Petit Hérisson
24/02/2006, 17h00
Voici un article du Soir en ligne que je reproduit car ça à l'air assez important :
"Le bois-énergie, une erreur ?
ÉRIC BURGRAFF
jeudi 23 février 2006, 02:00
imprimer cet article | envoyer cet article DU Bois pour remplacer le mazout ? Pour Francis Dupont, ce n'est ni écologiquement ni économiquement intéressant.
Tenneville, Etalle, Paliseul, Gedinne... on ne compte plus les communes candidates à l'installation d'un projet « Bois-énergie » sur leur territoire. En deux mots, il s'agit de valoriser les sous-produits de la forêt pour le chauffage de bâtiments publics. Une belle idée sur laquelle sautent nombre de mandataires en ces temps où le mazout atteint des sommets. Vraiment ? Francis Dupont, économiste de formation, ancien directeur de Valbois (un parastatal provincial chargé de la promotion des ressources naturelles), crie « casse-cou ». Explications... dans le seul but de susciter le débat.
1« Brûler du bois augmente l'effet de serre. » « Une forêt, c'est un puits de carbone, elle stocke des millions de tonnes de CO2, explique l'ancien patron de Valbois. En prolongeant la vie de l'arbre (meubles, construction...), on en prolonge le stockage. Par ailleurs, le bois mort libère lentement son CO2, mais, si on le brûle, on libère d'un coup un stock vieux de plusieurs décennies, voire de plusieurs siècles. Lorsqu'on ne peut rien faire du bois, on peut bien entendu l'utiliser sous forme de combustible, mais il est beaucoup trop simple de considérer que parce que le CO2 est venu de l'atmosphère, on peut le libérer d'un coup en le brûlant. »
2« Le vrai déchet peut être brûlé. » S'il conteste certains projets communaux, Francis Dupont accorde par contre une « palme » au dossier des paletteries François (Latour). « Ils vont brûler de vrais déchets de bois puisqu'il s'agit du bois récolté dans les parcs à conteneurs d'Idélux : les plaquettes issues du broyage seront transformées en énergie thermique et électrique. C'est un projet exemplaire parce qu'il n'utilise que des déchets et que tout se fait en interne avec un coût minimum. »
3« On ne fabriquera plus de pellets lorsque le mazout baissera ! » Contrairement à une idée répandue, le pellet de bois n'est pas neuf. Après le premier choc pétrolier, l'ASBL Valbois, alors dirigée par Francis Dupont, a encouragé la création d'une société fabriquant des pellets et des bûches reconstituées (Covalux, à Saint-Hubert). « Dès que le mazout a chuté, l'entreprise a perdu sa rentabilité ! Je l'affirme : à l'époque, Valbois s'est trompé ! Il faut 3 kilos de pellets (et non 2 comme certains l'annoncent) pour avoir l'équivalent d'un litre de fioul. Dès que le prix de revient sera supérieur à celui du mazout, les fabricants de pellets cesseront de produire. Et ceux qui ont investi dans une chaudière de ce type en seront pour leurs frais ! »
4« Que vont brûler les communes ? » Objectif du plan « bois-énergie » : valoriser les sous-produits de la forêt tels que les branches laissées par les producteurs de bois de chauffage ou les premières éclaircies. « Il ne faut pas s'y méprendre, la tâche sera lourde. Aussi, je crains que les pouvoirs publics ne soient tentés par des bois plus faciles à mettre en oeuvre. Et puis, il faut tenir compte des coûts de récolte : tant qu'elles seront soutenues par des subventions (la remise au travail de chômeurs est intéressante), ça tient la route. Dans le cas contraire, ça deviendra intenable. »
5« Le nouveau combustible de la Région : les subsides. » « La Région wallonne va prendre en charge 80 % des projets communaux. Je constate que l'amortissement de ce subside est loin d'être couvert par le bénéfice annuel espéré. Ce qui fait dire à certains, avec un brin d'humour, que la Région brûle les subsides ! » Reste une question : quand le matériel sera amorti, y aura-t-il des subventions pour le renouveler ? « Si la réponse est non, ces projets ne seront plus viables ! Le bois n'est un combustible du futur, c'est un combustible du passé ! Je lance un appel aux scientifiques, aux écologistes, aux professionnels du secteur pour qu'ils se mouillent. Il faut arrêter d'envoyer les gens sur de fausses pistes. »
Plus d'infos dans la revue Nature éthique de février 2006. Tél. 061.61.33.92.
