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  Numéro 23 - sommaire : l'actualité belge | l'actualité européenne et étrangère | l'info pratique | du côté des collectivités | agenda
         

L’utilisation des produits phytopharmaceutiques n’est plus autorisée depuis ce 1er juin 2014 dans les espaces publics. Les organismes chargés de leur gestion sont donc amenés à adapter leurs pratiques, former leur personnel ou encore s’équiper en matériel de désherbage alternatif.

Pour aider les collectivités à ajouter une dimension durable aux marchés d'achats de matériel de jardinage et de services de gestion d'espaces verts, Achats Verts vient d’éditer un mode d’emploi. Le guide de l’UVCW complète celui-ci en présentant des aspects pratiques liés à l’interdiction de produits phytopharmaceutiques. Pendant cette période de transition, prévue jusque 2019, des facilitateurs pesticides offrent également un soutien aux communes. Nombre d’entre elles sont déjà confrontées à des plaintes ou des incompréhensions de la part des habitants. Cela montre l’importante cruciale de la communication vers les citoyens, qui semble cependant faire défaut pour l’instant. Pourtant, des outils adaptables à chaque commune sont mis gratuitement à disposition afin de sensibiliser le public.

En matière de construction et de rénovation aussi, les collectivités publiques sont invitées à s’orienter vers des cahiers des charges types, des matériaux écologiques ou encore des bâtiments à haute performance énergétique. Vous trouverez toutes ces informations dans cette newsletter…

Nous profitons de cette occasion pour remercier toutes les personnes qui ont répondu à l’enquête de satisfaction sur notre newsletter ! Les résultats sont très encourageants : vous vous déclarez satisfaits (27%) à très satisfaits (73%). La fréquence et le graphisme de « L’ECO des communes » vous conviennent bien. Côté contenu, vos rubriques préférées sont « Actualité belge », « L’info pratique » et « Du côté des collectivités ». Cela nous encourage à poursuivre et améliorer le travail effectué par l’équipe Achats Verts d’écoconso à vos côtés ! Et si vous n’avez pas eu l’occasion de répondre au questionnaire mais que vous avez des suggestions d’amélioration, celles-ci sont les bienvenues par mail à info@achatsverts.be.

Bonne lecture !

         
       
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Retour sur le séminaire Achats Verts « écomatériaux »
Lors d’une rénovation ou d’une construction, les collectivités publiques ont de nombreux choix à effectuer. Pour les aider dans leur réflexion, la campagne Achats Verts d’écoconso a organisé, le 5 juin dernier, un séminaire sur la pollution intérieure et le choix des matériaux de finition. Les objectifs de la journée étaient de faire connaître la problématique de la pollution intérieure, d’en identifier les enjeux et de proposer des pistes de solutions et des outils pour rédiger sereinement un cahier des charges écologique.

La journée a rassemblé une trentaine de responsables achats, représentants de services techniques, éco-conseillers, architectes, coordinatrices d’accueil, tous issus de collectivités locales et régionales. La matinée et le début d’après-midi ont été consacrés à des présentations théoriques et des exemples de bonnes pratiques. Les participants ont ensuite eu l’occasion d’échanger avec des fournisseurs de matériaux écologiques qui avaient amené avec des échantillons de produits.

Télécharger le compte-rendu de la journée.

Mode d’emploi de l’achat public écologique : Gestion des espaces verts zéro pesticide
Le troisième « Mode d'emploi de l'achat public écologique » d’Achats Verts est paru. Celui-ci est consacré à la gestion des espaces verts « zéro pesticide ». Il reprend des outils pratiques pour ajouter une dimension durable aux marchés d'achat de matériel de jardinage et de services de gestion d'espaces verts. Ce guide reprend notamment :

  • les principaux impacts environnementaux et sanitaires liés à l’usage de pesticides ;
  • un bref aperçu du Programme Wallon de Réduction des Pesticides (PWRP) ;
  • les principales solutions techniques alternatives au désherbage chimique ;
  • les labels environnementaux de gestion des espaces verts, de matériel de jardinage, de matériaux et de plantes;
  • des exemples de bonnes pratiques et des formulations de critères à insérer dans le cahier des charges.

Ce guide a été rédigé en collaboration avec le Pôle wallon de Gestion Différenciée. Il est disponible en version papier sur commande au 081 730 730 ou via info@achatsverts.be (gratuit sauf frais d'envoi).

Vous pouvez aussi le télécharger ici.

