informations utiles.
Durant les 8 à 10 premières années, un arbre doit être
taillé chaque année. Plus tard, une taille suffit tous les 2 à
3 ans selon les essences et les variétés.
PROTEGEONS NOS VERGERS TRADITIONNELS
Exemples de variétés traditionnelles recommandées (source : Les amis de la Terre). Les variétés dites rgf sont des variétés anciennes, peu sensibles aux maladies, recommandées par le Centre de recherches agronomiques de Gembloux :
- Pommier : gris braibant (rgf), la paix (rgf), radoux (rgf), reinette hernaut (gf), reinette de blenheim (rgf), grenadier (rgf), godivert (rgf)....
- Poirier : clapp’s favorite, comtesse de paris, beurré de naghin, légimont, ....
- Prunier : wignon (rgf), sainte-catherine (rgf), prune de prince (rgf), belle de thuin (rgf),..
- Cerisier : hedelfinger, schneiders späte knörpel, bigarreau blanc, lapins, early rivers,...
- Pêcher : fertile de septembre (rgf), reine des vergers,...
CONSEILS SUPPLEMENTAIRES
- Achetons des fruits de culture de hautes tiges. Leur prix légèrement plus élevé indemnise le surcroît de travail du cultivateur.
- Acquérons nos fruits directement chez le producteur ; nous pouvons participer à la récolte ou acheter celle-ci sur pied.
- Pour la consommation immédiate, la confiture, la cuisson ou le séchage, les fruits tombés au sol conviennent et sont très bon marché.
Pépinières
Les semences & plantes du terroir
Ecosem SPRL - Génistroit, 1 à 1348 Louvain La Neuve Tél. : 010/47.37.70
Pépinières BONNET - Rue du Paradis, 16 à 7621 Lesdain-Brunehaut -Tél. : 069/34.51.60
Le jonc fleuri - Rue les Boutures, 14 à 6500 Thirimont - Tél. : 071/58.89.78
Domaine de Chastre - Route de Gembloux, 2 à 1450 Chastre - Tél. : 081/61.42.48
Autres
Ecoflora - Ninoofsesteenweg 671 à 1500 Halle Tél : 02/361.77.61 - Fax : 02/361.77.01 http://www.ecoflora.be
L’ortie-Culture du Fourneau de Vaulx - Fourneau de Vaulx, 1 à
5646 Stave - 071/72.97.54
http://www.ortie-culture.be/
En savoir plus
Réseau wallon de la biodiversité fruitière
Grâce à ce réseau, le Centre Wallon de Recherches Agronomiques
vous informe sur l’évolution de la
gestion de notre patrimoine fruitier afin de lui en assurer une conservation
dynamique pour les générations à venir.
Vous trouverez sur leur site de multiples informations notamment au sujet du
choix de variétés anciennes de pommiers, poiriers et pruniers,
de conseils pour la plantation et l’entretien de vos arbres, des adresses
de pépiniéristes, de transformateurs, d’associations …
http://rwdf.cra.wallonie.be/
A lire
- Lateur M. & Populer C., 1994 - Variétés anciennes d’arbres fruitiers peu sensibles aux maladies, diffusées sous le sigle "RGF" par le Département de Lutte biologique et Ressources phytogénétiques du C.R.A. de Gembloux.
- Jean-Luc Coppée, Claudy Noiret, 2001
L’arboriculture fruitière en hautes tiges, une voie de diversification agricole en région
herbagère. Ministère de la Région wallonne – DGA. - Latteur G., Etienne M., 1999, Les principaux ennemis des arbres fruitiers : conseils de lutte pour les amateurs. Note technique, C.R.A. de Gembloux, 14 p.
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