Santé : on retrouve du plastique jusque dans le sel alimentaire

On a retrouvé du plastique dans le sel alimentaire utilisé en cuisine, après les analyses de plusieurs marques de sels marins. Quels sont les risques pour la santé ?

Le plastique arrive jusque dans nos assiettes… par le sel alimentaire. On a retrouvé des particules de plastique dans le sel de mer : 15 sels marins vendus en Belgique contiennent entre jusqu’à 800 microparticules (entre 0 ,05 et 6,7mm) de plastique par kilo, d’après des analyses[1].

Les sels industriels en contiennent très peu en moyenne : 18 microparticules par kilo. Les sels artisanaux, comme la fleur de sel, ont les résultats les plus variables : ils peuvent ne aucune particule comme ils peuvent en contenir jusqu’à 130.

Mêmes conclusions d’une autre étude franco-anglo-maleysienne : sur 17 sels marins analysés, 16 contenaient de 1 à 10 particules (éléments plus gros que 0,15 mm) de plastique par kilo. Ces 17 marques de sel marin sont originaires de 8 pays différents dans le monde (dont la France et le Portugal). C’est très peu : les chercheurs ont estimé que cela revient à manger 37 particules de plastique par an pour une personne.

Quels risques pour la santé ?

Selon eux, ces particules ne présenteraient qu’un risque négligeable pour la santé. Mais ils reconnaissent également le manque d’analyses sur le sujet, notamment pour les particules plus petites que 0,15mm.

Les microplastiques ne sont pas de simples impuretés inertes[2] : ils contiennent des composés toxiques (plastifiants, colorants…) et absorbent les polluants présents dans l’eau. Or, aucune norme (européenne) spécifique n’existe encore pour limiter les résidus de plastique dans les aliments.

Que peut-on faire ? 

On pourrait ne plus consommer de sel marin. Difficile et sans pouvoir affirmer qu’il n’y a pas d’autres types d’impuretés dans le sel venant de mines de sel (sel « terrestre »). On pourrait également ne consommer que les marques de sel qui ont montré patte blanche lors des analyses. Mais sans garantie que les résultats seront les mêmes à l’avenir.

La meilleure chose à faire est de réduire sa consommation de plastique, tout en faisant particulièrement attention à ne pas jeter n’importe où les plastiques que l’on utilise.

Les déchets de plastique sont les premiers prédateurs des océans, d’après un rapport de Surfrider Foundation Europe. Ils représenteraient 80% des déchets retrouvés sur les plages européennes. Il est donc logique qu’on retrouve aussi du plastique dans… le sel de cuisine, comme le montre ces deux nouvelles études.

Alors n’attendons pas d’être poivre et sel pour agir ;-)

Plus d’infos dans notre campagne « le plastique, c’est pas automatique ».

 

[2] Les microplastiques sont des impuretés dans les aliments. Une norme qui encadre la présence d’impuretés. Les sels analysés en Belgique ne dépassent pas cette norme.

 

Mots-clés :