Fiche-conseil n°087

Le radon

(2001)

DE QUOI S’AGIT-IL ?

Le radon est un gaz d’origine naturelle, émanant du sous-sol. Il est inodore, incolore, insipide et... radioactif, d’où l’attention qu’il suscite.
Les éléments radioactifs du sous-sol, présents en proportions variables dans la plupart des roches sont notamment l’uranium 238, l’uranium 235 et le thorium 232.
Ces éléments sont instables et se désintègrent progressivement jusqu’à ce qu’ils trouvent une forme stable : le plomb.
En se désintégrant, ces éléments donnent naissance à des descendants eux-mêmes radioactifs comme le radium et le gaz radon.
L’unité de mesure de l’activité radioactive du radon de l’air se mesure en Becquerels par mètre cube d’air : Bq/m3.

OÙ LE TROUVE-T-ON ?

Généralement, ce gaz se dilue rapidement dans l’atmosphère dès qu’il atteint la surface du sol.
Il n’en va pas de même lorsqu’il s’infiltre à travers pores et fissures jusqu’aux caves et pièces d’habitation de nos maisons calfeutrées. Piégé, il peut alors s’y accumuler et parfois atteindre des concentrations importantes.

La deuxième source de radon sont les matériaux de construction. Mais elle ne dépasse généralement pas quelques dizaines de Bq/m3 alors que le sol de l’habitation peut être la source de concentrations de radon de quelques centaines de Bq/m3.

La concentration de radon que nous respirons est généralement très faible : moins de 10 Bq/m3 en moyenne.

La concentration en radon varie fortement d’une région à l’autre, d’une maison à l’autre en fonction de la nature géologique du sous-sol. Elle varie aussi en fonction du moment de la journée, des saisons, des conditions météorologiques.
Dans l’habitation, plus on s’éloigne de la cave plus la concentration diminue.

Le sud du pays est plus exposé que le nord. En effet, la concentration moyenne pour la Flandre est de 40 Bq/m3 contre 80 Bq/m3 pour la Wallonie. C’est surtout dans la région de l’Ardenne que les valeurs les plus élevées ont été enregistrées.

COMMENT LE MESURER ?

On peut procéder au dépistage du radon en se procurant un détecteur auprès des Centres provinciaux de Santé, de l’ISRAIN et de l’Agence fédérale de Contrôle Nucléaire.

Ce détecteur sera placé dans la pièce la plus fréquentée de votre maison pendant 3 mois.

Il est également possible d’effectuer une mesure plus rapide, en plaçant un détecteur pendant 3 jours ; la mesure sera moins précise mais permettra de se faire une première idée (utile dans le cadre de la négociation de l’achat d’une maison, par exemple).

Suivant que l’on fasse une mesure à court ou à long terme (recommandé !), le prix du détecteur varie entre 25 et 35 €. Il existe également d’autres institutions ou firmes chez lesquelles les coûts d’acquisition et de l’analyse varient selon le type de détecteur souhaité.

A PARTIR DE QUAND ET COMMENT FAUT-IL AGIR ?

Si la mesure de dépistage dans une pièce habitée donne :

  • moins de 60 Bq/m3 : la situation est normale, aucune action ne s’impose ;
  • de 60 à 150 Bq/m3 : la concentration est un peu plus élevée que la normale, mais n’est pas inquiétante. Veillez à assurer une ventilation suffisante, particulièrement dans les caves et vides sanitaires et à colmater les voies de passage possibles du radon ;
  • de 150 à 400 Bq/m3 : une action peut être envisagée, surtout si un enfant ou un fumeur est exposé au radon. Cette action n’est ni impérative ni urgente ;
  • de 400 à 1000 Bq/m3 : prenez les mesures simples qui sont possibles. Faites exécuter une étude détaillée du problème et un dépistage dans l’ensemble des pièces ;
  • plus de 1000 Bq/m3 : le problème doit être résolu rapidement. En attendant l’exécution des travaux nécessaires, aérer si possible en permanence les pièces occupées.

Dans le cadre de la prime à la réhabilitation de la Région wallonne, une aide financière est accordée pour les travaux d’assainissement du radon. En pratique, cette prime n’est pas octroyée car le montant des travaux n’excède généralement pas quelques centaines d’euros !

QUELS SONT LES EFFETS SUR LA SANTÉ ?