Zéro phyto depuis ce 1er juin 2014 : des facilitateurs pesticides, des outils de communication et un mode d’emploi à votre disposition

Depuis ce 1er juin 2014, l'utilisation des produits phytopharmaceutiques n'est plus autorisée dans les espaces publics. En effet, un décret et un arrêté wallons du 5 septembre 2013 transposent la directive européenne 2009/128/CE et fixent un cadre propice à une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable.
Une période de transition permet néanmoins aux gestionnaires d’espaces publics d’adapter leur gestion actuelle pour arriver, à terme, à se passer complètement des traitements chimiques. Pendant cette période, prévue du 1er juin 2014 au 31 mai 2019, les gestionnaires seront amenés à:

  • réaliser un plan de réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques ;
  • appliquer les principes de la lutte intégrée ;
  • désigner une personne de référence (avec une phytolicence P2) et former chaque applicateur (avec au moins une phytolicence P1).

Pour ce faire, ils pourront bénéficier d’informations ou de formations.

Facilitateurs pesticides
Un soutien par des « facilitateurs pesticides » est prévu spécifiquement pour les communes afin de les aider à parvenir au « zéro phyto » dans le délai imparti. Ces facilitateurs, au nombre de deux, viennent d’intégrer l’équipe du Pôle wallon de Gestion Différenciée. Cette structure est déjà active dans le soutien aux communes en matière de gestion des espaces publics. Parmi les outils proposés, on retrouve un outil informatique permettant de réaliser l’inventaire des espaces publics.
Pour plus d’information : Pôle wallon de Gestion Différenciée asbl
Frédéric Jomaux (0470 99 03 19 - frederic@gestiondifferenciee.be)

Une communication nécessaire vis-à-vis de la population
La tolérance des mauvaises herbes et une bonne communication vis-à-vis des citoyens sont deux points importants dans le cadre d’une gestion sans pesticides. Plusieurs communes ont déjà fait part, depuis l’interdiction de l'utilisation des produits phytopharmaceutiques, de leur besoin de soutien en matière de communication.

Pour rappel, Adalia a mis au point, en collaboration avec le Pôle wallon de Gestion Différenciée, une série d’outils de communication. L’objectif est de présenter aux citoyens ce qu’une commune réalise en terme de gestion différenciée de ses espaces verts. Ainsi, Adalia propose de :

  • mettre à disposition des fichiers avec une ligne graphique prédéfinie cohérente ;
  • adapter les fichiers avec les logos et les photos de spécifiques aux espaces verts concernés ;
  • fournir des fichiers en haute définition.

Parmi les outils adaptables, Adalia propose trois panneaux « Ici votre commune applique une gestion écologique», «Ma commune pratique la gestion différenciée» et « Votre commune agit pour plus de nature ... et vise le zéro pesticide ! ». Six affiches sur des thèmes différents (prairie fleurie, pré de fauche...) sont également mises à disposition.

Plus d’information.


écoconso propose également une brochure grand public qui présente les impacts des pesticides sur l’environnement et la santé et invite le lecteur à s’interroger sur son utilisation de ce type de produits. Elle offre une réflexion et des conseils pour aménager son jardin et gérer son logement de façon à prévenir la prolifération d’indésirables. Elle propose des méthodes, astuces et recettes maison pour résoudre sainement les problèmes ponctuels les plus courants. Purins, décoctions et macérations n’auront ainsi plus de secrets pour le lecteur ! Enfin, elle fournit des conseils pour bien choisir et utiliser les produits écologiques disponibles en magasin, lorsque leur usage s’avère nécessaire.

Un mode d’emploi de l’UVCW
Parmi les autres outils pratiques proposés, l’Union des Villes et des Communes de Wallonie met à disposition un mode d’emploi qui répond aux questions suivantes :

  • Quelle est la différence entre les pesticides et les produits phytopharmaceutiques ?
  • Quelles sont les règles de stockage des produits ?
  • De quelle(s) phytolicence(s) la commune a-t-elle besoin ?
  • Que doit contenir le plan de réduction ?
  • Où peut-on encore pulvériser des produits ?

Les réponses à ces questions, et bien d’autres, se trouvent dans cet ouvrage. Il est destiné aux mandataires et aux personnes impliquées dans la gestion des espaces publics : service espaces verts, environnement, entretien des cimetières, etc. Il s’adresse également aux zones de police et aux intercommunales, en leur qualité de propriétaires et gestionnaires d’espaces publics.

