L'objet inutile du mois : le Trivial pour filles et fils de pub

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Coin satirique

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Les jeux de société sont fantastiques. Du moins les jeux de société que je qualifierais de « modernes », qui ont le vent en poupe actuellement. Mais siii, voyons, ces nouveaux jeux auxquels vous avez joué chez l’un ou l’autre mordu organisant hebdomadairement une « soirée jeu » chez lui. La première fois que vous y avez participé, vous avez probablement eu un soupçon d’effroi en voyant à quel point ces jeux étaient différents des grands classiques de votre enfance.

Ces jeux ont ceci d’extraordinaire qu’ils nous sortent de nos pantoufles intellectuelles (qui a dit télévisuelles ?) en nous invitant à nous divertir en compagnie de nos semblables autour d’une activité pouvant nous amener à coopérer, penser, découvrir, réfléchir, rire, voire élaborer des stratégies (parfois un brin vicieuses, il faut bien l’admettre).

Bref, nous sortions petit à petit de la grande ère du Monopoly, cet outil du Grand Capital babylonien tentant sournoisement de nous convertir aux bienfaits des rentes immobilières, ou de celle du Trivial Pursuit, dont l’immense intérêt est de nous aider à mieux connaître la dynastie complète de tous les hommes politiques français depuis l’instauration de la Première République, ou encore les noms de tous les joueurs de l’équipe (de France) de handball des JO de 72’ (la version francophone étant la version française, ceci expliquant aussi cela).

Et patatras, voici que nous tombons sur quoi ? Sur un jeu de société façon Trivial mais avec un égocentrisme commercial effarant puisqu’il est basé sur... les logos et les marques !
Le fonctionnement est tout simple. On vous pose des questions et vous y répondez. Il faut par exemple retrouver une marque en voyant un morceau de logo. Ou associer un visuel avec une marque. Des questions culturelles quoi, ancrées dans les valeurs fondamentales d’une société plus juste et plus humaine.

Oh oui certes, bien sûr on n’est pas là devant une grande entreprise de destruction massive de conscience. Quand même. On a beau être matraqués d’images et de slogans de manière plus ou moins subtile à longueur de temps, on est aussi de plus en plus conscients de la chose et souvent pas dupes (encore que parfois, on se demande).

Mais sincèrement, ériger les marques en sujet de jeu, il y a de quoi déprimer, non ? C’est pas pire que la fin du monde ou la progression inéluctable du CO2 dans l’atmosphère, ça ?

Non, peut-être pas.

Sur ce, bonne fin d’année à toutes et tous, quand même :-)

 

Merci à Cécile de nous avoir dégoté cette merveille ;-)

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