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Voilà, vous en pensez quoi
"Le bois-énergie, une erreur ?
ÉRIC BURGRAFF
jeudi 23 février 2006, 02:00
imprimer cet article | envoyer cet article DU Bois pour remplacer le mazout ? Pour Francis Dupont, ce n'est ni écologiquement ni économiquement intéressant.
Tenneville, Etalle, Paliseul, Gedinne... on ne compte plus les communes candidates à l'installation d'un projet « Bois-énergie » sur leur territoire. En deux mots, il s'agit de valoriser les sous-produits de la forêt pour le chauffage de bâtiments publics. Une belle idée sur laquelle sautent nombre de mandataires en ces temps où le mazout atteint des sommets. Vraiment ? Francis Dupont, économiste de formation, ancien directeur de Valbois (un parastatal provincial chargé de la promotion des ressources naturelles), crie « casse-cou ». Explications... dans le seul but de susciter le débat.
1« Brûler du bois augmente l'effet de serre. » « Une forêt, c'est un puits de carbone, elle stocke des millions de tonnes de CO2, explique l'ancien patron de Valbois. En prolongeant la vie de l'arbre (meubles, construction...), on en prolonge le stockage. Par ailleurs, le bois mort libère lentement son CO2, mais, si on le brûle, on libère d'un coup un stock vieux de plusieurs décennies, voire de plusieurs siècles. Lorsqu'on ne peut rien faire du bois, on peut bien entendu l'utiliser sous forme de combustible, mais il est beaucoup trop simple de considérer que parce que le CO2 est venu de l'atmosphère, on peut le libérer d'un coup en le brûlant. »
2« Le vrai déchet peut être brûlé. » S'il conteste certains projets communaux, Francis Dupont accorde par contre une « palme » au dossier des paletteries François (Latour). « Ils vont brûler de vrais déchets de bois puisqu'il s'agit du bois récolté dans les parcs à conteneurs d'Idélux : les plaquettes issues du broyage seront transformées en énergie thermique et électrique. C'est un projet exemplaire parce qu'il n'utilise que des déchets et que tout se fait en interne avec un coût minimum. »
3« On ne fabriquera plus de pellets lorsque le mazout baissera ! » Contrairement à une idée répandue, le pellet de bois n'est pas neuf. Après le premier choc pétrolier, l'ASBL Valbois, alors dirigée par Francis Dupont, a encouragé la création d'une société fabriquant des pellets et des bûches reconstituées (Covalux, à Saint-Hubert). « Dès que le mazout a chuté, l'entreprise a perdu sa rentabilité ! Je l'affirme : à l'époque, Valbois s'est trompé ! Il faut 3 kilos de pellets (et non 2 comme certains l'annoncent) pour avoir l'équivalent d'un litre de fioul. Dès que le prix de revient sera supérieur à celui du mazout, les fabricants de pellets cesseront de produire. Et ceux qui ont investi dans une chaudière de ce type en seront pour leurs frais ! »
4« Que vont brûler les communes ? » Objectif du plan « bois-énergie » : valoriser les sous-produits de la forêt tels que les branches laissées par les producteurs de bois de chauffage ou les premières éclaircies. « Il ne faut pas s'y méprendre, la tâche sera lourde. Aussi, je crains que les pouvoirs publics ne soient tentés par des bois plus faciles à mettre en oeuvre. Et puis, il faut tenir compte des coûts de récolte : tant qu'elles seront soutenues par des subventions (la remise au travail de chômeurs est intéressante), ça tient la route. Dans le cas contraire, ça deviendra intenable. »
5« Le nouveau combustible de la Région : les subsides. » « La Région wallonne va prendre en charge 80 % des projets communaux. Je constate que l'amortissement de ce subside est loin d'être couvert par le bénéfice annuel espéré. Ce qui fait dire à certains, avec un brin d'humour, que la Région brûle les subsides ! » Reste une question : quand le matériel sera amorti, y aura-t-il des subventions pour le renouveler ? « Si la réponse est non, ces projets ne seront plus viables ! Le bois n'est un combustible du futur, c'est un combustible du passé ! Je lance un appel aux scientifiques, aux écologistes, aux professionnels du secteur pour qu'ils se mouillent. Il faut arrêter d'envoyer les gens sur de fausses pistes. »
Plus d'infos dans la revue Nature éthique de février 2006. Tél. 061.61.33.92.
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Voilà, vous en pensez quoi