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Du conseil à l'action

 

Fiche Conseil N°142

Un sapin de Noël... écologique ?

(décembre 2006)

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La période des fêtes de fin d’année est arrivée  ! Les guirlandes et décorations de Noël sont dépoussiérées pour être suspendues au sapin qui sera le roi de notre intérieur pendant quelques semaines. Mais la question nous hante à chaque saison  : comment choisir le sapin de Noël ? Quel est le choix le plus écologique  ?

Les adeptes du sapin artificiel doivent se rendre à l’évidence  : ce n’est pas la solution idéale. Malgré la durabilité qui suppose l’utilisation du même sapin pendant plusieurs années, les impacts liés à la fabrication sont trop importants. Les matériaux le plus souvent utilisés sont le PVC, le plastique et l’aluminium, dont la production et la transformation génèrent des déchets et des nuisances.

Le sapin naturel reste l’option la plus écologique... à quelques nuances près. Pour faire le meilleur choix, il vaut mieux connaître les dessous de cette culture pas comme les autres.

D’où viennent les sapins ?

La Wallonie est un grand producteur de sapins de Noël, le volume de production annuel en Ardennes fluctue entre trois et quatre millions d’arbres dont 80% sont destinés à l’exportation. Pour répondre à la demande, les producteurs ont dû mettre au point des méthodes de culture efficaces, parfois ayant recours à des pesticides, des herbicides et des fertilisants. Les sapins de Noël proviennent donc de cultures intensives qui ont un impact sur l’environnement (mais pas toujours comme on le verra plus loin).

Suivant les espèces, un sapin a besoin de 5 à 10 ans avant d’atteindre la hauteur souhaitée pour la mise en vente. Durant les 4 premières années, le petit plant est cultivé en pépinière puis mis en plantation. L’avantage de cette production en Belgique est qu’elle permet de valoriser des terres de moins bonne qualité au sol acide dont le rendement serait trop faible pour d’autres cultures.

Les méthodes de production évoluent et on voit apparaître des initiatives intéressantes mais pas encore généralisées  :
- Le puceron des pousses de sapin affecte les arbres en pépinière ou en plantation. Il ne cause pas de mortalité mais affecte la qualité esthétique des arbres. Il existe des méthodes de gestion intégrée des plantations pour éviter l’utilisation de pesticides ;
- De même, afin d’éliminer la végétation entre les jeunes plants pour favoriser leur croissance, de plus en plus de producteurs utilisent des moutons au lieu d’herbicides ;
- Des pratiques fertilisantes plus naturelles à base de fumure organique et d’engrais verts peuvent aussi être mises en œuvre en remplacement des engrais chimiques.

Malheureusement, il n’y pas de communication à ce sujet et le consommateur a toutes les peines du monde pour reconnaître un sapin provenant d’une culture intégrée !

La diversité de l’offre

Les variétés proposées ne cessent d’augmenter et la gamme de prix est de plus en plus étendue. Traditionnellement on retrouve le sapin Nordmann aux aiguilles non piquantes et tenaces et le classique épicéa aux aiguilles fines et de croissance rapide. Les nouvelles tendances introduisent des espèces non indigènes comme le Grandis, originaire du Canada et à la forme élancée, et le sapin Pugens du Colorado.

Certains sapins sont vendus en motte provenant de la sapinière. Une telle méthode dégradera très vite les sols dont seuls quelques centimètres sont fertiles. On pense que l’arbre durera plus longtemps et que l’on pourra le replanter dans le jardin. Mais les pots sont souvent trop petits pour conserver assez de racines et permettre leur survie. Il vaut peut-être mieux choisir un sapin cloué sur un support. Pour contrecarrer le problème de la dégradation des sols, de nouvelles techniques de culture sont en train de se développer, comme les arbres cultivés directement en container.

Vous pouvez aussi utiliser un pied avec réservoir d’eau pour les sapins biseautés. Une fois à la maison, le sapin est inséré dans le pied et le réservoir rempli d’eau tiède pour favoriser l’ouverture des pores du bois. Ensuite, de l’eau sera ajoutée dans le réservoir en fonction des besoins. Ce type de pied existe en plusieurs modèles, soit métallique, soit en plastique recyclé et il est vendu en pépinière. Le sapin reste droit et garde ses aiguilles plus longtemps.

Enfin, quel que soit le conditionnement, l’arbre se conservera mieux dans un endroit éloigné des sources de chaleur.

Pour faire face à des grosses commandes, certains supermarchés et grandes jardineries commencent à stocker et même à vendre des sapins parfois un mois avant la date de coupe habituelle. Cela implique que, pour maintenir le sapin en forme plus longtemps, les producteurs sont obligés de pulvériser des fixateurs sur les sapins pour coller les aiguilles... mais ce n’est pas une pratique très orthodoxe. Alors que la période de coupe qui garantit un sapin de qualité chez le consommateur a lieu la première quinzaine de décembre.

Des labels ?

Près de chez nous... Le label "Véritable" est une marque déposée par les producteurs de sapins de Noël ardennais. C’est un label de qualité : le sapin possède des caractéristiques physiques et morphologiques qui vont garantir la tenue et la beauté de l’arbre. Il ne tient pas compte des critères de production.

Loin de chez nous... Pour les sapins provenant de plantations intensives étrangères et ayant parcourus des centaines de kilomètres avant d’arriver dans nos salons, le label FSC est conseillé. Ce label garantit que les arbres proviennent d’une gestion forestière respectueuse de critères écologiques et sociaux et qu’ils ont poussé entièrement sans pesticides, herbicides et engrais. Acheter un sapin de Noël certifié FSC contribue à la conservation de forêts naturelles. Toutefois, la vente de sapins de Noël labellisés n’est pas encore développée en Belgique. Des initiatives comme celle de WWF Suisse où des listes de points de vente sont mis à disposition du public, sont à espérer chez nous : www.wwf.ch (rubriques ‘forêts’ - FSC - sapin de noël)

Acheter son sapin en connaissance de cause

De préférence, choisir un sapin de production locale. Il vaut mieux éviter les produits ayant parcouru de très longues distances et provenant de forêts dont la gestion nous est inconnue.

L’asbl VALBOIS offre un guichet sur les ressources naturelles où vous pourrez obtenir des informations sur les professionnels du bois, dont des adresses de pépinières et de producteurs de sapins de noël. Ces listes sont également disponibles sur le portail du bois :

  • www.portailbois.org rubrique ‘pépinières’ - ‘sapins de noël’
  • VALBOIS rue de la Converserie 44 - 6870 Saint-Hubert Belgique
    Tél : +32 (0) 61 / 29 30 70 - Fax : +32 (0) 61 / 61 27 32 - E-mail  : info@valbois.org
    www.valbois.org

Sachant que la production ‘bio’ n’est pas développée dans le secteur horticole (production de plantes ornementales et forestières), peu d’indices nous sont offerts pour faire un choix plus écologique. Alors, n’hésitez pas à demander des informations auprès du vendeur ou du producteur pour faire vos achats en connaissance de cause et préférer :

  • des méthodes de culture intégrées ;
  • des sapins coupés à la bonne période ;
  • des sapins sur support.

Quand les festivités prennent fin, des collectes de sapins sont organisées dans la plupart des communes. N’oubliez pas d’y participer ! Votre sapin sera recyclé en compost.

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