La performance énergétique inclue dans la loi du 15 mai 2014
La loi du 15 mai 2014 modifiant la loi du 15 juin 2006 vient de paraître au Moniteur belge ce 28 mai 2014. Elle transpose partiellement la directive 2012/27/UE du 25 octobre 2012 relative à l’efficacité énergétique et la directive 2009/52/CE du 18 juin 2009.

Concernant la directive relative à l’efficacité énergétique, cette loi insère un article 41/1. Celui-ci impose aux pouvoirs adjudicateurs relevant du niveau fédéral de n’acquérir que des produits, des services et des bâtiments à haute performance énergétique pour les produits, les services et les bâtiments à fixer par le Roi. Pour les autres pouvoirs adjudicateurs, le texte précise qu’ils doivent envisager la haute performance énergétique « lorsqu’ils acquièrent les produits, les services et les bâtiments à fixer par le Roi ».

Comme le souligne l’Union des Villes et des Communes de Wallonie « La formulation est alambiquée, car elle ne reflète pas la simple faculté qu’ont les autres pouvoirs adjudicateurs en matière de performance énergétique. » L’UVCW précise toutefois que « cette exigence est tempérée par le paragraphe suivant de la loi, émanant de la directive européenne » à savoir que « L’acquisition de produits, de services et de bâtiments à haute performance énergétique est subordonnée à la condition que ceux-ci soient compatibles avec le rapport coût/efficacité, la faisabilité économique, la durabilité au sens large, l’adéquation technique et un niveau de concurrence suffisant ».

La loi précise et rappelle néanmoins que « tous les pouvoirs adjudicateurs examinent, lorsqu’ils passent des marchés de services, la possibilité de conclure des contrats de performance énergétique à long terme assurant des économies d’énergie à long terme ».

Huit nouvelles info-fiches sur des achats durables
Dans le cadre de la circulaire sur l’intégration de critères environnementaux et de développement durable dans les marchés publics, Bruxelles Environnement met à disposition des collectivités publiques une série d’outils.

Formations, extraits de cahiers des charges, Help Desk sont autant d’outils destinés à aider les collectivités publiques dans leur démarche d’achats durables. Depuis peu, Bruxelles Environnement met à disposition huit infos-fiches sur des expériences positives en termes d’achats publics durables. Ces fiches reprennent l’expérience de collectivités publiques telles que des OIP, communes ou administrations régionales. Les thématiques abordées sont variées : mobilier de bureau, vélos électriques, matériel IT, distributeurs, alimentation durable, blanchisserie et fournitures de bureau. Chacune de ces fiches aborde la ligne du temps du marché, depuis l’analyse des besoins jusqu’à l’exécution du marché. Les critères environnementaux y sont présentés, ainsi que les difficultés que les collectivités ont pu rencontrer et les solutions apportées.

Ces infos-fiches sont en ligne sur le site de Bruxelles Environnement.

Guide Bâtiment durable
Pour soutenir la conception et la réalisation de bâtiments durables, Bruxelles Environnement a édité un « Guide Bâtiment Durable ». Ce guide identifie les différentes solutions concrètes qu'il est possible de mettre en œuvre en matière de construction et rénovation durables. Outil de référence, il s'adresse aux concepteurs et à leurs interlocuteurs que sont les maîtres d'ouvrage et les entrepreneurs.

Le lecteur peut soit accéder aux fiches pratiques par l’une des neuf thématiques proposées (énergie, eau, etc.) ou via les quatorze parois et systèmes abordés (plancher, éclairage, etc.). Pour chacune de ces fiches, on retrouve des informations générales (contexte, enjeux...) et des recommandations pratiques.

Consulter le guide.

Cahier des Charges Type-Bâtiments 2022 (CCTB)
À dater du 1er juillet 2014, le nouveau cahier des charges Type-Bâtiments 2022 (CCTB) deviendra le cahier des charges de référence unique pour tous les travaux de construction et de rénovation de logements et de bâtiments. Ceux-ci concernent les travaux exécutés par ou pour le compte de la Wallonie, de la Société Wallonne du Logement ou de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il touche également les travaux subsidiés par ces institutions à hauteur de 50 % ou plus. Ce cahier des charges type est destiné à remplacer les différents cahiers des charges utilisés par la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles. L’objectif est de simplifier le travail administratif des administrations, des entreprises et des auteurs de projet tout en améliorant la qualité des commandes des pouvoirs adjudicateurs. Il intègre les dernières évolutions techniques, technologiques et juridiques.

