Comment traiter et entretenir le bois à l’huile de lin ?

Traitement écologique du bois avec de l'huile de lin
Traitement écologique du bois avec de l'huile de lin

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Auteurs : 

Jean-François Rixen

On peut traiter le bois de manière naturelle. Utiliser l’huile de lin et la cire d’abeille permet un entretien facile et efficace.

Il faut nourrir et protéger ses meubles en bois pour qu’ils gardent leur splendeur. On peut utiliser de l’huile de lin et de la cire d’abeille. Ces sont deux produits naturels permettent un entretien facile, économique et sain.

Sommaire :

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Traiter les meubles à l’huile de lin

Quelle huile de lin choisir ? 

Pour fabriquer un propre produit de traitement du bois, on utilise :

  • soit de l’huile de lin « crue ». Cette huile ne subit aucun traitement thermique. Elle sèche et pénètre bien et offre une protection résistante. Son défaut : elle fait jaunir le bois, surtout aux endroits peu lumineux.
  • soit de l’huile de lin « cuite ».  L’huile de lin est cuite et additionnée d’un siccatif, ce qui va lui permettre de sécher plus rapidement.
  • ou on combine les deux pour profiter des avantages de l’une et de l’autre : 
    • une première couche d’huile crue qui pénètre rapidement ;
    • une deuxième couche d’huile cuite, qui sèche plus lentement en profondeur, mais durcit mieux.  

Ces huiles de lin sont disponibles dans les drogueries ou des magasins de bricolage.

Attention, l’huile de lin fait foncer le bois. Pour garder un ton plus clair, il faut ajouter un pigment blanc mais l’effet sera un peu cérusé. Mieux vaut faire un essai préalable.

Si on préfère opter pour un mélange prêt à l'emploi du commerce, ceux à base d’huile de lin peuvent aussi contenir d’autres huiles, comme celle de ricin ou de soja, ainsi que d'autres composants. On trouve aussi de la « standolie », une huile siccative (qui durcit en sèchant) qui a subi un traitement thermique. Ici, l’huile de lin crue a été chauffée à 280°C. Ce traitement élimine le problème du jaunissement. La standolie donnera néanmoins une teinte dorée et foncée au bois. Elle est plus résistante mais aussi plus chère. Elle pénètre plus difficilement, sèche vite au toucher mais plus lentement en profondeur.

Avant le traitement à l’huile de lin

  1. Travailler dans des pièces bien aérées.
  2. Dégraisser le bois au savon de Marseille ou avec une solution de 2 poignées de cristaux de soude dilués dans un seau d’eau chaude (attention à porter des gants car les cristaux sont mordants). Nettoyer ensuite à l’eau claire et bien laisser sécher.
  3. Poncer dans le sens du bois. Pour un bois non traité ou non peint auparavant, un papier au grain 100 ou 120 peut suffire. Le ponçage permet d’estomper les petits défauts et ouvre les pores du bois. Ensuite, on dépoussière soigneusement à sec, de préférence à l’aspirateur. Le ponçage est une étape poussiéreuse mais indispensable. On prend soin de porter un masque pour se protéger.

Comment procéder ?

  1. Mélanger à parts égales de l’huile de lin et un solvant, comme de l'essence de térébenthine. Quelques précisions utiles : 
  • Un litre de mélange devrait permettre de couvrir environ 10m2.
  • L’essence de térébenthine est « naturelle » car c'est un solvant issu de la distillation de térébenthine, provenant de la résine de pin. Cependant :
    • il faut l’utiliser avec précaution : on porte des gants et on aère la pièce ;
    • elle émet des COV (Composés Organiques Volatils) tout comme un solvant synthétique.
  • L’essence de térébenthine se trouve facilement dans les magasins de bricolage.
  1. Étaler le mélange au pinceau ou à la brosse dans le sens du bois et éviter de s’arrêter à un endroit où on pourra voir les traces de reprise.
     
