Mieux connaître les polluants de l'air dans l'habitat

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Fiches-conseils n°124

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La plupart des activités que nous exerçons quotidiennement ont lieu à l'intérieur d'un bâtiment ou dans d'autres espaces clos tels que bureaux, transports, lieux de loisirs, écoles ou commerces. Le travail et la vie de famille dans ces milieux fermés occupent jusqu'à 90% de notre temps. Or nous soupçonnons à peine l'influence de l'air intérieur sur notre confort et notre santé.

L'air de nos habitations peut être davantage pollué que l'air extérieur ! L'air intérieur de mauvaise qualité est souvent à l'origine de pathologies chroniques diverses (hypersensibilités aux produits chimiques, allergies, maux de tête, fatigue, congestion des sinus, étourdissements, irritation des yeux...) et peut parfois avoir de graves conséquences (troubles de la reproduction, du système immunitaire et du système nerveux).

Les effets varient avec différents facteurs :

  • Le type de polluant
  • La quantité de polluant dans l'air
  • La durée d'exposition (le temps passé à respirer l'air pollué)
  • La sensibilité des personnes exposées. Les symptômes apparaîtront plus tôt chez les personnes les plus sensibles ou les plus exposées. Les groupes à risque sont les bébés et jeunes enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes, les allergiques et celles affectées de problèmes respiratoires (asthme, bronchites, etc.). La sensibilité de chacun fait que les symptômes ne sont pas toujours les mêmes et se manifestent à des degrés divers.

Dans les situations extrêmes, la pollution intérieure peut être la cause de décès à court terme, comme dans le cas d'une intoxication au monoxyde de carbone, ou à plus long terme, comme dans celui du cancer.

Origines des polluants intérieurs et risques pour la santé

Les sources de pollution de l'air intérieur sont multiples. Les émissions peuvent provenir de l'extérieur si le bâtiment est situé à proximité d'industries ou près des grands axes de circulation.

Mais généralement, les sources se trouvent à l'intérieur des habitations ! Les émissions sont dues aux matériaux de construction mais aussi aux comportements des occupants (tabagisme, utilisation de produits d'entretien, d'hygiène, de bricolage...).

Parmi l'éventail de polluants recensés les principaux sont :

  • Le monoxyde de carbone (CO) : gaz très toxique, inodore et incolore qui, lorsqu'il est inhalé, se substitue à l'oxygène transporté par le sang. Les intoxications sont plus ou moins graves en fonction de la durée d'exposition et de la concentration inhalée. Les intoxications déclenchent des nausées, la perte de connaissance pouvant entraîner la mort. Il faut prêter une attention particulière à l'entretien des appareils de combustion. Les principaux responsables d'intoxications au CO sont les appareils de chauffage mobiles (poêles à pétrole,…), les poêles au charbon, les chauffe-eau non raccordés à une cheminée, …
  • Les oxydes d'azote (NOx) : gaz de combustion des installations au gaz (chauffage et cuisson), s'accumulent dans les pièces s'ils ne sont pas évacués par une hotte aspirante. Ils augmentent le risque d'affections du système respiratoire (asthme) chez les personnes allergiques…
  • Le radon : gaz radioactif d'origine naturelle, inodore et incolore. Il émane de certaines roches du sous-sol et, en moindre mesure des matériaux de construction pierreux comme le plâtre ou les pierres naturelles. Dans certaines conditions il peut s'accumuler à l'intérieur des bâtiments, favorisant un risque de développement de cancer du poumon qui augmente avec la durée de l'exposition et avec la concentration du radon dans l'air intérieur. Voir fiche n°87 ”Le radon”
  • L'amiante : à l'heure actuelle on ne fabrique plus de produits contenant de l'amiante pouvant se retrouver dans la maison. Mais les anciens produits comme les plaques en amiante-ciment, sont souvent en place et par l'usure du temps ou à l'occasion de travaux de démolition ou de rénovation, ces matériaux sont susceptibles de disperser des fibres d'amiante dans l'air intérieur. Voir fiche n°86 ”L'amiante dans la maison”
  • Les moisissures : la production et l'accumulation humidité (respiration, transpiration, bains, douches, cuisson, plantes vertes, fuites, infiltrations d'eau...) liée à une faible ventilation, favorisent le développement de moisissures. Elles peuvent coloniser des endroits très différents : bois, plâtre, papier (taches sur les murs ou le papier peint), tissus, climatiseurs, plantes d'intérieur... Les spores libérées dans l'air sont généralement allergisantes et provoquent des réactions asthmatiques chez les personnes sensibles.
  • Les acariens : petits arachnides dont la taille est de l'ordre du quart de millimètre. Ils colonisent les canapés, tapis, moquettes et surtout les literies (matelas, couette, oreiller...) où ils se nourrissent de squames de peau. La chaleur, l'humidité et l'obscurité sont les conditions optimales pour leur multiplication. Les substances allergènes se trouvent dans leurs déjections et débris.
  • Les allergènes d'animaux domestiques : leurs poils véhiculent des protéines provenant des fragments de peau, de salive, qui peuvent déclencher des crises chez l'asthmatique. D'autres effets allergiques sont les rhinites et conjonctivites.
  • Les composés organiques volatils (COV) : Ces molécules chimiques sont présentes dans de nombreux produits (peintures et vernis, insecticides, produits de nettoyage...) et matériaux de construction (mousses isolantes, bois, colles diverses...). Certains solvants contiennent des substances aromatiques irritantes dont on suspecte un effet cancérigène à long terme.
  • Le formaldéhyde : c'est le COV le plus présent dans les bâtiments. Gaz incolore à odeur piquante, on le trouve dans les panneaux dérivés du bois agglomérés et contreplaqués, les mousses isolantes urée-formol, les laines de verre et de roche, les peintures, les vitrificateurs, les cosmétiques, les tissus d'ameublement, les cuirs, les moquettes… Chez les personnes sensibles, il est à l'origine de symptômes divers : irritations de la peau, des yeux, du nez et de la gorge, allergies, asthme, maux de tête, fatigue, nausées, vertiges, otites chez les jeunes enfants…
  • Le plomb : le plomb dans la maison provient généralement de trois sources : les vieilles conduites d'eau en plomb, les poussières venant d'un environnement pollué ou les anciennes peintures. Les enfants sont fort sensibles à une intoxication par le plomb, pouvant perturber leur développement physique, nerveux et psychologique.
  • Le CO2 : nous produisons du CO2 en respirant. Ce n'est pas un polluant à proprement parler, mais néanmoins, quand le taux de CO2 augmente, on ressent de la fatigue ou des maux de tête. Il peut d'ailleurs être utilisé comme indicateur de la qualité de l'air pour piloter des systèmes de ventilation.

