Les astuces naturelles pour lutter contre les limaces au jardin

Astuces naturelles pour lutter contre les limaces
Astuces naturelles pour lutter contre les limaces

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On peut lutter contre les limaces au jardin de manière naturelle. La bière, les barrières ou les végétaux répulsifs sont très efficaces.

Les limaces sont des décomposeurs utiles dans la nature. Mais ils causent des dégâts dans le potager. On peut les éviter ou s’en débarrasser de manière efficace et écologique.

Éviter l’apparition des limaces 

Pour tenir les limaces loin des plantations, il faut miser sur la prévention :

  • Attirer leurs prédateurs naturels : les carabes, hérissons, taupes, crapauds, oiseaux… On leur fournit des abris, avec des zones sauvages au jardin (un tas de pierres ou de bûches, une haie…) ou l’installation de nichoirs.
     
  • Planter des végétaux répulsifs sur les bords du potager. La moutarde, le trèfle, les tagettes ou le cassis protègent les cultures sensibles (salade, chou-fleur…) feront office de barrières naturelles.
     
  • Éloigner les végétaux en décomposition du potager. Les plantes fanées ou pourries attirent les limaces. Idem pour le compost. Mieux vaut les placer loin du potager, là où les limaces n’ennuient personne.
     
  • Arroser peu souvent mais abondamment. Les limaces recherchent l’humidité. On répand l’eau de façon ciblée, d’un coup, au pied des plantes uniquement.
     
  • Éviter le paillage épais (ou mulch) pour les cultures sensibles aux limaces, surtout quand le climat est fort humide. Le paillage fournit aux limaces un abri agréable proche des cultures.
     
  • Travailler la terre. Une structure fine empêche les limaces de se réfugier dans les crevasses et les fissures du sol. Attention, on ne retourne pas tout le sol mais on procède à un binage léger et on ramène la terre sous forme de butte au pied des plantes, c’est le « buttage ». Cela perturbe les pontes et limite les populations de limaces.

Comment se débarrasser des limaces ?

L’invasion de limaces a commencé ? Pour les faire fuir, on préfère les solutions écologiques.

Privilégier les solutions écologiques

Plusieurs solutions existent pour se défaire des mollusques. On peut les éliminer, les décourager ou les capturer :

  • Barrières anti-limaces. On en trouve dans toutes les matières. Certaines ont un bord recourbé qui empêche les limaces de passer. D’autres forment un grillage. Attention aux branches et aux herbes qui passent par-dessus les protections.
     
  • Protéger les plantules. Pour les plantes à peine sorties de terre qui sont très vulnérables, on peut fabriquer une petite cloche protectrice : on coupe une bouteille en plastique en deux et on place la moitié supérieure sur une pousse, goulot vers le haut pour permettre une arrivée d’air.
     
  • Assécher les voies d’accès aux cultures. Au début de l’été, les limaces sont très voraces. Il faut donc les décourager. On peut encercler ses plants avec des matières déshydratantes : de la cendre de bois, de la sciure, des aiguilles de pin ou des coquilles d’œufs finement broyées. Sans mucus, impossible pour elles de se déplacer. À renouveler régulièrement par temps humide ou pluvieux.
     
  • Créer de faux abris. Les limaces sortent la nuit. Le jour, elles cherchent un abri sombre et humide. On peut leur créer des lieux de repos artificiels : planches, pots renversés… On y place des déchets végétaux ou du son de seigle pour les attirer. Il suffit ensuite de cueillir les limaces tôt le matin ou tard le soir. Pour s’en débarrasser, on les relâche loin du jardin, dans les bois par exemple.
     
  • La bière pour les piéger. On attire les limaces avec un récipient rempli de bière. Il faut relever le piège et changer la bière tous les jours. Pour éviter que les insectes utiles ou les hérissons viennent boire un petit coup, il suffit de placer un couvercle percé sur le piège. Des dispositifs permettent aussi de leur éviter la noyade. Ce piège est si puissant qu’il risque d’attirer les limaces du voisin… à moins de placer le piège chez lui.
     