Le cahier des charges-type est disponible sous forme d’un site web hébergé par le Service public de Wallonie et accessible depuis le portail des marchés publics. Il comporte actuellement environ 9 500 articles et est présenté par tomes qui suivent, approximativement, la chronologie des opérations de construction d’un bâtiment.

Télécharger le CCTB.

         
       
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Guide pratique pour réussir ses achats professionnels équitables
Ce guide fournit des outils concrets et une méthodologie pour intégrer le commerce équitable dans les achats des professionnels publics et privés.
Même si certains aspects ne concernent que la France (offre du marché, chiffres clés, contexte juridique français, etc.), la partie consacrée au « Commerce équitable dans les démarches d’achats responsables » reprend des recommandations qui sont transposables au niveau des collectivités belges qui souhaitent acheter équitable. Les exemples de bonnes pratiques, français, peuvent également être inspirants.

         
       
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Rechercher des produits avec l’Écolabel européen
Avant de lancer une procédure de passation, le pouvoir adjudicateur peut prospecter le marché en vue d’établir les documents et les spécifications du marché à condition que cette prospection n’ait pas pour effet d’empêcher ou de fausser la concurrence. L’objectif est également d’examiner les réalités du marché au sens du lieu où se rencontrent l’offre et la demande.

Parmi les outils à disposition des acheteurs pour effectuer cette analyse du marché, le site de l’Écolabel européen aide les consommateurs à distinguer les produits écologiques labellisés. Il recense les produits porteurs du label par pays. Il est en constante évolution puisque, chaque année, de nouveaux produits sont labellisés. En 2013, par exemple, la Belgique a octroyé l’Écolabel européen à environ 400 nouveaux produits.

Le site mentionne que « 160 nouveaux produits ont ainsi rejoint le groupe de produits « peintures et vernis » et 77 le groupe « produits en papier absorbant ». De nombreux nouveaux produits ont également reçu l’année dernière l’EU Ecolabel dans les groupes de produits « nettoyants universels et nettoyants pour sanitaires », « détergents textiles » et « pompes à chaleur ». Les groupes de produits qui rencontrent toujours le plus de succès en Belgique sont les peintures et vernis, et les pompes à chaleur, suivis des nettoyants universels et nettoyants pour sanitaires, et des détergents textiles (voir le graphique) ».

Deux nouveaux fabricants belges ont également obtenu le label pour des amendements pour sols et pour des produits en papier absorbant.

Au total, il y a plus de 1500 produits labellisés en Belgique.

Accéder au site.

         
       
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Une politique d’achats durables au sein de la Province du Luxembourg
Fin 2011, le Collège de la Province du Luxembourg marque son accord pour mettre en place une politique d’achats durables. La Province veut ainsi contribuer à l’influence du marché en acquérant des biens respectueux de l'environnement.

Toutefois, l’achat public ne se limite pas à la question de l’insertion de clauses environnementales, sociales ou éthiques dans un cahier des charges. Celui-ci doit être vu comme la traduction technique d’une intention plus large. C’est ainsi que la Province s’appuie sur une méthodologie qui reprend également un état des lieux des achats effectués, une analyse des besoins ainsi que des séances d'information et de sensibilisation du personnel.

Achats Verts fait le point sur cette politique d’achats durables avec Marie-Pascale Delogne, de la Cellule Développement Durable.

Quel a été le facteur déclenchant pour entamer une politique d’achats durables ?
Tout est parti de la réflexion sur le fait que la Province donnait des conseils en matière de développement durable à différents acteurs (communes, écoles, associations, citoyens) sans pour autant elle-même montrer le bon exemple. On est en effet plus crédible et plus à l’aise quand on applique les conseils que l’on donne ! La présence d’une éco-conseillère, ainsi que l’existence d’une Cellule Développement Durable, ont également aidé à faire mûrir cette réflexion et grandement facilité le processus de mise en place d’une politique d’achats durables.

Comment vous y êtes-vous pris ?
Pour formaliser la politique d’achats durables au sein de la Province, un passage par le Collège s’imposait. Mais avant d’y arriver, il a d’abord fallu réfléchir à une méthodologie qui permette de durabiliser la démarche et d’inclure un maximum de personnes. La mise en place d’un Comité de pilotage et d’un groupe « EcoTeam » a logiquement découlé de cette réflexion. Il s’agissait, pour nous, de deux éléments clés de cette méthodologie. En faisaient également partie : l’état des lieux des achats effectués, l’analyse des besoins et l’organisation de séances d’information et de sensibilisation. Fin 2011, la Cellule Développement Durable, sous l’impulsion de la Députée provinciale en charge du développement durable, était prête à présenter un dossier au Collège, qui l’a rapidement accepté.

