Matériel informatique d’occasion
(mars 2007)A la recherche d’un nouvel ordinateur pour équiper le ménage ? Il est difficile de voir clair dans la jungle des promotions ou parmi la multitude de modèles inondant le marché ! Depuis peu, le marché de l’occasion propose également des produits intéressants à des prix avantageux. Mais que choisir ? Vaut-il mieux un ordinateur neuf bon marché tout équipé ? Combien de temps un ordinateur d’occasion tiendra-t-il ?
Etant donné la chute spectaculaire des prix des ordinateurs neufs d’entrée de gamme, on pourrait penser que l’achat d’un ordinateur de seconde main qui a déjà vécu 4 à 5 ans n’a pas de sens. Mais c’est sans compter avec toute une série d’arguments qui font pencher la balance vers... le matériel d’occasion.
LA FACE CACHEE DU NEUF
Au fur et à mesure que les équipements deviennent de plus en plus petits et efficients en consommation énergétique, on serait tenté de croire que l’impact sur l’environnement diminue. Toutefois, la réalité se trouve tout à fait à l’opposé...
Depuis les années 80, les ventes d’ordinateurs individuels progressent de 10% par an et le corollaire est stupéfiant : un citoyen européen produit en moyenne 14 kg de déchets informatiques chaque année. Un taux de renouvellement si élevé se justifie-t-il vraiment ? Ce que l’on oublie fréquemment, c’est tout ce qu’il a fallu comme dépenses d’eau, d’énergie, de matières premières pour la fabrication d’un ordinateur.
La production d’un ordinateur de 24 kg consomme 1,8 tonnes de matériaux (240 kg d’énergie fossile, 22 kg de produits chimiques et 1.500 litres d’eau).
Une consommation d’énergie à la hausse
La production d’un ordinateur de bureau de 24 kg (écran compris) nécessite au moins dix fois son poids en combustible fossile, une utilisation abusive qui peut avoir des conséquences sur les émissions de gaz à effet de serre. Comparé aux voitures ou frigos, qui nécessitent un à deux fois leur poids en combustible fossile, imaginez l’impact environnemental occasionné par l’ensemble des ordinateurs commercialisés.
Cette disparité provient des microprocesseurs : leur poids est extrêmement faible par rapport à la quantité d’énergie et de produits chimiques nécessaires pour les fabriquer. Or, ces composants sont détruits dans le processus de recyclage. Seul un faible pourcentage de matières premières est récupéré.
Des déchets complexes
La composition d’un ordinateur est particulièrement complexe, comprenant des métaux ferreux et non ferreux (comme de l’acier, de l’or, du cuivre, du nickel...), des cartes et composants électroniques riches en métaux lourds, extrêmement polluants, comme le plomb, le cadmium ou le mercure. Un déchet technologique peut être très dangereux ! De manière générale, un ordinateur actuel comprend 30 à 40 % de plastique, 40 % d’acier et 10 % d’autres métaux.
Le tube cathodique d’un PC contient aussi du plomb, du baryum et des métaux
lourds qu’il faut séparer du reste des
constituants à cause de leur dangerosité. Tout comme les vernis
toxiques arséniés et cyanurés, le béryllium et le
mercure des cartes électroniques. Le problème le plus délicat
concerne les plastiques. Même l’ordinateur le plus simple est composé
d’au moins 24 sortes de plastiques polymères ! Une partie du volume collecté
sera simplement broyé pour servir ensuite de combustible dans des cimenteries
ou des fours industriels. Certains types de plastiques, comme le polypropylène,
peuvent être recyclés. Mais cela exige au préalable un tri
minutieux. Cette tâche demande beaucoup de main-d’œuvre.
Et le recyclage ?
L’obligation de reprise entrée en vigueur récemment évitera à long terme la mise en décharge ou l’incinération de ces équipements. La réglementation européenne impose la collecte des appareils électriques et électroniques usagés avec un objectif de 4 kg par an et par habitant, le traitement systématique des composés dangereux et la valorisation à 80% de tous les déchets.
Toutefois, le recyclage de tous les composants, suivant le système de collecte et de traitement mis en place, peut s’avérer coûteux et représenter un bénéfice limité sur le plan environnemental (transport et démantèlement des différentes matières, fonte, refaçonnage, etc). Mieux vaut améliorer sa machine ou la revendre : cela économise 5 à 20 fois plus d’énergie que le recyclage.
L’UTILITE D’ABORD
A chaque besoin, sa machine adaptée ! Comme pour tout autre achat, il
vaut mieux définir ses
propres besoins au risque de se retrouver face à des dépenses
inutiles (à l’achat et à l’utilisation). Et, par la même
occasion, on évitera aussi des déchets. En matière informatique,
nous n’échappons pas à la règle. Il vaut mieux ne pas s’équiper
d’un ordinateur trop puissant par rapport à l’usage qu’on en fait.
