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Energie Les distributeurs d’électricité facturent une surcharge Le basculement s’est opéré à l’entrée de l’automne. De manière quasiment anodine. Dans quelques factures électriques.
Le premier octobre dernier sont entrés en vigueur les tarifs de distribution d’électricité de la plupart des gestionnaires de réseau wallons basse tension. Soit l’un des postes importants de la facture de courant – les autres étant l’électricité proprement dite, le transport par ligne haute tension et les taxes diverses. Le basculement tenait en une ligne. Une nouvelle ligne sur ces factures déjà complexes. Un coût supplémentaire. Ciblé. N’en ont hérité que les clients qui injectent de l’énergie sur le réseau. Et non l’immense majorité des utilisateurs qui ne font que puiser du courant des fils qui aboutissent dans leurs demeures et alimentent ampoules, réfrigérateurs, machines à laver et autre four à micro-ondes. Le basculement les touche cependant aussi. Jusque voici deux décennies, le réseau basse tension voyait l’énergie essentiellement circuler dans un sens, le système électrique fonctionnant sur une base centralisée : une centrale électrique produit le courant qui emprunte des lignes haute tension alimentant une nuée de réseaux basse tension auxquels sont connectés les clients finaux. Les sources d’énergie renouvelable ont bousculé ce schéma. Les éoliennes, les panneaux solaires, la production par biomasse sont venus se greffer aux réseaux basse tension. Autrement dit, l’énergie n’arrivait plus seulement par le canal de la haute tension mais de toutes parts. Les panneaux photovoltaïques ont même transformé le particulier en microproducteur. Bref, la production s’est décentralisée. Conséquences : les gestionnaires de réseau doivent adapter leurs infrastructures afin qu’elles puissent absorber et l’électricité devant répondre à la demande des clients, et l’électricité injectée par lesdits clients (panneaux solaires, biomasse). Une adaptation qui a un coût. Absorbé jusqu’au premier octobre dernier par l’ensemble des clients. « Le rôle d’un gestionnaire de réseau est d’assurer l’acheminement de l’électricité de manière constante en imputant à chacun les coûts qu’il occasionne », explique Ferdinand de Lichtervelde, secrétaire général de Synergrid, la fédération des gestionnaires de réseaux d’électricité et de gaz en Belgique. « L’injection d’énergie change cette donne. Un client qui a des panneaux solaires produit de l’énergie et l’injecte sur le réseau ; mais lorsque ses panneaux ne produisent pas, il puise de l’énergie sur le réseau. In fine, ce client ne paie souvent pas les frais de réseau, ce qu’il a injecté ayant fait tourner son compteur à l’envers. Mais il a employé le réseau ; il y a donc un coût qui est payé par les autres utilisateurs du réseau. » Le premier octobre 2009, la plupart des gestionnaires de réseau wallons, imitant leurs homologues flamands – Bruxelles (Sibelga) a préféré ne pas embrayer – ont décidé de facturer ces coûts d’injection. Dans un premier temps, aux gros « injecteurs ». Y échappent donc, pour l’instant, les clients résidentiels n’ayant placé que quelques panneaux sur leurs toits (moins de 10 kilovoltampères). En revanche, l’ensemble de la filière dite « verte » (éoliennes, biomasse, gros photovoltaïque) est touché. Plutôt lourdement. « Notre chiffre d’affaires avoisine les 150.000 euros par mois et nous devons payer plus de 20.000 euros pour cette nouvelle taxe », note, par exemple, un petit producteur d’énergie renouvelable. Selon Jacques Hugé, le patron d’Ores, la coupole qui réunit une majorité d’intercommunales de distribution, la surcharge d’injection oscille entre « 0,5 euro et 3,5 euros le mégawattheure ». Une surcharge qui n’est guère « appréciée » chez Edora, la fédération des producteurs d’énergie renouvelable. « Nous nous posons des questions sur la cohérence d’une telle mesure qui touche essentiellement les producteurs d’énergie renouvelable alors que nous avons des obligations européennes de produire 20 % de notre énergie par le biais du renouvelable en 2020 », estime Noémie Laumont, secrétaire générale d’Edora. « De plus, c’est en contradiction avec la politique régionale qui vise justement à pousser le vert ». Les tarifs et la surcharge « incriminée » ont été approuvés en septembre dernier par la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (Creg). Pour ce faire, le régulateur fédéral s’est appuyé sur un arrêté royal du 2 septembre 2008 pris par le ministre de l’Energie, Paul Magnette (PS). Contacté ce vendredi, le cabinet du mandataire carolorégien a précisé qu’il connaissait la problématique. « Le ministre a demandé une étude à la Creg et a demandé qu’elle envisage éventuellement une exonération pour les clients qui injectent », a précisé Marie-Isabelle Gomez, porte-parole du ministre de l’Energie. |
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lire à ce sujet la note de synthèse de la CWAPE sur les tarifs d'injection
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