Un système de chauffage confortable et économique

Chauffage confortable ... et économique
Chauffage confortable ... et économique

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Dossiers n°122

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Quand il faut remplacer une chaudière vétuste, repenser un système de chauffage et/ou de production d'eau chaude sanitaire ou encore choisir de quelle façon chauffer une nouvelle construction, de multiples questions se posent face aux nombreux systèmes disponibles et aux nouvelles réglementations. Le chauffage est un élément essentiel de confort dans le logement. Il représente aussi en moyenne 55% de la facture d'énergie d'un ménage. Comment alors choisir un système de chauffage adapté, combinant confort et économies d'énergie ?

En fonction de votre situation (petite rénovation, rénovation profonde, nouvelle construction), vous choisirez votre système de chauffage en respectant les principes suivants :

  • minimiser les besoins de chauffage (= renforcer l'isolation)
  • utiliser des énergies renouvelables (bois, chauffe-eau solaire, pompe à chaleur alimentée en électricité verte)
  • bien connaître les éléments de régulation (thermostat, vannes thermostatiques, sonde extérieure) de manière à utiliser le système de chauffage de manière économique 

 

Voici un récapitulatif pour décider quel système de chauffage choisir en fonction de votre situation. Il n'est pas exhaustif mais reprend les situations et options les plus habituelles. Ces situations sont détaillées dans la suite de l'article.

Choisir un chauffage pour mon logement : infographie

Une question de puissance

Avec les techniques de construction actuelles combinant une isolation renforcée, une étanchéité à l'air soignée et une ventilation performante, la puissance demandée au système de chauffage devient très faible (de 1 à 8 kW) :

Puissances de chauffage et type de construction

Cependant, la production d'eau chaude sanitaire peut demander beaucoup de puissance. Par exemple, une production instantanée de 15 l/min d'eau chaude demande ... 24 kW !

De ce fait la réflexion ne porte pas seulement sur le chauffage mais sur la meilleure combinaison chauffage et eau chaude sanitaire.

La production de chaleur

La clé d'un chauffage économe c'est la basse température. Les anciennes chaudières produisent une eau à 70°C - 90°C pour les radiateurs. Les pertes sont maximales : au niveau de la chaudière (la chaufferie devient ainsi un espace pratique pour faire sécher le linge mais où les pertes énergétiques sont énormes), des tuyaux (au plus la différence de température est élevée, au plus les pertes sont importantes, ce qui est typiquement le cas de tuyaux qui traversent des pièces non chauffées) et de la cheminée (fumées à 150°C).

Les chaudières à basse température se contentent de fournir une eau pour les radiateurs à 55 °C ou moins, ce qui est bien plus économe. 

Les chaudières à condensation sont encore plus performantes : elles travaillent à très basse température, les fumées sortent également à plus faible température (45°C) et peuvent être condensées. Cela libère de la chaleur latente et permet d'augmenter le rendement de 10% !

D'autres systèmes peuvent également assurer un chauffage à basse température : pompe à chaleur, chaudière aux pellets, chauffage solaire ...

Les émetteurs

Pour que l'eau à basse température puisse chauffer de manière efficace un logement il faut idéalement, outre une excellente isolation, des radiateurs "basse température" qui offrent une grande surface d'échange, un chauffage par le sol ou un encore un chauffage mural.

La production d'eau chaude sanitaire

A priori la production d'eau chaude instantanée est la plus économe : au lieu de conserver une grande quantité d'eau chaude à haute température (60 .. 70°C), on va produite l'eau chaude juste au moment où on en a besoin. L'inconvénient est qu'il faut une puissance suffisante et qu'une partie de l'eau est perdue en attendant que l'eau chaude soit disponible.

Avec des systèmes peu puissants cependant, il peut être intéressant d'utiliser tout de même un ballon tampon pour préchauffer l'eau et garantir un maximum de fonctionnement des appareils à leur rendement optimal.

Quel est votre niveau d'isolation ?

Nous avons imaginé quelques situations pour vous aider à choisir votre solution.

Petite rénovation

Lorsque la chaudière a plus de 20 ans, il est certainement intéressant de la remplacer ! La consommation d'énergie peut diminuer de 30%. Si elle est plus jeune, faites vérifier le rendement de combustion (lors de l'entretien), en dessous de 90%  le remplacement vaut probablement la peine.

Si, pour une raison ou une autre, vous n'améliorez pas l'isolation de votre logement et que vous changez simplement la chaudière c'est facile : seules les chaudières à condensation sont admises. Exception : si dans votre immeuble toutes les chaudières sont "sans condensation", vous ne pouvez pas installer une chaudière à condensation (à moins de prévoir un conduit d'évacuation spécifique).

Concernant la régulation, vous installerez bien sûr un thermostat (éventuellement connecté) et, s'il n'y en pas encore, des vannes thermostatiques. Une sonde extérieure quant elle permettra d'adapter la température de l'eau fournie par la chaudière aux températures extérieures, c'est un accessoire incontournable pour une chaudière à condensation.