Comment fonctionnent les achats au niveau de la Province ?
La Province de Luxembourg a décidé d’ouvrir certains marchés aux communes, intercommunales, CPAS et autres entités publiques situées sur le territoire de la Province. L’objectif est de les faire bénéficier de tarifs plus avantageux. À cette fin, le Service Provincial du Fonctionnement, qui a en charge les marchés publics, propose un site Internet reprenant les différents marchés couverts. L’électricité, le gaz naturel, le papier et le mazout de chauffage en sont quelques exemples.

Le reste des marchés (ex : véhicules, appareils électroménagers, etc.) est passé à la demande des différents services en fonction de leurs besoins, toujours par la Cellule Marchés Publics.
Une multitude d’autres achats sont faits en direct dans les commerces locaux (ex : boissons pour les réunions).

Il était donc important de travailler non seulement avec la cellule marchés publics mais également avec les différents services de la Province pour toucher toutes les personnes qui effectuent des achats et assurer une transversalité entre services.

Pourquoi avoir crée un comité de pilotage et un groupe EcoTeam ?
Ces deux groupes de travail permettent de suivre les achats et d’assurer la transversalité. Celle-ci est essentielle dans la mesure où les agents sont dispersés dans 35 services différents, répartis sur 90 bâtiments. Ceci dit, ces deux groupes ont leurs spécificités.

Le Comité de pilotage décide des grandes lignes prises par la politique d’achats durables. Il est constitué de trois personnes de la Cellule Marchés Publics, de deux personnes de la Cellule Développement Durable, d’une personne du SIPP et d’une personne du Service Prévention Santé. Il se réunit de trois à quatre fois par an pour discuter des marchés à passer, faire un état de la situation, organiser des formations de sensibilisation, etc. Des intervenants extérieurs à la Province sont également invités à venir alimenter le débat ou donner de l’information de fond. Le Comité de pilotage doit normalement être consulté pour la rédaction de clauses environnementale, sociales et éthiques dans tous les cahiers des charges. Dans la pratique, on constate que ce n’est pas toujours le cas par manque de temps, de transversalité... Mais les choses bougent, les pratiques de travail se formalisent et chacun doit prendre ou adopter de nouvelles habitudes !

Le groupe « EcoTeam » est constitué de 35 personnes représentant les différents services de la Province. Ces personnes sont généralement responsables des achats au sein de leur service. Le groupe est régulièrement invité par le Comité de pilotage à des séances d’information pour se former, pour échanger ses propres pratiques mais également pour pouvoir ensuite jouer un rôle de sensibilisation auprès des collègues. C’est aussi à partir du groupe EcoTeam que l’état des lieux des achats a été organisé. Chaque participant du groupe a été invité à remplir, pour son service, un questionnaire reprenant des questions sur le montant alloué aux achats, l’analyse des besoins avant achat, l’intégration (ou pas) de critères environnementaux, etc.

Travaillez-vous sur toutes les thématiques ?
Non. Un des facteurs de réussite du passage à une politique achats durables étant la théorie des petits pas, nous avons décidé de focaliser notre travail sur quatre thématiques prioritaires. Celles-ci sont ressorties du résultat de l’enquête sur l’état des lieux faite au niveau de l’EcoTeam. Les quatre thématiques sur lesquelles nous avons décidé de faire un travail plus approfondi sont le papier, les produits d’entretien, les produits de réception et le recyclage. La thématique du recyclage a été choisie car certains employés sont conscients du fait qu’il est possible de « rationaliser » les achats en donnant une seconde vie à des fournitures (de bureau par ex.). Nous avons parallèlement fait un travail plus approfondi (formation, accompagnement) sur le thème de l’alimentation, cette fois, avec les cuisiniers de nos collectivités (voir plus bas).

Au niveau pratique, comment vous organisez-vous ?
Si on prend l’exemple du papier, qui a été une des premières thématiques traitées, les choses se sont organisées par étapes.