  2. Travailler en fines couches. Tiédir un peu l’huile au bain marie la rend plus fluide et le travail plus facile. Deux couches minces donneront un résultat plus durable qu’une seule couche épaisse.
     
  3. Essuyer les excédents d’huile après 1/2 heure à 1 heure avec un chiffon qui ne peluche pas ou de la mèche de coton.
     
  4. Laisser sécher 24 heures entre les couches. La durée de séchage sera bien sûr influencée par la porosité du bois, la température et l’humidité de la pièce. L’huile durcit par oxydation et ne doit donc pas être recouverte trop vite par une nouvelle couche.
     
  5. Égrener : quand les surfaces sont sèches, passer un papier de verre très fin (grain de 150 ou 180) sur le bois entre les couches. Les couches vont mieux adhérer entre elles et les fines aspérités seront éliminées.

L’huile nourrit le bois en profondeur et pour longtemps. Il le protège de l’eau mais pas suffisamment des salissures. Pour renforcer la protection, on peut appliquer de la cire d’abeille en finition.
 

Appliquer une finition à la cire d’abeille (facultatif)

La cire d’abeille permet de boucher les petites fissures, donne une belle finition satinée et rend l’entretien quotidien des meubles plus facile. Elle protège bien le bois mais il faut en appliquer régulièrement. On applique de préférence de la cire d’abeille sur un support qui a déjà reçu au moins une couche d’huile.

Quelle cire acheter ?

Privilégier de la cire d’abeille pure. La mention « à la cire d’abeille » sur l’étiquette peut tout simplement signifier que la cire d’abeille est un ingrédient parmi d’autres et ne garantit pas que le produit est « naturel ». La cire d’abeille est parfois additionnée d’une cire végétale (cire de carnauba, plus dure que la cire d’abeille) et de siccatifs (agents de sèchage et durcissement). La cire d’abeille est aussi parfois mélangée à de la paraffine.

Comment procéder ?

  1. Faire fondre la cire d’abeille au bain-marie dans une casserole. Couper le feu et la mélanger avec deux volumes de solvant, comme de la térébenthine, pour faire une « encaustique ». (voir précisions sur la térébenthine ci-dessus)
  2. Appliquer le mélange au chiffon. On met plutôt deux couches minces qu’une épaisse.
  3. Laisser durcir et lustrer au chiffon.
     

Après les travaux

On nettoie les pinceaux et rouleaux dans un peu de solvant et on rince dans un autre récipient avec du solvant propre. Les solvants peuvent être utilisés plusieurs fois pour ce premier nettoyage.

Attention, les linges imbibés d’huile de lin (ou de produits qui en contiennent) peuvent s’enflammer spontanément ! On les ouvre et on les laisser sécher dehors avant de les jeter ou de les ranger.

Les pots avec les restes de solvants, les chiffons imbibés, etc. sont des « petits déchets chimiques ». Donc on ne les jette pas à la poubelle mais on les porte au parc à conteneurs (recyparc) ou dans un coin vert mobile (à Bruxelles).
 

Pour entretenir le parquet

Les produits faits maison ne se prêtent pas vraiment à la protection des sols fort sollicités. Dans ces pièces, une huile dure prête à l’emploi offre une meilleure protection. Les huiles dures contiennent davantage d’ingrédients (plusieurs types d’huile, résines, pigments…) qu’une simple préparation maison.
 

En savoir plus

  • Les produits de traitement du bois, pour un détail des produits écologiques disponibles dans le commerce.
  • Comment se passer de solvants organiques ?
  • "Peintures et enduits bio : conseils, recettes de fabrication et mise en œuvre", Bruno Gouttry, éditions Terre Vivante.
  • "Peintures naturelles : guide et recettes", Jean-Claude Mengoni. Dossier paru dans La Maison Ecologique n°57, juin-juillet 2010.
  • "Entretien écologique du bois", P. Weissenfeld et H. König, La Plage éditeur.

 

Voir aussi