Dans le cas d'une rénovation on n'a pas nécessairement la possibilité de remplacer les radiateurs classiques par des radiateurs "basse température". Même dans ce cas une chaudière à condensation permet d'importantes économies car, moyennant une régulation correcte, la chaudière pourra condenser 75% du temps sur la saison de chauffe !

Une étude française vient de comparer le coût des différents systèmes de chauffage en rénovation, en distinguant le remplacement des radiateurs ou non.

Elle indique que la chaudière à condensation est la solution la plus avantageuse (grâce à un coût d'installation faible) et que les convecteurs électriques reviennent le plus cher (même si le prix de l'électricité en France est bien plus faible qu'en Belgique).

Sans changement de radiateurs :

Coûts systemes

Avec changements de radiateurs (BT = basse température) :

Graphique Coenove 2

 

Grosse rénovation/nouvelle construction

En cas de grosse rénovation vous allez certainement renforcer l'isolation et peut-être repenser tout le système de chauffage. Les besoins de chauffage seront en tout cas réduits, vous pourrez opter pour des systèmes travaillant en "basse température", avec de plus petites puissances et utiliser au mieux les énergies renouvelables.

Une nouvelle construction est la situation qui permet le plus facilement d’opter pour les solutions optimales de chauffage et d'eau chaude.

Dans tous les cas, vous choisirez l'un ou l'autre système en fonction de la performance énergétique de votre habitation.

 

Rénovation/construction basse énergie

Les besoins de chauffage compris entre 30 et 60 kWh/an/m², vous aurez sans doute besoin d'un chauffage central.

Toutes les possibilités sont ouvertes, en fonction de vos préférences (chauffage par le sol, par les murs, par radiateurs), de votre envie d'utiliser des énergies renouvelables (bois, énergie solaire) et du confort d'utilisation que vous attendez (par exemple : tout automatique dans le cas d'une chaudière ou d'une pompe à chaleur ou rechargement manuel d'un poêle).

 

Rénovation/construction très basse énergie

Les besoins de chauffage sont extrêmement réduits : entre 15 et 30 kWh/an/m². En fonction de la configuration du bâtiment vous pourrez peut-être vous passer d'un chauffage central !

Dans ce cas un système de chauffage au rez-de-chaussée suffit, la distribution de la chaleur dans l'ensemble du bâtiment étant assuré par la ventilation mécanique.

 

Rénovation/construction passive

Les besoins de chauffage sont encore plus réduits : maximum 15 kWh/an/m², il n'est pas nécessaire d'installer un chauffage central. Un chauffage de très faible puissance au rez-de-chaussée suffit pour assurer une température confortable même par grand froid. L'eau chaude sanitaire peut être produite par un chauffe-eau solaire et l'appoint eau chaude et ou chauffage assuré par une chaudière à condensation, un poêle à pellets ou même une résistance électrique. Rappelons qu'il y a un rapport de 2,5 entre l'énergie primaire et l'électricité et que la consommation maximale d'énergie primaire en passif est de 42 kWh/an/m² : l'électricité ne suffit donc pas pour assurer le chauffage et produire l'eau chaude sanitaire.

Il est également possible de chauffer directement l'air distribué par la ventilation.

 

Exemples de combinaisons recommandées pour le chauffage et l'eau chaude sanitaire

Pour la production d'eau chaude sanitaire, un chauffe-eau solaire reste un must. Il permet de ne pas utiliser la chaudière en été et à l'intersaison et couvre jusque 60% de besoins sur l'année. Il peut être combiné avec n'importe quel système de chauffage, qui peut également assurer l'appoint de chaleur en hiver, lorsque les panneaux ne permettent pas un chauffage suffisant de l'eau.

Pompe à chaleur air/eau (idéalement couplée à des panneaux photovoltaïques)

Cette pompe à chaleur prend l'énergie dans l'air extérieur et le transmet dans le bâtiment via un chauffage par le sol, via un chauffage mural ou via des radiateurs basse température.

Avantages :

  • programmation aisée (vous décidez quand vous avez besoin de chauffage et à quelle température chauffer, via un thermostat)
  • économique à l'usage partir du moment où elle a un bon coefficient de performance saisonnier (rapport entre l'énergie électrique consommée et la chaleur fournie). Les meilleures pompes à chaleur air/eau sont notées A++ sur l'étiquette énergie.

Inconvénients :

  • peut être bruyant pour le voisinage (vérifier l'étiquette énergie pour choisir un modèle plus silencieux)
  • fonctionne à l'électricité : importance de passer à l'électricité verte ou de produire sa propre électricité, par exemple avec panneaux photovoltaïques
  • à éviter dans un logement mal isolé : il existe des pompe à chaleur "haute température" mais leur consommation électrique est alors élevée

Variantes : une pompe à chaleur sol/eau : elle puise la chaleur dans le sol du jardin, soit horizontalement (nécessite de l'espace) soit verticalement (nécessite de creuser profondément dans le sol, plus coûteux).

