Proximus va déployer la 5G sans attendre

Proximus va déployer la 5G en Belgique
Proximus va déployer la 5G en Belgique

Proximus commence à déployer la 5G dès ce mercredi 1er avril. En plein confinement, l’annonce suscite la surprise. Et l’inquiétude.

Alors que le pays tourne au ralenti à cause du coronavirus, Proximus fonce dans le dossier de la 5G. L’entreprise annonce qu’elle va déployer la 5G dans une trentaine de communes dès ce mercredi 1er avril. Et cela alors que la mise aux enchères des fréquences 5G n’a même pas commencé. Ça ressemble à un mauvais poisson d’avril qui aurait un jour d’avance…

Le tour de passe-passe est possible car, d’après ses déclarations, l’opérateur va utiliser les fréquences et les antennes qu'il possède déjà et respecter des normes d'exposition aux champs électromagnétiques en vigueur. En quelques sortes, Proximus se lance avec une version « light ». Pas de soucis alors ? Eh bien si.

Toujours plus d’Internet… toujours plus d’énergie

Cette version allégée n’aura pas encore tous les avantages de la vraie 5G.[1] Mais c’est surtout la suite des perspectives qui inquiète.

On pourrait à l’avenir regarder des vidéos 4K en streaming sur son smartphone (quel intérêt sur un si petit écran ?) ou faire des jeux vidéos dans le cloud tout en étant en déplacement.

Et cela intéresse surtout les industriels car la 5G est la technologie qui permettra de passer pleinement à « l’internet des objets », pour développer et utiliser plus d’équipements connectés.

FAQ Proximus
FAQ de Proximus : Pour quelles raisons avons-nous besoin de la 5G ?

Regarder plus de vidéos, jouer davantage, faire du shopping virtuel, voir des évènements sportifs en réalité virtuelle sur son téléphone, disposer de voitures autonomes : que des utilisations indispensables, n'est-ce pas ?

La visualisation de vidéos en ligne (Youtube, Netflix, pornographie...) provoque déjà l'émission de 300 millions de tonnes de CO2 par an, d'après le Shift Project.[2] Soit trois fois les émissions de toute la Belgique !

> Lire aussi : Comment diminuer l’impact du numérique sur le climat ?

Aujourd’hui, 80% des données sur Internet sont utilisées pour regarder des vidéos. La 5G va offrir un débit jusqu'à dix fois supérieur à celui de la 4G et permettre ainsi d’échanger beaucoup plus de données via les réseaux mobiles, avec moins de temps de latence et sans engorger les réseaux. Cela va banaliser le téléchargement ou la visualisation de vidéos à tout va. Résultat : on va encore multiplier la quantité de données utilisées pour des usages de loisirs.

> Voir : 5 conseils pour utiliser Internet sans consommer trop d’énergie

Par ailleurs, un équipement 5G consomme trois fois plus d’énergie qu'un équipement 4G. Et ajouter des équipements 5G aux sites existants (qui ont déjà la 2G, la 3G et la 4G) doublera la consommation du site, d'après Jean-Marc Jancovici.[3]La consommation d'énergie des opérateurs pourrait tripler dans les 5 ans du déploiement de la 5G !

Et ceci alors même que beaucoup réfléchissent au monde qui serait désirable et durable après la crise du Covid-19…

L’obsolescence, une belle opportunité commerciale

Les fréquences de la 5G sont différentes de celles de la 3G ou de la 4G. Pour profiter de la 5G, il faudra donc changer de téléphone pour un modèle compatible. Vive l'obsolescence !

Pourtant, on remplace déjà son smartphone tous les 2 ans en moyenne.[4] Soit bien trop vite pour amortir l’empreinte écologique de sa fabrication.

> Voir 3 astuces pour garder son smartphone plus longtemps

On ajoute à cela que les modèles compatibles sont encore rare et hauts de gamme. Et qu’il faut aussi un abonnement spécial pour avoir accès au réseau 5G. Voilà qui compose un parfait package commercial bien ficelé.

Des inquiétudes pour la santé

Plusieurs pétitions contre la 5G circulent. L'une d'elles, lancée par une citoyenne, a récolté plus de 35 000 signatures en quelques heures à peine.

Les impacts sur la santé préoccupent car ils sont encore mal évalués. Ceci notamment parce que les bandes de fréquences ne sont pas les mêmes qu'avec les 2G, 3G et 4G.

L’ANSES[5], chargée d’évaluer en France les effets sur la santé de l’exposition aux champs électromagnétiques de la 5G, pointe « un manque important, voire une absence de données relatives aux effets biologiques et sanitaires potentiels dans les bandes de fréquences considérées ».[6]

Déployer la 5G en l’absence de ces données va à l’encontre du principe de précaution…

L'IBPT (le gendarme des télécoms) organise une enquête publique sur l'octroi de droits d'utilisation provisoires de bandes 5G jusqu'au 21 avril. C'est le moment de se faire entendre ! Le collectif Stop 5G propose une réponse-type.

> Lire aussi : Comment utiliser son smartphone sans danger ?

 

[1] Ce premier essai n’offrira « que » 30% de vitesse en plus par rapport au réseau 4.5G actuel et ne présenterait pour l’instant « que peu d’intérêt dans la mesure où les vitesses de téléchargement avec la 4.5G sont déjà très élevées », d’après Geeko.

[5] L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

[6] Voir sur le site de l’Anses.

 

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