  • Préparations « maison » :
    • Le purin de fougères est un molluscicide. On le prépare en couvrant 1kg de fougères hachées avec 10 litres d’eau froide. On remue ensuite le mélange une fois par jour, jusqu’à ce qu’il ne dégage plus de bulles (après 8 à 20 jours). On filtre alors le purin et on le pulvérise sur le sol.
    • La décoction de rhubarbe éloigne les limaces. On mélange 1 kg de feuilles de rhubarbe avec 10 litres d’eau. Après 24 heures de macération, on porte le tout à ébullition et on laisse mijoter 20 minutes. Une fois froid, on filtre la décoction. Pour l’utiliser, on la dilue dans 5 volumes d’eau et on asperge autour des plantes sensibles.
    • Le purin de limaces est simple à réaliser… tant qu’on a l’estomac bien accroché. L’odeur est abominable. On jette une dizaine de limaces par litre d’eau bouillante et on laisse reposer le mélange une dizaine de jours, jusqu’à ce que les limaces soient décomposées. On déverse alors le purin sur le sol autour des plantes, sans toucher les végétaux.

Le compromis : les produits peu toxiques

Certains produits contre les limaces sont peu toxiques. Leur impact sur l’environnement est faible. Mais pas nul. Si on les utilise, bien lire l’étiquette et respecter les consignes d’utilisation à la lettre.

  • Les vers chasseurs de limaces. Le phasmarhabditis hermaphrodita est un ver microscopique. On répand ces nématodes sur le sol humide, où ils vont chercher leur proie. Ils s’introduisent dans la limace et l’empêchent de s’alimenter. C’est la lutte biologique. On les utilise de façon curative dès que la température atteint 5°C. Ils agissent environ 2 mois. Le coût est assez élevé.
  • Des granulés à base de phosphate de fer. Ce produit efficace est faiblement toxique. Les limaces qui s’en nourrissent arrêtent de s’alimenter et meurent. L’idéal est de placer les granulés lors du semis, avant la levée.

Éviter les produits conventionnels

On trouve des pesticides contre les limaces dans les commerces : sous forme de poudre, de son, de granulés ou de liquide à vaporiser.

La plupart des produits conventionnels sont polluants, même bien utilisés. Ils sont aussi toxiques pour beaucoup d’organismes. Par exemple, le carbamate s’attaque au système nerveux des mollusques. Mais il est aussi toxique pour les coccinelles, les vers de terre, les oiseaux et la faune aquatique.

Attention à l’usage du métaldéhyde. Ce produit était autorisé en agriculture biologique jusqu’en 2006. Il y est maintenant interdit. Il est toxique pour les animaux à sang chaud. Son action est très forte. Il tue les limaces mais aussi les grenouilles, les hérissons, les chiens, les chats... On évite donc d’en utiliser un vieux stock qui trainerait au fond de la remise.

Il y a limace et limace

Toutes les limaces ne sont pas des ennemies. Il y en a 3 plus gourmandes qu’on cherche à éloigner du potager, particulièrement quand on a des plantations sensibles et encore jeunes :

Grosse limace rouge, peu nuisible au potager Limace horticole, consomme les parties aériennes et les racines des plantes Petite limace grise, qui s'attaque à toute végétation
La grosse limace rouge (Arion rufus)
peut mesurer plus de 10 cm mais n’est pas la plus vorace, même si c’est elle qu’on voit le plus. 
Photo: Thomas Graser, sur Wikimedia.

La limace horticole (Arion hortensis),
de 3 à 4 cm et de couleur gris à noir, consomme les parties aériennes des plantes comme les racines.
Photo: Aiwok, sur Wikimedia.

La petite limace grise ou loche (Deroceras reticulatm) mesure de 3 à 5 cm et est de couleur jaunâtre à gris. Elle s’attaque à toute végétation.
Photo: AfroBrazilian, sur Wikimedia.

La limace tigrée délaisse le potager
Par contre, l’élégante limace tigrée (Limax maximus) une alliée des jardiniers. Elle se fiche des plantes du potager. Elle ne mange que les plantes en décomposition (dans le compost). Et elle dévore ses congénères baveuses. L’éliminer serait dommage..
 

En savoir plus :

Sources :

  • Trédoulat T., 2011, « Le traité Rustica du jardinage avec la lune », éd. Rustica.
  • Thorez J.-P., 2008, « Pucerons, mildiou, limaces… Prévenir, identifier, soigner bio », éd. terre vivante.
  • Delvaux C. et Le Maux F., 2013, « Le Carnet potager », éd. De Noyelles.
  • Bruns S. et Stammer J., 1996, « Conseils de jardinage de grand-père ».
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Voir aussi