Vacances : 3 bonnes raisons de voyager autrement

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Jonas Moerman

On peut voyager autrement, en respectant l’environnement et la population locale. Nos 3 bonnes raisons d’opter pour le tourisme durable.

On compte 1 235 millions de voyageurs internationaux dans le monde. Un record ! La moitié environ voyage pour des raisons de tourisme ou de vacances.[1]

C’est un secteur en forte croissance depuis une vingtaine d'années, ce qui donne au tourisme une position privilégiée au sein de l'économie mondiale. Mais un tourisme mal maîtrisé est aussi source de problèmes environnementaux et sociaux.

De nombreux voyageurs et vacanciers souhaitent désormais se tourner vers le tourisme durable. Et ils ont de bonnes raisons.
 

1. Limiter l’impact sur l’environnement

Voyager ne sera jamais 100% écologique. Mais c’est une belle opportunité de s’ouvrir au monde et à d’autres cultures. Ou tout simplement de s’offrir un moment de repos en déconnectant du tumulte quotidien. Il est possible de profiter des bénéfices des vacances en gardant une empreinte écologique raisonnable.

> Lire nos 8 conseils pour des vacances durables.

Opter pour le tourisme durable permet de réduire en partie les problèmes environnementaux posés par le tourisme, surtout de masse.

Les principaux impacts négatifs du tourisme : 

  • Le transport contribue au réchauffement climatique. C’est le premier responsable des impacts du tourisme sur l’environnement. À travers le monde, 55 % des voyageurs prennent l’avion, 39 % se déplacent par la route, 4 % en bateau et 2 % en train.[2] Or, ce sont le transport aérien et la voiture qui génèrent le plus d'émissions de gaz à effet de serre par passager et par kilomètre. Un aller-retour Bruxelles-New York a presque autant d’effet sur le climat que de rouler toute une année avec une voiture moyenne (2,4 tonnes de CO2 ou 15 000 km en voiture).[3] Certes, le secteur de l’aviation fait des efforts mais le citoyen a aussi un rôle à jouer dans le choix de ses destinations de vacances. Autant de raisons pour privilégier le tourisme local ainsi que le train, le bus, la marche ou le vélo. Après tout, les vacances sont aussi faites pour prendre son temps !
     
  • On modifie le paysage et le terrain pour construire des infrastructures de transport et d'accueil. Cela peut fragiliser les écosystèmes. Par exemple, l’installation de complexes hôteliers partout le long d’une côte empêche les échanges naturels entre la mer, la plage et le sol sableux du littoral. La conséquence est une érosion plus grande du littoral. L'érosion du littoral est devenue critique dans de nombreux pays (Tunisie, Inde, Philippines…). À certains endroits, des hôtels entiers sont désertés car ils s’écroulent maintenant dans la mer. Mais même en France, cette érosion due aux stations balnéaires est problématique par endroits.
     
  • Le voyageur consomme beaucoup de ressources, dans des zones où elles sont parfois déjà rares. Ainsi, à Zanzibar, les touristes utilisent en moyenne 16 fois plus d'eau que la population locale (7 fois plus dans les chambres d’hôtes et 34 fois plus dans les hôtels 5 étoiles[4]). En Indonésie, les habitants doivent parcourir 3 km pour aller chercher de l’eau potable, là où un parcours de golf 18 trous consomme 3 millions de litres d’eau… par jour. [5]
     
  • Le tourisme perturbe la nature :
    • Bruit, lumière et fréquentation des espaces sauvages forment un cocktail qui trouble l'équilibre des écosystèmes, et menacent la flore et la faune.
    • Les destinations souffrent aussi de l’accumulation de comportements individuels destructeurs. Des milliers de touristes qui emportent en souvenir une plante ou un bout de corail finissent par détériorer massivement les écosystèmes.
       