Au niveau du contenu du cahier des charges, la Cellule Marchés Publics l’a transmis au Comité de Pilotage afin qu’il se prononce sur les critères. Celui-ci a obtenu l’intégration, pour certains lots, de critères pour l’achat de papier recyclé et, pour d’autres lots, des critères pour l’achat de papier provenant de forêts gérées durablement. Les services peuvent faire le choix de papier recyclé ou non. La Province est en effet partie du principe qu’il fallait laisser le choix aux employés et ne rien imposer.

Au niveau de la sensibilisation/de l’information, une séance d’information à l’usage rationnel du papier a été organisée à l’attention du groupe EcoTeam, en plus d’une sensibilisation au choix de papier recyclé au moment de la commande.

Au niveau infrastructure, les imprimantes ont été configurées par défaut pour des impressions en recto-verso et noir et blanc afin de limiter les impressions couleurs. Nous avons également entamé une réflexion sur la dématérialisation de certains documents (ex : les fiches de paie) mais la mise en place demande du temps et l’acceptation par une partie du personnel.

Notre faiblesse est pour l’instant, et par manque de temps, de ne pas nous baser sur des indicateurs objectifs et chiffrés. Au niveau du papier, nous avions par exemple fixé un objectif de diminution de la consommation de 20% mais nous ne sommes pas en mesure de vérifier si ce qui a été mis en place a effectivement porté ses fruits…

Si on prend l’exemple de l’alimentation, c’est un tout autre travail qui a été mené et un suivi plus important qui a été nécessaire. En effet, il ne suffit pas de remplacer les produits conventionnels par des produits biologiques, locaux, de saison... L'alimentation durable nécessite un changement dans le mode de préparation des aliments, la conception des menus, la gestion du gaspillage, etc.

On a donc d’abord fait un état des lieux au sein de chaque institution pour évaluer les besoins et les motivations. Ensuite, un accompagnement par l’asbl Bioforum a été proposé au personnel de cuisine (groupe de 23 personnes). Celui-ci a été formé aux principes de l'alimentation durable (sélection des fournisseurs, travail avec des produits frais non transformés, plats végétariens, etc.). C’est au total six services provinciaux qui ont été concernés.

Pour l’achat de denrées alimentaires, on est passé d’un fournisseur unique pour les 6 institutions à des fournisseurs par institution. Ceci nous permet d’avoir accès à des fournisseurs locaux, de qualité et bio pour certains. Pour certains types de fournitures, il s’agit de petits montants, ce qui permet de passer par des bons de commande et donc de recourir à plus de produits locaux en respectant la législation sur les marchés publics.

Comme vous pouvez le constater, l’approche doit être adaptée en fonction des thématiques. C’est donc un travail de longue haleine mais qui permet d’aboutir à une meilleure formalisation des choses et une richesse de par la ransversalité qui se met en place. Ce n’est pas tous les jours facile et on aimerait parfois que ça aille plus vite mais dans tous les cas c’est très porteur !

Contact: Marie-Pascale Delogne, Cellule Développement Durable de la Province de Luxembourg, 063/212 431, mp.delogne@province.luxembourg.be

         
       
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22, 30 septembre et 6 octobre : Clés pour comprendre les marchés publics
Cette formation donne un aperçu global et complet de la réglementation et fournit les connaissances indispensables à la bonne compréhension de la loi sur les marchés publics. Les nouveautés apportées récemment à la réglementation seront bien sûr examinées. Pour participer à cette formation de base, il est demandé d’avoir au minimum une connaissance de la terminologie des marchés publics.

Tarif : 395 € (Membre UVCW), 545 € (autre)
Lieu: Wierde
Durée: 3 jours
Plus d’information.

22 septembre : Bourse aux fournisseurs durables
Vu le succès rencontré lors de la première bourse aux fournisseurs organisée l’année dernière, Bruxelles Environnement réitère l’expérience et propose aux acheteurs bruxellois de participer à une matinée de rencontres et d’échanges avec plusieurs fournisseurs durables en vêtements de travail/promotionnels et en catering. L’occasion de leur poser des questions, de voir ou goûter des produits, de découvrir les critères à intégrer dans un cahier des charges, etc.

Tarif : gratuit
Lieu : Bruxelles
Renseignements et inscription.

         
       
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écoconso, rue Nanon 98 à 5000 Namur
Tél 081 730 730 | Fax 081 390 790
Web : www.ecoconso.be / E-mail : info@ecoconso.be
n° de compte : 068-2168210-93


Editeur responsable : Jean-François Rixen - jfrixen@ecoconso.be
Secrétaire de rédaction : Catherine Maréchal - cmarechal@ecoconso.be


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