Labeur éco-consommateur
L’éco-consommation se pratique partout. A la maison, bien sûr, mais aussi sur notre lieu de villégiature, à l’école ou encore au bureau. Car tout comme à la maison, une activité de bureau consomme des ressources naturelles sous forme de papier, de cartouches d’encre ou d’électricité... Électricité dont la consommation a fait un bond en avant depuis 1990 : + 44% ! Les bureaux sont en effet de mieux en mieux équipés en matériel informatique, en éclairage et en climatisation. Autant d’utilisations qui poussent inévitablement les consommations vers le haut... Voici donc un petit florilège des actions « éco-consommation » que l’on peut faire au bureau.
Des PC avides d’électricité
Un ordinateur de bureau "normal" doté d’un
écran à tube cathodique consomme de 0,1 à 0,25 kWh par
heure. A cette consommation "de base" s’ajoute la consommation
de plusieurs "périphériques" tels que imprimante, scanner...
que l’on retrouve souvent à côté de l’ordinateur.
Pour diminuer la consommation, on peut remplacer un écran à tube
(dit CRT) par un écran plat (appelé aussi LCD). Ce dernier est
de 3 à 4 fois plus économe et certains ne consomment que 20W !
Ils sont de plus beaucoup plus reposants pour la vue et moins encombrants. Attention
cependant, toute fabrication d’un objet nécessite une utilisation
importante de ressources naturelles (voir à ce sujet notre dossier énergie
grise). Il vaut donc mieux souvent garder un écran classique s’il
fonctionne toujours correctement (voire le réparer !) que de le remplacer
par un plus économe.
On peut également mieux utiliser le matériel que l’on possède
en profitant des différents modes d’économie d’énergie.
Le premier est le mode veille, qui « endort » l’ordinateur
sans l’éteindre. Vous consommez moins, notamment parce que l’écran
s’éteint, mais vous consommez toujours ! Pour éteindre l’ordinateur
sans devoir rouvrir toutes les fenêtres au prochain démarrage,
il y a la veille prolongée. Dans ce mode, l’ordinateur retient
votre environnement de travail au moment de la fermeture, même s’il
est débranché. Consommation zéro ! Ce mode pose cependant
parfois l’un ou l’autre problème avec l’utilisation
du réseau, sans gravité si l’on y fait attention.
Malheureusement, ces modes ne sont pas utilisables partout. Il est fréquent
dans les grandes entreprises que l’on ne puisse tout simplement pas éteindre
son ordinateur ni même le mettre en veille, pour des questions de mise
à jour continue des systèmes informatiques. Il serait pourtant
intéressant d’ajouter cette possibilité, quand on voit les
centaines de kWh perdus par an et par ordinateur en les laissant allumés
!
Et pourquoi pas un portable ?
Les ordinateurs portables sont beaucoup plus économes
que les autres et ne demandent “que” de l’ordre de 40-50 W en fonctionnement,
soit de deux à quatre fois moins qu’un ordinateur “normal”,
tout en assurant grosso-modo les mêmes services, sauf pour les utilisations
lourdes comme le montage vidéo ou le dernier jeu à la mode. Et
encore...
Dernière mesure mais non la moindre : traquer les consommations cachées
! En effet, la plupart des appareils électriques consomment lorsqu’ils
sont éteints mais toujours sous tension. C’est un gaspillage d’énergie
qui représente plusieurs dizaines voire centaines de kWh perdus par an
! Les ordinateurs n’échappent pas à la règle et on
a tout à gagner à les brancher sur des multiprises avec interrupteur.
Les photocopieuses attendent...
Une photocopieuse passe généralement plus de temps à attendre qu’on l’utilise qu’à photocopier. Et une photocopieuse qui attend, cela consomme dans les 150 Wh par heure. Si l’on considère qu’elle n’est utilisée que 30% du temps, on se rend compte qu’elle va consommer plus de 1000 kWh par an, à ne rien faire... Soit presque 200 € !
Clim ou pas clim ?
La " clim’ ", comme on l’appelle couramment,
est longtemps restée une option coûteuse pour voitures de luxe.
Actuellement, la climatisation investit en masse nos voitures, maisons et bureaux.
Malheureusement, la clim’ - comme tout appareil électrique devant
chauffer ou refroidir - est énergivore. Grosso-modo, car beaucoup de
paramètres entrent en ligne de compte, il faut compter 1kWh par heure
de fonctionnement pour une pièce "moyenne". A titre de comparaison,
c’est également ce que consomme un frigo moyennement économe
par... jour. Par an, la clim’ peut donc coûter 150 € d’électricité
à raison de 10h/jour en été (100 jours)... pour une seule
pièce à climatiser.
Peut-on vivre sans clim’ ? Oui, bien sûr. Il faut évidemment
que votre bureau s’y prête. On n’a parfois tout simplement pas le
choix, l’air étant d’office climatisé et les fenêtres sans
ouverture possible.