Le radon est un cancérogène reconnu depuis 1987. Il augmente les risques de développer un cancer du poumon.

En réalité, lorsqu’on le respire, le radon lui-même ne restera que quelques secondes dans les voies respiratoires. Par contre, les descendants immédiats du radon (provenant de sa désintégration), eux-mêmes radioactifs mais non gazeux, ont tendance à se fixer sur les particules fines constamment présentes dans l’air. Ces poussières, une fois inhalées, viendront se déposer d’une part sur les bronches et, d’autre part, sur les parois des poumons, puis s’y désintégreront en les irradiant. Le radon serait responsable de 10 à 30% des cancers du poumon.

Enfin, le risque encouru par des fumeurs exposés au radon est beaucoup plus grand car, pour eux, les effets nocifs du tabac et du radon se combinent et se renforcent l’un l’autre !

Le radon est à l’origine de plus de 50% de l’exposition de la population belge aux radiations ionisantes ; des études ont montré qu’il serait responsable de 500 décès/an dans notre pays.>

LES NOUVELLES CONSTRUCTIONS

Avant d’entamer la construction d’une nouvelle habitation, il est fortement conseillé de s’informer sur la situation locale du radon, surtout si l’on veut s’implanter en Ardenne.

Il est alors recommandé de mettre en oeuvre des mesures de prévention pour éviter l’infiltration de radon (placement d’une couche plastique imperméable au radon, entre la chape et le sous-sol), ainsi que des mesures visant à une bonne ventilation (surtout les pièces du sous-sol comme la cave, le garage).

Depuis début 1997, chaque habitation neuve, en Région wallonne, doit respecter une norme de ventilation (NBN D 50- 001). Elle contribuera à y créer une atmosphère de qualité. Les particuliers désirant obtenir des conseils peuvent s’adresser à un architecte, à un entrepreneur ou encore au Centre provincial de Santé de leur région.

LA LEGISLATION EN VIGUEUR

Il n’existe à l’heure actuelle aucune norme obligatoire en matière de radon, ni en Belgique ni au niveau de l’Union Européenne. Cette dernière recommande toutefois d’agir pour des concentrations dépassant 400 Bq/m3 pour les maisons existantes, et 200 Bq/m3 pour les nouvelles habitations. Cette recommandation a d’ailleurs été adoptée par la Belgique.

ADRESSES UTILES EN BELGIQUE

Agence fédérale de Contrôle Nucléaire
Cellule radioactivité naturelle.
Monsieur A. Poffijn
Rue Ravenstein, 36
1000 Bruxelles
Tél. 02/289.21.36
Fax. 02/289.21.12
Site Internet : http://www.fanc.fgov.be
Institut Supérieur de Recherche Appliquée pour les Industries Nucléaires (ISRAIN).
Monsieur F. Tondeur
Rue Royale, 150
1000 Bruxelles
Tél. 02/217.45.40
Fax : 02/217.46.06
Centre d’Etude de l’Energie Nucléaire (C.E.N.)
Boeretang, 200
2400 Mol
Tél. 0800/14.138
Dr. H. Vanmarcke (014/33.28.29)
Institut National des Radioéléments (I.R.E.)
Secrétariat Service Sécurité
Av. de l’Espérance
6220 Fleurus
Tél. 071/82.94.45,
Fax. 071/39.80.32
Centres provinciaux de Santé
Bastogne
Centre Radon de la Province de Luxembourg
Tél. : 061/21.36.71
Dinant
Centre de santé provincial de Dinant
Tél. : 082/22.32.83
Eupen
Centre Radon de la Communauté Germanophone
Tél. : 087/59.64.00
Florennes
Dispensaire provincial de Florennes
Tél. : 071/68.10.25
Mons
Institut d’Hygiène et de Bactériologie de la Province de Hainaut
Tél. : 065/40.36.10
Namur
Institut provincial d’Hygiène sociale
Tél. : 081/72.37.43
Liège
Service d’Analyse des Milieux Intérieurs
Tél. : 04/349.51.10
Primes à la réhabilitation
Service info-conseil logement de la Région wallonne
Tél : 081/33.23.10
Information technique pour les entrepreneurs et les architectes
Centre Scientifique et Technique de la Construction (CSTC)
Tél. : 02/716.42.11
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