  • De plus, les touristes arrivent en nombre dans des endroits pas toujours aménagés pour accueillir autant de monde. C'est un cercle vicieux : au fur et à mesure que le tourisme s'industrialise dans les zones les plus visitées, ce qui faisait une partie du charme du voyage tend à disparaître et les voyageurs se mettent alors à la recherche de destinations plus « authentiques » et « préservées ». Mais ces endroits sont souvent encore moins organisés pour accueillir massivement des voyageurs, ce qui abîme l'environnement. L'industrie touristique est en même temps contributrice et victime de ces détériorations…
     

2. Favoriser les retombées positives pour les populations locales

Le tourisme est un formidable outil économique pour les populations : il crée des emplois et génère des revenus. Il permet aussi aux pays avec peu ou pas de ressources agricoles, minières ou industrielles de se développer par la mise en valeur de leurs richesses naturelles ou patrimoniales. Ça c’est quand il est mené de façon durable, à l’initiative, en partenariat ou au moins dans le respect de la population locale.

Malheureusement, ce n’est pas assez souvent le cas, en particulier dans les pays du sud. À la place, le tourisme de masse amène des problèmes sociaux :

  • déplacement des populations pour la construction d'infrastructures, comme en Birmanie[6] ;
  • travail forcé, saisonnier, précaire, sous-payé…  ;
  • marchandisation des cultures, c’est par exemple le cas des masques du Costa Rica)[7] ;
  • augmentation généralisée des prix (y compris pour les locaux qui n’ont pourtant pas le même niveau de vie) ;
  • exclusivité donnée aux touristes sur l'accès à divers services comme le transport ou l’eau ;
  • développement de la mendicité (en particulier infantile) ;
  • tourisme sexuel ;

Le fonctionnement du tourisme de masse ne permet pas non plus un réel développement économique local. Souvent, lorsqu’on séjourne dans les grands hôtels, l'ensemble de la chaîne est gérée par des multinationales occidentales. Elles maîtrisent l'hôtellerie, les transports terrestres, la logistique, la restauration, les loisirs… Le revenu des activités touristiques échappe aux populations locales et retourne en grande partie vers les pays riches. Selon les formes de tourisme, on estime que la part du chiffre d’affaires qui reste dans les pays visités varie de 10% (croisière et tourisme « all in ») à 40% (tourisme individuel).
 

3. Encourager une offre de tourisme variée et durable

Selon l'OMT[8], pour garantir le développement durable du tourisme, il faut parvenir au bon équilibre entre les aspects environnemental, socioculturel et économique :

  • exploiter (…) les ressources de l'environnement (…) en préservant les processus écologiques essentiels et en aidant à sauvegarder les ressources naturelles et la biodiversité ;
  • respecter l'authenticité socioculturelle des communautés d'accueil, conserver leurs atouts culturels (…), leurs valeurs traditionnelles et contribuer à l'entente et à la tolérance interculturelles ;
  • assurer une activité économique viable sur le long terme offrant à toutes les parties prenantes des avantages socioéconomiques équitablement répartis, notamment des emplois stables, des possibilités de bénéfices et des services sociaux pour les communautés d'accueil, et contribuant ainsi à la réduction de la pauvreté.

On comprend aisément que certaines formes de tourisme sont difficilement compatibles avec ces principes : elles multiplient partout les séjours standardisés avec peu de plus-value locale. Quand on favorise les alternatives durables, on encourage ceux qui développent un autre tourisme et on soutient la diversité des initiatives locales. Et cela qu'on voyage près de chez soi (l'idéal pour l'environnement !) ou plus loin.

Gare toutefois aux professionnels « opportunistes » qui utilisent des arguments « éco » ou « authentiques » comme simples arguments marketing.  

Quelques suggestions pour bien choisir ses prochaines vacances :


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[1] « Faits saillants du tourisme », OMT, édition 2017, www.e-unwto.org

[2] Ibid.

[3] Calculé sur Greentripper

[4] Water Equity in Tourism – A Human Right, A Global Responsibility, Tourism Concern (Juillet 2012)

[5] Tourism and Water, Stefan Gössling,Colin Michael Hall,Daniel Scott, 2015

[8] Source : OMT

 

Voir aussi