On peut réduire les conséquences d’une vague de chaleur
de plusieurs manières, en commençant par éviter que la
chaleur ne rentre à l’intérieur du bureau ou en fermant
volets et stores dès que le soleil commence à taper. On peut également
rafraîchir le bureau en créant un courant d’air, au moyen
de ventilateurs si nécessaire (dont la consommation est beaucoup plus
faible qu’un appareil de climatisation).
Et quand il fait vraiment trop chaud, mettre ses poignets, paume de la main
vers le haut, sous l’eau froide a un effet rafraîchissant garanti
!
Enfin, quitte à utiliser un système de climatisation, autant en
choisir un de rendement élevé (vers les 11 BTU/W) et surtout,
que l’on utilisera de manière parcimonieuse, notamment en appliquant
les conseils ci-dessus. Moins on laisse entrer de chaleur, moins on devra utiliser
la clim’. Il y va également de notre santé : vivre à 20°C
alors qu’il en fait 30°C dehors est une aberration. Bonjour le rhume
!
Eclairons-nous économe !
En matière d’éclairage, les économies se feront essentiellement en coupant la lumière lorsque ce n’est pas nécessaire. Beaucoup de bureaux restent encore allumés la nuit, quand il n’y a personne, voire le jour, quand la lumière naturelle est largement suffisante. C’est affolant le nombre de lampes allumées en pleine lumière que l’on rencontre ! Dans le même ordre d’idée, il ne faut pas hésiter à éteindre la lumière, même pour le temps de midi. Les lampes économiques et autres tubes fluorescents (“néons”) sont beaucoup plus économes que les halogènes ou autres lampes à incandescence (voir aussi notre fiche n° 51 "s’éclairer sans gaspiller"). Enfin, il est parfois plus avantageux d’utiliser une petite lampe de bureau, fût-elle halogène que d’allumer l’éclairage général ! Une petite lampe halogène de 25W consomme en effet moins que plusieurs tubes fluorescents.
Munissons-nous des bonnes cartouches !
La multiplication des imprimantes multiplie également la quantité de cartouches utilisées. On peut diminuer ce nombre de cartouches en imprimant intelligemment, notamment en utilisant la fonction d’impression « économique » proposée. La qualité est largement suffisante pour les brouillons. Acheter des cartouches reconditionnées permet également de diminuer la quantité de déchets produits par nos imprimantes. Plus d’informations sur les cartouches dans notre fiche-conseil 126.
Du papier recyclé...
Le papier recyclé traîne parfois une mauvaise réputation, alors qu’il y a bien évolué depuis ses débuts ! Il est notamment accepté maintenant par la plupart des imprimantes ou photocopieuses. Environnementalement parlant, il permet également bon nombre d’économies d’énergie et d’eau, par rapport au papier « vierge ». Quant à son aspect, beige pour les papiers recyclés les moins polluants, c’est souvent une question d’habitude. Foi d’utilisateur de recyclé non blanchi, le papier blanc « classique » en devient... aveuglant ! Plus d’informations sur le papier recyclé dans notre fiche-conseil n°46, qui vient d’être actualisée. Sans oublier qu’il est possible facilement de consommer moins de papier, en imprimant recto-verso, en imprimant deux pages par feuille (tout à fait lisible) etc. D’autres conseils pour moins utiliser de papier : fiche-conseil n°5.
... et des fournitures « vertes » !
Le bureau est souvent le temple des fournitures jetables et inutiles. Il y a le choix, entre les minis fluos (pour minis bureaux ?), les bics jetables (dont certains sont rechargeables, toute bonne papeterie possède une mine adaptée !), les chemises jetées avec les archives, la surconsommation générale (c’est pas moi qui paie)... la liste est longue. Les alternatives s’appellent crayon fluo (ça marche !), bics rechargeables, marqueurs sans solvants, matériel durable... souvent rien de bien compliqué, mais il faut parfois y penser. Plus d’informations dans notre fiche-conseil n° 129.
C’est la rentrée !
Une bureautique (plus) durable, c’est possible ! Cela ne demande en général que peu de moyens financiers, mais pas mal de changements de comportements. A nous de relever le défi... comme bonne résolution pour la rentrée !
Dossier rédigé par Renaud De Bruyn
Plus d’informations ?
- L’énergie en Wallonie 2002 (ed. déc. 2004) - DGTRE/ICEDD.
- Des écrans plats économes sur www.topten.ch
- A lire : fiche-conseil n°51 (s’éclairer sans gaspiller) - fiche-conseil n°29 (luttons contre l’effet de serre) - dossier de l’Art d’éco... consommer n°4 (énergie grise) - fiche conseil n°105 - fiche-conseil n°126 (cartouches d’imprimantes) - fiche-conseil n°128 (des pauses-café et des collations sans déchets) - fiche-conseil n°129 (les fournitures de bureau) ;
- Bureautique
et énergie, brochure de la Région wallonne à destination
des entreprises.
- Le site Internet géré par le Réseau Eco-consommation www.achatsverts.be à destination des communes et collectivités.
Posez-nous vos questions au 081/730.730 ou par E-mail.
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