Les matériaux d’isolation : les connaître pour bien les choisir
(2008)En matière d’isolant, faire un choix judicieux relève souvent
du parcours du combattant. Il n’est pas facile, en effet, de se retrouver
dans la profusion des produits proposés.
Entre le prix, les performances thermiques, la résistance à l’eau
et au feu, la facilité de mise en oeuvre, les impacts sur la santé
et sur l’environnement..., où mettre les priorités ?
Si certains matériaux sont reconnus sains pour l’environnement et
pour la santé, leur production ou leur distribution encore réduite,
leur coût et la difficulté de trouver des corps de métier
expérimentés pour leur mise en oeuvre les rendent encore parfois
difficiles d’accès.
Le choix du matériau sera la plupart du temps le résultat d’un
compromis, selon les contraintes et les priorités de chacun. Petit aperçu
des matériaux disponibles...
La vermiculite et la perlite
La vermiculite et la perlite sont fabriquées à partir de roches.
Elles se déversent en vrac dans les planchers des combles inhabités
ou dans les murs creux (par insufflation). Elles sont aussi incorporées
comme granulats légers dans les mortiers et les bétons allégés
(pour réaliser des chapes isolantes), dans les enduits isolants et dans
les blocs de construction.
Plus résistante encore au feu et à la chaleur que la vermiculite,
la perlite est utilisée principalement pour l’isolation des conduits
de cheminée.
L’argile expansée
Elle est vendue en vrac pour des applications similaires à celles de
la vermiculite. Elle est utilisée comme constituant de blocs de construction
préfabriqués ou dans des mortiers pour chapes isolantes.
L’argile expansée présente un excellent classement au feu
et est insensible à l’eau.
En vrac, c’est un isolant assez médiocre et relativement coûteux.
Le verre cellulaire
Le verre cellulaire est fabriqué à partir de sable siliceux.
Fondu à une température de 1000°C et en présence de
CO2 qui le fait mousser, le verre cellulaire produit un matériau léger
à cellules fermées insensible à l’eau et au feu,
incompressible et présentant de bonnes qualités isolantes.
D’un coût relativement élevé, il est utilisé
prioritairement pour l’isolation des parois enterrées et des toitures
plates soumises à de fortes sollicitations.
Le liège
Le liège provient de l’écorce du chêne-liège.
Les écorces sont réduites en grains qui sont ensuite agglomérés
à chaud par la résine du liège (la subérine). Il
faudrait éviter les panneaux renforcés avec des colles synthétiques
: ils dégagent du formaldéhyde.
Le liège est à la fois un bon isolant acoustique et thermique.
Il est imperméable à l’eau, imputrescible et difficilement
inflammable.
En panneaux, le liège est mis en oeuvre au niveau des dalles, des
chapes, des murs, des plafonds et des toitures. En rénovation, ils permettent
d’isoler sous les chevrons lorsque la couverture de la toiture est conservée.
En granulés, le liège se déverse entre les solives des
planchers, dans les toitures et les murs à ossature bois. On les utilise
aussi comme agglomérat dans le béton ou dans le mortier de chaux
pour en faire des chapes isolantes.
La disponibilité du liège est loin d’être illimitée ;
après prélèvement, il faut une dizaine d’années
à l’arbre pour refaire une écorce utilisable.
Mieux vaut utiliser le liège avec parcimonie en le réservant pour
les endroits où il peut manifester ses qualités de résistance
à l’humidité : dalles et chapes de sols, toitures plates,
murs creux en contact avec l’humidité ascensionnelle...
La cellulose de papier
La cellulose de papier est fabriquée à partir de papier journal
: chutes de fabrication du papier, rognures, journaux invendus... La cellulose
de papier présente un bon coefficient d’isolation (comparable à
celui des laines minérales). Elle est perméable à la vapeur
d’eau. Capillaire, elle est capable de répartir l’eau de
condensation sur une grande superficie et favorise ainsi le séchage des
parois. Traitée aux sels de bore et à l’acide borique, elle
résiste au feu, aux moisissures et aux parasites.
En flocons, la cellulose de papier est soufflée sous pression soit dans
des caissons fermés (entre les chevrons en toiture et dans les cloisons
des maisons à ossature bois) soit sur des surfaces horizontales. Les
fabricants réalisent des tests afin de garantir le non-tassement ultérieur
des flocons dans les caissons.
Le soufflage de l’isolant en flocons de cellulose ne peut être réalisée
par le maître d’ouvrage, mais doit être confiée à
une entreprise spécialisée qui établit, à l’issue
du chantier, un certificat de bonne mise en oeuvre.
Mélangés à de petites quantités d’eau, les
flocons peuvent être pulvérisés dans les parois à
ossature bois, sur les murs pleins extérieurs et sous les dalles.
La cellulose de papier existe aussi sous forme de panneaux semi-rigides ou flexibles.
Ils sont utilisés pour l’isolation des sols, des toitures, des
cloisons légères et des murs à ossature bois.
La fibre de bois
Les panneaux en fibres de bois sont fabriqués à partir de déchets
de scieries (écorces et branches de résineux non traitées
chimiquement). Les fibres sont agglomérées par leur propre résine
(la lignine), mais c’est de la colle synthétique qui est utilisée
lorsque plusieurs panneaux sont collés ensemble pour obtenir une plus
grosse épaisseur d’isolant. Mieux vaut opter pour des panneaux
non bitumés (dont le caractère hydrofuge est assuré par
des résines naturelles).