Il existe également des pompes à chaleur hybrides composées à la fois d'une chaudière à condensation (pour chauffer les jours les plus froids)et d'une pompe à chaleur.

Voir aussi : la fiche-conseil "les pompes à chaleur"

 

Poêle à pellets, avec ou sans radiateurs

Suivant la configuration de votre logement, vous pouvez vous contenter d'un simple poêle ou disposer de quelques radiateurs pour distribuer la chaleur (il ne s'agit pas d'un système central à proprement parler, vous n'aurez pas un radiateur dans chaque pièce).

Avantages :

  • utilise un combustible renouvelable
  • combustible globalement moins cher que le gaz et le mazout (même si pour le moment ce n'est plus le cas)
  • coût d'installation raisonnable

Inconvénients :

  • demande un entretien régulier (notamment en ce qui concerne la gestion des cendres)
  • la production d'eau chaude doit être assurée par un autre système
  • qualités de pellets très diverses, préférer ceux qui répondent à la norme DIN+ (www.dincertco.tuv.com)  ENplus (www.enplus-pellets.eu )

Variante : poêle à bûches. Plus économique à l'usage mais demande plus de place (entreposage des bûches) et de maintenance (chargement du poêle).

Voir aussi nos articles "se chauffer au bois", "le chauffage aux pellets" et les "poêles à bois"

 

Petite chaudière à condensation

Avantages :

  • excellent rendement
  • facilité de fonctionnement
  • programmation aisée (vous décidez quand vous avez besoin de chauffage et à quelle température chauffer, via un thermostat)

Inconvénients :

  • utilise un combustible fossile
  • demande d'être raccordé au gaz

 

Chauffage solaire

Couvre jusqu'à 40% des besoins en chauffage, le reste devant être apporté par un autre système (chaudière à condensation, pompe à chaleur, chaudière à pellets ...).

 

En résumé :

Comparaison différents systèmes

De nouvelles étiquettes énergie  

La législation européenne a récemment évolué (depuis le 26 septembre 2015) et une étiquette énergie s'applique désormais aux produits liés à l'énergie (ErP ou energy-related products) : chaudières, pompes à chaleur, boilers et cogénérations.

Deux types d'étiquettes existent maintenant : l'étiquette produit et l'étiquette système.

L'étiquette produit

Chaudière mixte (chauffage et eau chaude)

Pompe à chaleur

Chauffe-eau

L'étiquette énergie donne la classe d'efficacité de la fonction "chauffage" (de A++ à G) et de la fonction "eau chaude sanitaire (de A à G). Elle indique également la puissance de la chaudière (en kW) et le niveau de bruit (dB).

L'étiquette énergie donne la classe d'efficacité de la fonction "chauffage" (de A++ à G) et, pour un fonctionnement à basse température (35°C) et à haute température (55°C). Elle indique également la puissance de la pompe (en kW) et le niveau de bruit à l'intérieur et à l'extérieur (dB).

L'étiquette énergie donne la classe d'efficacité du boiler (de A à G) et la consommation d'énergie en kWh/an et en GJ/an. Elle indique également le niveau de bruit (dB).

 

L'étiquette systèmes

Lorsque d'autres éléments sont incorporés dans l'installation (thermostat, panneaux solaires, boiler, ...) ils influencent la performance de l'ensemble et l'étiquette en prend compte.

 

Chaudière à condensation et boiler solaire, avec régulation

 

Pompe à chaleur air/eau, couplée à des panneaux solaires, avec boiler et régulation

 

 

Primes

Lorsque vous devez définir des priorités dans une rénovation, un audit énergétique est un outil précieux. La Wallonie offre toujours un soutien (200 à 600 € suivant les revenus) et il n'est plus obligatoire pour bénéficier des autres primes.  

En Wallonie il existe une prime pour les chaudières au gaz à condensation (pas pour les chaudières à mazout), de 200 à 600 € suivant les revenus.

Il y a également une prime pour les pompes à chaleur pour produire de l'eau chaude sanitaire (400 à 1200 € suivant les revenus) et pour les pompes à chaleur pour le chauffage ou combinées (800 à 2400 € suivant les revenus)

Les prix actuels du mazout et du gaz pourraient nous endormir puisque la facture diminue toute seule (un plein de 2000 litres revient à 700€ alors qu'il y a deux ans il coûtait 1600€) mais gare à la remontée !

Quelque que soit le système de chauffage retenu, son utilisation adéquate et la prise de quelques bonnes habitudes permettent d'économiser au quotidien : limiter la température, éviter les courants d'air, ralentir (et même mieux : couper) le chauffage en cas d'absence et pendant la nuit... Les conseils sont bien connus, mais gagnent à être encore mieux appliqués !
 

Pour aller plus loin

Voir aussi