Fiche-conseil n°108

Les labels du bois

(1er octobre 2012)

Pour pouvoir garantir au consommateur qu’il achète du bois sans se rendre complice de la déforestation, les démarches de certification se sont beaucoup développées ces dernières années. Au niveau mondial et surtout européen, deux labels principaux sont en piste qui soumettent la gestion forestière à des exigences de gestion " durable " : le label FSC et le label PEFC.

Qu’est-ce que la gestion durable d’une forêt ?

L’Union européenne a défini le concept de gestion forestière "durable" lors d’une conférence tenue à Helsinki en 1993 : il s’agit "de la gestion et de l’utilisation des terrains boisés, d’une manière et d’une intensité telles qu’elles maintiennent leur diversité biologique, leur productivité, leur capacité de régénération, leur vitalité et leur capacité à satisfaire, actuellement et pour le futur, les fonctions écologiques, économiques, sociales pertinentes, au niveau local, national et international, et qu’elles ne causent pas préjudice à d’autres écosystèmes."
La question est donc de savoir comment ces beaux principes s’appliquent au niveau du gestionnaire de bois. C’est pourquoi les démarches de certification commencent par définir des critères de gestion adaptés au contexte géographique, socio-culturel et économique. Les exigences respectives des deux labels sont reprises en encadré ci-dessous.

Les deux labels ont en commun :

  • qu’il s’agit d’une démarche volontaire du producteur forestier ;
  • qu’ils se réfèrent aux principes de la gestion durable des forêts comme le respect des ressources, la multifonctionnalité ou la gestion à long terme ;
  • qu’ils intègrent une progression dans le temps vers cette gestion durable, vu qu’une forêt ne se transforme pas du jour au lendemain ;
  • qu’ils ont instauré un système de contrôle externe et une participation des milieux concernés par la forêt dans le processus de certification.

Mais ils diffèrent sur les aspects suivants :

  • l’attribution du label FSC se base sur un engagement et une pratique déjà concrétisés par des choix de gestion forestière et par un plan de gestion, alors que le label PEFC est accordé sur base d’un simple engagement ;
  • les exigences du label FSC vont plus dans le détail et demandent un suivi plus fin de la part du propriétaire forestier. Ce label est marqué par son objectif premier qui est de prévenir la destruction des forêts tropicales mais un cahier des charges spécifique a été fait pour chaque pays.

Au niveau mondial 224 millions d’hectares sont certifiés PEFC, dont une grande partie au Canada, et 150 millions d’hectares sont certifiés FSC.
A ce jour, en Belgique, 20.000 ha de forêt sont certifiés FSC contre 278.000 pour le PEFC (source : www.pefc.be et www.fsc.be).

Que garantit un label sur un objet en bois ?

Les labels dont il est question ici ne garantissent que les conditions de gestion forestière, et non pas la qualité intrinsèque du matériau, ni les processus de transformation et de fabrication des produits finis.
La labellisation pose deux difficultés essentielles : la traçabilité et le contrôle.

La traçabilité

La difficulté qui se présente est de suivre le bois depuis son exploitation dans la forêt jusqu’au stade du produit fini mis en vente. Pour ce faire, les entreprises disposent de deux méthodes  : soit elles séparent physiquement les bois selon qu’ils proviennent de forêts certifiées ou non ; soit elles appliquent un système de parité qui consiste à ce que les flux sortants de bois certifiés soient équivalents aux flux entrants. Ce principe est acceptable puisque la qualité intrinsèque du bois n’entre pas en ligne de compte. Il est utilisé tant par le système FSC que par le PEFC. Mais la traçabilité parfaite ne sera acquise que quand les lots de bois certifiés auront atteint une masse critique qui justifiera des chaînes de production spécifiques.

Le contrôle

Les pratiques de gestion forestière doivent faire l’objet d’un contrôle externe, renouvelé régulièrement. Ce contrôle peut coûter cher et est parfois difficile à exercer.

Le label FSC, proposé par le WWF, a été mal accueilli dans les milieux forestiers, en tout cas du côté wallon. Il a été jugé trop cher, trop exigeant, et inadapté au morcellement de la propriété forestière privée. Pourtant, il a été adopté par l’administration flamande, et plusieurs massifs forestiers en Flandre ainsi que la forêt de Soignes sont certifiés FSC.
Au niveau wallon, c’est le label PEFC qui a été choisi par l’administration forestière et qui est vigoureusement promu tant par les propriétaires privés que par les gestionnaires publics. Aujourd’hui, presque la moitié de la forêt wallonne est certifiée PEFC.

Et pour le consommateur ?

Il n’est pas toujours facile de trouver des produits en bois certifiés. Pour le FSC néanmoins, il existe un site www.jecherchedufsc.be qui liste des importateurs de bois et des revendeurs de mobilier ou d’autres produits en bois ou issus du bois (papier à copier). Nous pouvons aussi vous faire parvenir ces informations si vous vous adressez à notre service-conseil.
Quant aux produits labellisés PEFC, on peut aussi retrouver les revendeurs par catégorie de produits via le site www.pefc.be, onglet « rechercher un produit ».

Les obligations requises par la certification PEFC

  • respecter la réglementation applicable en forêt ;
  • se former à la gestion durable des forêts ;
  • maintenir ou restaurer des zones d’intérêt biologique particulier ;
  • implanter des espèces adaptées et variées ;
  • mettre en place des peuplements mélangés ;
  • appliquer une sylviculture dynamique ;
  • laisser des arbres âgés ou morts ;
  • mettre en oeuvre des méthodes mécaniques de préparation du sol et favoriser des méthodes de défense biologique de préférence aux traitements chimiques ;
  • préserver les arbres remarquables ;
  • ne procéder aux coupes rases qu’avec discernement et ne jamais dépasser 10 ha ;
  • assurer l’équilibre forêt-gibier ;
  • accepter le contrôle d’un auditeur ;
  • rédiger un document de gestion.

 

Les principes de la gestion forestière FSC

  • respecter les lois et les principes du FSC ;
  • propriété foncière, droits d’usage et responsabilités ;
  • respecter les droits des peuples indigènes ;
  • relations communautaires et droits des travailleurs ;
  • utilisation rationnelle des produits et services forestiers ;
  • impact environnemental : conservation de la diversité biologique, des ressources en eau et des écosystèmes fragiles ;
  • réaliser un plan de gestion ;
  • procéder à un suivi et évaluation des incidences des activités ;
  • conservation des forêts avec une haute valeur de biologique ;
  • les plantations complètent mais ne remplacent pas les forêts naturelles.


Conclusion :

Les produits en bois labellisés FSC ou PEFC sont devenus une réelle possibilité d’achat, pour une terrasse en bois, comme pour un plancher, du papier, ou encore des châssis en bois. Cela ne doit toutefois pas occulter d’autres critères d’achat : origine géographique, durabilité de l’essence choisie, qualité de la mise en oeuvre, etc.

Soyons donc attentifs à faire jouer l’ensemble de critères à appliquer à l’objet en bois, comme recommandé dans la fiche-conseil 117 « Du choix du bois comme matériau ! ».

En savoir plus :

FSC : www.fsc.org et fsc.wwf.be

PEFC : www.pefc.org et www.pefc.be


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