La qualité de l'air de votre habitat est-elle satisfaisante ?

Il est souvent difficile de cerner la problématique des polluants intérieurs. Parfois les manifestations ressemblent à un rhume ou à une grippe. Corréler des effets sur la santé à une mauvaise qualité de l'air intérieur n'est pas facile.

Voici quelques indices de la dégradation de l'air de votre habitat :

  • Quand vous séjournez dans votre logement vous vous sentez migraineux ou avez les voies respiratoires, les yeux et la peau irrités (éternuements, écoulement nasal...) ou avez des signes d'irritabilité, fièvre, etc. Ces symptômes s'estompent quand vous aérez ou vous quittez votre habitation pour une certaine période.
  • Les symptômes apparaissent suite à un déménagement, une rénovation, à l'achat de nouveaux meubles, l'arrivée d'un nouvel animal, des infiltrations d'eau, l'utilisation de pesticides ou de nouveaux produits à la maison...

Des solutions pour un environnement plus sain chez soi

Sans le savoir, nous sommes souvent soumis à une exposition plus ou moins prolongée aux polluants confinés dans les locaux. La situation peut s'aggraver en cas d'isolation renforcée des habitations ou des bâtiments, de manque de ventilation et d'utilisation de matériaux synthétiques et de produits chimiques à usage domestique.

Un changement de comportement à la maison par l'application de quelques gestes simples n'aura que des bénéfices sur notre santé et sur notre qualité de vie.

N'oubliez pas de :

  • Nettoyer régulièrement : nettoyez la maison à l'eau (au moins 1 fois par semaine) pour éviter l'accumulation de poussière. Il n'est pas nécessaire de multiplier les produits de nettoyage, vous éviterez d'être exposé à plusieurs substances potentiellement nocives ou irritantes. Préférez un nettoyant multi-usages, de l'eau savonneuse ou une solution au vinaigre. Lavez couvertures, oreillers et édredons régulièrement à 60°C pour les débarrasser de débris d'acariens.
  • Diminuer ou supprimer la source de pollution : des alternatives existent permettant de choisir des matériaux et produits susceptibles de ne pas dégager des substances nocives. Informez-vous également sur la composition des matériaux de construction et de rénovation avant l'achat.
  • Maintenir une température et un taux d'humidité idéaux : pour une température ambiante de 20°C, garder une humidité relative entre 40% et 60%. Le placement d'un thermomètre et d'un hygromètre dans les pièces de vie principales vous aidera à contrôler ces paramètres.
  • Aérer et ventiler : favoriser le renouvellement de l'air intérieur en ouvrant les fenêtres de 10 à 15 minutes deux fois par jour. En hiver, faites attention à ne pas dépasser ce temps d'aération afin de ne pas refroidir les murs de votre logement et d'éviter une déperdition de chaleur trop importante.
  • Entretenir les systèmes de ventilation et d'évacuation d'air. Ces mesures permettront de maintenir un taux d'humidité adéquat.

Analyse de la qualité de l'air

Vous pouvez consulter votre médecin généraliste si vous suspectez un lien entre vos problèmes de santé et une éventuelle pollution intérieure de votre habitat. Des spécialistes pourront, à sa demande, mesurer gratuitement le taux des polluants :

 

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