- Si vous souhaitez un ordinateur pour vous servir des applications courantes de tous les jours (traitement de texte, feuilles de calcul, messagerie, consultation sur Internet...) ;
- Si vous voulez dépenser un petit budget ;
Alors, le marché de l’occasion peut vous rendre un bon service. Consistant principalement en des ordinateurs de type Pentium III ou IV, ces appareils avec 256 Mo de RAM au minimum conviennent pour installer Windows 2000 ou XP, les applications Internet, etc. Mais attention, ces ordinateurs ne sont surtout pas destinés aux mordus de jeux vidéo. Les nouveaux jeux requièrent souvent des cartes graphiques très performantes.
Si vous pensez doter votre maison d’un deuxième ordinateur, offrir un cadeau à un proche ou vous équiper pour toute la durée de vos études, le matériel d’occasion peut vous convenir à merveille.
Cette forme de valorisation peut également être l’occasion de promouvoir la diffusion de logiciels libres également plus légers pour l’ordinateur (système d’exploitation issu d’une distribution Linux, par exemple) tout en réduisant les coûts : on évite le paiement de licences à des prix peu incitatifs. Signalons par exemple les applications de bureau gratuites proposées par Open Office (http://fr.openoffice.org) comprenant un module de traitement de texte, un tableur, un module de dessin, un module pour faire des présentations, un éditeur de formule et un programme de base de données.
LES REFLEXES QUI SAUVENT
Avant tout, si vous avez déjà un ordinateur, réfléchissez aux moyens de l’améliorer avant de le considérer comme désuet. L’ajout d’une carte son ou mémoire RAM, un disque dur externe ou autres processeurs peut vous assurer une utilisation convenable et prolonger la durée de vie de votre machine. Les magasins de matériel de deuxième main proposent également des pièces détachées, vous pourrez y trouver des conseils avisés de la part de professionnels. Ne ratez pas l’occasion de fréquenter les bourses informatiques, c’est un moment de dialogue avec des passionnés de l’informatique, d’échange de matériel mais aussi d’idées.
Au bout d’un an d’utilisation, les documents de tout type et de tout horizon s’accumulent. La maintenance de l’ordinateur devient vitale et il est fort conseillé de s’occuper de son disque dur, en procédant à un nettoyage et à des rangements utiles :
- nettoyer les disques : supprimer les fichiers parasites (fichiers tampons .tmp créés à chaque problème de système, cookies issus de la navigation web, etc). Pensez à désinstaller les applications inutiles.
- réorganiser les disques : défragmenter les disques a pour effet d’optimiser les espaces occupés/vides du disque et d’améliorer l’accès aux informations.
- ajouter un disque externe de sauvegarde : un disque dur externe vous sera bien utile pour compléter celui de votre PC, soit en stockage permanent annexe, soit en solution de backup régulière. Plus petite et plus souple, une clé USB de 1 Go peut constituer à défaut un support de dépannage.
- graver ce qui peut l’être : Vous pouvez stocker en DVD des fichiers volumineux (graphiques et visuels, vidéos, etc).
- protéger les données : en partitionnant votre disque dur, en cas de disque unique. On divise le disque dur physique en plusieurs disques, indépendants les uns des autres.
L’ACHAT D’UN ORDINATEUR D’OCCASION
Préférez des lieux de vente proposant un service après-vente et/ou une garantie de l’appareil. De plus en plus d’entreprises d’économie sociale proposent une série d’actions concrètes dans les métiers liés à l’informatique (principalement au niveau de la bureautique). Faire appel à ces organismes est fort intéressant :
- ECO-COMPUTERS-PROCESSING : section de l’asbl Droit et Devoir - Rue du Fish club, 6 à 7000 MONS (9h à 17h du lundi au vendredi) Tél. : 065/37 42 68
- OXFAM SOLIDARITE : Surfaces de vente de seconde main spécialisées en informatique à Bruxelles et en Wallonie. (Pour connaître les adresses téléphonez à notre permanence d’information ou consultez www.oxfamsol.be onglet " seconde main ", menu " où acheter ? ")
- CF2000 : Rue Berthelot, 114-116 à 1190 Bruxelles Comptoir bruxellois de réparation de PC et contrats de maintenance avec des PME et associations. Contact : Bernard Goffinet (02/539 03 60)
- FOBAGRA : Rue d’Alost, 4 à 1000 Bruxelles
Contact : Stéphane Platteau (02/213 37 90). Conseil en installation adapté aux structures de type associations, PME...
Posez-nous vos questions au 081/730.730 ou par E-mail.
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons


envoyer par mail