Focus Conso : le textile

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Auteurs : 

Sylvie Wallez

Le secteur du textile vestimentaire est régulièrement entaché de scandales écologiques et humains. Le 24 avril 2013, le Rana Plaza, immeuble qui abrite une usine textile, s'effondre au Bangladesh. Des milliers d'ouvrières y travaillaient jour et nuit pour un salaire de misère, 30 euros par mois. Bilan :1138 morts et 2000 blessés.

Devenu le symbole des dérives de la mondialisation et des exigences du secteur textile low cost, le drame du Rana Plaza met en cause les conditions de travail de la sous-traitance occidentale dans les pays pauvres pour assouvir la consommation outrancière des pays riches. Pour en savoir plus et comprendre le fonctionnement de cette machine infernale, rien de tel que le documentaire "Les Damnés du low cost" d'Anne Ginztburger et Franck Vrignon.

Deux ans ont passé depuis le drame du Rana Plaza. Le 29 avril 2015, le Parlement européen votait une résolution portant notamment sur la responsabilisation des marques et enseignes d'habillement quant à la prévention des accidents et à l'indemnisation des victimes du Rana Plaza. On ne peut que saluer cette évolution positive. Il reste cependant encore beaucoup de chemin à parcourir et nous, consommateurs, devrons y apporter notre concours. 

Dans les faits, encore trop peu de choses ont changé : conditions de travail déplorables proches de l’esclavage dans les filatures, teintureries et ateliers de confection, cultures traditionnelles polluantes, suicides des cultivateurs de coton, teintures chimiques occasionnant des problèmes de santé aux travailleurs et à ceux qui portent les vêtements, usage de fongicides, insecticides et autres conservateurs permettant de faire face au long stockage en containers, transports depuis le bout du monde pour achalander les boutiques occidentales.

Enjeux humains et environnementaux

De la production à la fin de vie, le secteur textile est source de lourds impacts :

  • environnementaux: utilisation intensive de pesticides à la production, consommation excessive d’eau douce, pollution des sols et des eaux, usage de teintures, fixateurs et autres produits (antifongiques, insecticides, etc.) polluants, émissions de gaz à effet de serre lors des transports… ;
  • sanitaires : l’usage des pesticides et produits de teinture ou de conservation, ainsi que certaines techniques de fabrication (sablage des jeans par ex.) ont des effets délétères sur la santé des travailleurs
  • sociaux : dans la majorité des cas, confection dans des pays à bas salaires où les droits fondamentaux des travailleurs ne sont pas contrôlés, respectés ou parfois même simplement garantis par la loi.

Le secteur manque cruellement d’une réglementation spécifique encadrant des productions écologiquement acceptables et garantissant des conditions de travail décentes. Certes, il existe des chartes et des codes de conduite mais leur application, non contraignante, reste marginale. La filière textile est particulièrement longue et complexe ; de la production agricole (coton, lin, etc.) à l’acheminement de vêtements empaquetés, de nombreux travailleurs de différents secteurs, voire de différents pays, interviennent à un moment ou un autre sur le vêtement fini ou ses composants en amont. Il faut parfois 100 travailleurs de 10 pays différents pour un seul jeans… Difficile dans ces conditions de légiférer efficacement.

Action

Le consommateur  dispose de nombreuses possibilités pour s’assurer d’un minimum d’éthique et de respect environnemental lors de ses achats textiles. Il peut aussi signer la pétition "Living Wage Defect" pour que les conditions de fabrication changent et qu'un salaire décent soit payé aux travailleurs.

Pendant tout le mois de juillet, nous faisons le point avec : 

  • les infos utiles :
    • par où commencer ? Lisez notre fiche-conseils sur les vêtements écologiques et parcourez le Guide Label Fringue, une co-édition d'écoconso et de la Campagne Vêtements propres
    • vérifiez sur le site d'AchACT l'engagement des marques dans une production respectueuse des droits et de la santé des travailleurs
    • A Little Story About the Monsters In Your Closet (Greenpeace 2013) : comment éviter phtalates, PFCs, NPOs/NPs, antimoine, et autres substances toxiques présentes dans les vêtements pour enfants
  • les labels à privilégier pour une consommation plus durable :
    • l'écolabel européen pour produits textiles : Interdit ou limite des substances nocives, réduit les émissions dans l'air et l'eau, impose des mesures d'efficacité énergétique et des critères de qualité. Il s'applique aux vêtements, accessoires (au moins 80% de textile), textiles d'intérieur, fibres, fils, tissus et tricots, éléments non textiles comme les boutons, fermetures éclair ou membranes, ainsi qu'aux articles d'entretien ou de cuisine en tissu
    • le label Oekotex 100 : arantit pour le produit fini l’absence de certaines substances nocives ou le respect des taux précisés par la législation. Pour vêtements, linge de lit, tissus éponge, textile d'intérieur, jouets en tissu
    • le label GOTS garantit un minimum de 70% de fibres certifiées biologiques, une fabrication à faible impact écologique et des conditions de travail décentes. On peut le trouver sur tous produits textiles en fibres naturelles : fibres, fils, tissus, vêtements, accessoires, jouets, linge de maison, matelas, literie et produits d'hygiène comme la ouate ou les tampons.
    • le marquage Fairtrade coton garantit aux producteurs un prix plus juste et des conditions de travail décentes. Une prime additionnelle permet aux communautés de se développer. 
  • un comparatif produits : le jeans
  • des conseils pour bien acheter, entretenir et « jeter » en fin de vie
  • le recyclage du textile :
  • des trucs et astuces pour consommer moins et mieux:
  • l’actu du secteur :
    • Une production rapide et peu coûteuse en Asie est le secret qui fait tourner l'industrie textile.
      La Chine est le premier exportateur mondial, avec 39% du marché. Suivent le Bangladesh (5%), l'Inde et le Viet-Nam (4%).
      Toutefois, l'avance de la Chine diminue à cause de la concurrence de pays comme le Sri-Lanka et le Bangladesh, où le salaire minimum est encore moins élevé : 58 euros au Sri Lanka, 60 euros au Bangladesh, contre 234 euros en Chine de rémunération de base...

      Selon Laurent Desbonnets, journaliste à France 2, "Pour un T-shirt vendu chez nous pour 29 euros, la production au Bangladesh ne vaut que cinq euros tout compris, le transport un peu plus de deux euros. Produire là-bas permet donc de maximiser l'argent qui reste pour la marque, et pour le magasin, plus de 18 euros". Voir la vidéo

  • un peu de satire :

Voir aussi