Chasser les mauvaises odeurs
(décembre 2000)Les odeurs sont des molécules chimiques disséminées dans
l’air que nous respirons. Leur appréciation est subjective : les uns trouvent
ce parfum agréable alors qu’il en incommode d’autres. Elles influencent
notre bien-être et même notre comportement.
Aujourd’hui, tout doit sentir bon. Les producteurs l’ont bien compris : le marché des odeurs est vaste et rapporte gros ! Désodorisants permanents,
vaporisateurs, plaquettes WC pour masquer les pestilences, tissus parfumés,
diffuseurs de parfum et multiples senteurs pour rafraîchir et embaumer : les gammes sont larges et proposées dans une multitude de conditionnements.
COMPOSITION
Ces produits contiennent généralement un support, un parfum naturel ou synthétique, un gaz propulseur (aérosol) et des additifs (conservateurs,
désinfectants,...). Plusieurs de ces composants sont nocifs pour la santé
(irritants, allergisants, cancérigènes,...). En les vaporisant dans l’atmosphère de nos maisons, ils viennent s’ajouter aux polluants qui la contaminent déjà.
De plus, la production des nombreux éléments des désodorisants et de leurs
emballages représente une lourde charge pour l’environnement.
Il est donc utile de les bannir de notre placard et de lutter contre les
odeurs désagréables plus naturellement.
COMMENT FAIRE ?
La meilleure désodorisation est simple : il suffit d’aérer, de renouveler l’air en créant un courant d’air, par exemple, en ouvrant deux fenêtres.
Deux cas particuliers où il ne faut pas lésiner sur l’aération, tout en
chauffant l’habitation :
- après avoir effectué des travaux d’aménagement (peinture, papier peint, traitement du bois,...) ;
- lorsqu’un habitant de la maison est allergique à la poussière (acariens et autres allergènes).
En outre, des gestes simples et quelques substances naturelles peuvent remplacer efficacement l’arsenal chimique des désodorisants. Les parfums, quelle que soit leur origine, peuvent être irritants ou allergisants. Méfions-nous de leur emploi continu ou en concentration trop importante.
Aucun diffuseur de parfum "chimique" ne remplace un bouquet de fleurs ou quelques pétales séchés mêlés de fruits et d’épices.
Dans la cuisine, l’installation d’une hotte permet d’éliminer la plupart des odeurs et des gaz de combustion nocifs qui peuvent se dégager lors de la cuisson des aliments.
Un demi-citron placé sur l’orifice d’évacuation de l’évier élimine les émanations désagréables provenant du siphon.
Les enfants prépareront avec plaisir une "pomme d’ambre" : une orange dans laquelle ils piqueront des clous de girofle. Le fruit peut être enrubanné et accroché dans la pièce. Il dégage une odeur acidulée rafraîchissante.
Pour diffuser un léger parfum épicé, il suffit de remplir un sac de toile de clous de girofle que l’on peut décorer de bâtons de cannelle, d’épis de blés,...
Autre "truc" : dans un casier de bois à compartiments, déposons des clous de girofle, des grains de cardamone, du romarin, des écorces d’orange, de la noix de muscade ou d’autres senteurs au choix.
Quelques gouttes d’huile essentielle sur une ampoule électrique que l’on allume, sur un papier buvard ou dans une soucoupe placée sur un radiateur parfument finement l’atmosphère et ont des vertus antiseptiques. On peut également utiliser des diffuseurs de parfums naturels, brûler un peu de papier d’Arménie ou des bâtons d’encens.
La combustion du soufre chasse les effluves désagréables. Craquer une
ou deux allumettes dans les toilettes remplace sainement un petit coup de spray
Si le local est muni d’une fenêtre, une plante verte odorante (genre citronnelle)
peut s’y développer. Son parfum couvrira agréablement les pestilences.
La fumée de cigarette et de cigare est à l’origine de mauvaises odeurs très tenaces.
Enfin, si nous ne pouvons nous passer du "pschitt", optons pour le vaporisateur manuel, rechargeable ; c’est sans conteste le moyen le plus écologique pour pulvériser un produit et aussi le plus sûr. En effet, les gaz propulseurs des aérosols sont hautement inflammables surtout lorsqu’ils sont utilisés près d’une flamme ou d’une source de chaleur.
Plus d’infos dans le dossier de la Lettre de l’Eco-consommation n°32 consacré au marché des odeurs et le dossier de la campagne ’parfums’.
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