Don qui choque

Les bons sentiments peuvent-ils remplacer les bonnes politiques ?

Sur BizBizBoumBoum, le nouveau site de crowdfunding solidaire, on apprend que moyennant 10 euros de participation pour soutenir la Culture en Prime Time sur la RTBF, on recevra une photo dédicacée de l'équipe. Contre 100 euros, un dîner en tête-à-tête avec son animateur préféré. Contre 500 euros, on assistera aux réunions de programmation. Pour 1000 euros, on siégera au CA pendant 1 an. Grâce à notre aide, la RTBF pourra remplir pleinement ses missions de service public. Fiction ou réalité ?

Avec le développement du crowdfunding, l'asbl GSARA se pose des questions.

Si le financement participatif offre de formidables opportunités, représente-t-il un élan démocratique où le citoyen finance et possède un droit de regard sur les projets à soutenir ou au contraire, une dictature du nombre et un risque de voir défavoriser la diversité et des projets moins vendeurs ? Faut-il remplacer l'impôt par des dons, librement consentis et à la carte, à la collectivité ? Dans le contexte de politiques de rigueur et d'austérité, n'assistons-nous pas à un transfert progressif de la responsabilité publique sur le dos de donateurs ? Le « civic crowdfunding » est-il un moyen de trouver des recettes complémentaires aux aides en diminution ou sert-il à dédouaner les États de leurs responsabilités ? Les contribuables pourraient vouloir à terme décider de la gestion de leurs contributions au bien commun et préférer des dons aux impôts. Est-il à craindre qu'une charité structurelle et autosuffisante remplace un jour l’idée d’une redistribution sociale par l’État ?

Une campagne de sensibilisation du GSARA, en collaboration avec Acteurs des Temps Présents.