Particulièrement adaptés aux constructions en bois, les panneaux
en fibres de bois sont étanches à l’air et perméables
à la vapeur d’eau. Ils s’utilisent aussi bien pour monter
des cloisons, isoler la toiture et les planchers, en doublage des murs ou en
faux plafonds. Ils complètent très bien les autres isolants végétaux
(cellulose, chanvre, lin...). On les trouve aussi sous ou sur les planchers
comme isolant thermique et acoustique. Certains panneaux de fibres de bois peuvent
être couverts d’un crépi minéral et servir ainsi pour
assainir de vieux murs extérieurs en maçonnerie (isolation par
l’extérieur).
Le chanvre
L’isolant en chanvre existe en rouleaux (laine de chanvre) ou en panneaux
semi-rigides pour isoler le toit, les murs et les planchers. En vrac (granulés),
il peut être déversé ou soufflé entre chevrons en
toiture ou entre solives d’un plancher dans des combles.
Mélangé (sous forme de copeaux) à la chaux aérienne
et à de l’eau, il compose un béton léger utilisé
comme mortier de pose ou comme enduit isolants et pour le remplissage des murs
branchés sur ossature bois.
Le lin
L’isolant en lin est fabriqué à partir de fibres de lin trop courtes pour
un usage textile. Imprégné au sel de bore (pour la résistance aux moisissures,
aux insectes, au feu et aux rongeurs), le lin se présente en vrac, sous forme
de rouleaux, de plaques semi-rigides ou de feutres. Il est agréable à manipuler
(laineux) et il épouse bien les surfaces à isoler. Il a la capacité d’adsorber
puis de restituer l’humidité en fonction de l’hygrométrie ambiante. Le lin est
aussi un bon isolant acoustique contre les bruits aériens.
L’isolant en lin est adapté aux constructions à ossature
bois et en bois massif, mais on l’utilise aussi dans les constructions
dures pour l’isolation des murs extérieurs et des cloisons intérieures
et pour l’isolation entre chevrons des toitures neuves ou anciennes. L’utilisation
du produit en vrac permet l’isolation entre les solives et dans les endroits
difficiles d’accès.
Le coco
C’est un isolant à la fois thermique et acoustique. Il offre une grande résistance à l’humidité : il est donc adaptée pour l’isolation des pièces humides (salle de bains, cuisine...). Le sel de bore permet d’assurer sa résistance au feu. Très élastique, il trouve, chez nous, son application principale comme isolant acoustique dans les planchers, les murs et les cloisons (rouleaux, panneaux semi-rigides et feutres). On l’utilise aussi comme isolant (laine de coco) de remplissage de cavités (entre les murs et les châssis, par exemple en remplacement des mousses synthétiques).
Citons encore d’autres matériaux d’isolation naturels qui ne font pas encore l’objet de filière commerciale bien établie : la laine de coton – la laine de mouton – la paille – le roseau.
Les laines minérales
Bon marché et avec un pouvoir isolant très performant, les laines
minérales sont les isolants les plus répandus en Europe. Elles
sont obtenues par fusion de verre ou de roches et transformées en fibres.
Les fibres sont ensuite agglomérées à l’aide de liants
chimiques tels que le phénol et le formaldéhyde, toxiques pour
la santé et limitant leur recyclage.
Les fibres font des laines minérales des matériaux très
légers qui emprisonnent beaucoup d’air, d’où leurs
remarquables propriétés isolantes. Elles sont utilisées
pour l’isolation thermique des toitures, des murs et des sols. Elles présentent
une bonne voire excellente résistance au feu.
Les laines minérales présentent une grande perméabilité
à la vapeur d’eau. Cependant, non capillaires, elles perdent leur
qualité thermique en présence d’humidité : en se
gorgeant d’eau, leur poids augmentant, elles finissent par s’affaisser
et perdent ainsi de leur efficacité. Dans le cas d’une paroi isolée
avec des laines minérales, l’étanchéité à
l’air de l’écran étanche à l’air et à
la vapeur d’eau (souvent une feuille d’aluminium) doit donc être
parfaite.
Les isolants synthétiques
Produites à grande échelle et donc peu coûteuses, les
plaques en mousse de polyuréthane et de polystyrène se retrouvent
dans la plupart des constructions actuelles. Elles sont très isolantes
thermiquement. Leur bonne résistance à l’humidité
et à la compression permet une utilisation en milieu humide.
En cas d’incendie, elles sont à l’origine d’émanations
de gaz toxiques responsables d’asphyxie rapide. La présence d’isocyanate
dans la mousse de polyuréthane peut provoquer des allergies.
Très peu perméables à la vapeur d’eau, elles ne trouvent
pas leur place dans un système de paroi ouverte à la diffusion
de la vapeur d’eau. Des plaques de mousses synthétiques perméables
à la vapeur d’eau apparaissent sur le marché.
La mise en oeuvre
La mise en oeuvre d’isolants fibreux (laine de verre, laine de roche,
cellulose de papier...) peut disséminer dans l’air des fibres
dont les effets sur l’organisme sont encore aujourd’hui insuffisamment
évalués.
Il faut se protéger de toute inhalation par un masque de protection respiratoire
approprié et limiter l’emploi de ces matériaux à
l’isolation derrière des cloisons ou parements parfaitement étanches
(plaques de plâtre, panneaux de particules...).
Au cours du temps, il faudra vérifier l’étanchéité
des cloisons !
En savoir plus
- Cette fiche est extraite du livre "La Terre est notre maison" publié par le Réseau Eco-consommation.
- Jean-Pierre Oliva, L’isolation écologique, Terre Vivante.
- Le marché évolue fortement en matière d’isolants et de techniques d’isolation. Contactez notre permanence : 081/730.730 ou info@ecoconso.be
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