Le vermicompostage

Vermicompostière. Photo : www.wormsasbl.org
Vermicompostière. Photo : www.wormsasbl.org

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Fiches-conseils n°104

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Composter ses déchets de cuisine lorsque l'on n'a pas de jardin, est-ce possible ? Oui, grâce à une technique simple : le vermicompostage.

À partir d'un bac à vers, confectionné soi-même ou acheté tout fait, il est possible de transformer les déchets de cuisine grâce à l'action de petits vers de terre. Ce système, peu encombrant, fournit deux produits servant à nourrir les plantes : le percolat et le compost. Bien géré, le vermicompost ne produit aucune odeur.

Le ver à compost et son mode de vie

Le ver à compost, Eisenia foetida, vit dans les couches superficielles du sol où il transforme les plantes mortes et autres matières organiques en décomposition. Il peut consommer, chaque jour, jusqu'à l'équivalent de son propre poids et se multiplie très vite. Dans des conditions favorables, la population double tous les 3 mois ! Il ne doit toutefois pas être confondu avec les lombrics qui sont des vers de terre pâles, grisâtres, beaucoup plus grands et qui labourent la terre.

La vie de ces animaux prolifiques est fortement influencée par la température, l'humidité et l'aération de leur milieu de vie. La température idéale pour eux est comprise entre 15° et 25°C. Des températures en dessous de 5°C ou au-dessus de 30°C peuvent être mortelles pour le ver. La température influence aussi son cycle de reproduction : à 10°C, il lui faudra 6 mois pour passer du cocon au ver adulte, alors qu'à 25°C moins de 2 mois suffiront. Il faudra donc veiller à protéger la vermicompostière des rayons directs du soleil en été et du gel en hiver. Une cave est un bon emplacement pour une vermicompostière.

Ces vers sont très sensibles au manque d'aération et à la sécheresse. Il est important de maintenir une bonne humidité dans le bac, mais sans excès (les déchets de cuisine contiennent 85% d'eau et ne doivent donc pas être humidifiés). Trop d'humidité chasse l'air, ce qui provoque des problèmes d'odeurs. L'aération est assurée par les vers eux-mêmes (ils font des petites galeries en se déplaçant) mais aussi par l'incorporation de matières « brunes » (petits morceaux de carton, de la litière pour cobaye, etc.) à vos déchets organiques. L'utilisation d'une petite griffe de jardin, pour remuer légèrement l'ensemble de la masse de compost et des déchets, peut également être utile.

Les vers sont sensibles à la lumière et aux vibrations. Evitez donc une vermicompostière dont les parois sont transparentes et ne la placez pas près d'une source de vibrations.

Les vers produisent des quantités impressionnantes de cocons, mais la reproduction des vers se régule d'elle-même en fonction de l'espace qui leur est attribué.

Les déchets vermicompostables

La vermicompostière sera essentiellement alimentée par des déchets de cuisine. Fruits et légumes non cuits, épluchures, marc de café avec filtre, sachets de thé, papier essuie-tout sont autant de déchets qui peuvent être valorisés dans un compost d'appartement. Evitez toutefois de mettre de grosses quantités d'un seul déchet à la fois ou de gros morceaux durs. Plus les déchets sont déchirés ou découpés finement, plus vite le processus du compostage se fera.

Le compost et le percolat : deux produits riches

Décomposés, les déchets fournissent deux produits servant à nourrir les plantes : le percolat et le compost. Le premier, un liquide de couleur foncée, est un excellent engrais. Très concentré, celui-ci est à diluer avant utilisation (une part de percolat pour 10 parts d'eau).

Le second peut être utilisé pour le rempotage des plantes ou les semis. Le compost est à mélanger avec de la terre avant utilisation.

La vermicompostière

Il en existe trois modèles : le système horizontal et le système vertical à un ou plusieurs compartiments. Ce dernier est le plus pratique parce que son fonctionnement se fait en continu et qu'il permet une récolte facile du compost et du percolat. Le choix d'un modèle dépend aussi de la place disponible, de la taille du ménage et du prix.

Actuellement, il est possible de se procurer, sur le marché belge, trois vermicompostières verticales à plusieurs compartiments avec bac de récupération du percolat :

L'Eco-Worms : comptez environ 100 euros pour ce type de modèle qui se décline en plusieurs coloris et est équipé de roulettes pour un déplacement facile.

La Can-O-Worms : comptez aux environs des 150 euros pour cette vermicompostière d'une capacité de 70 litres.

Compostière verticale artisanale à trois bacs : en vente uniquement sur Bruxelles à un prix variant entre 30 et 70 euros (le plus cher étant le bac monté et fourni avec vers).

Eco-Worms
Can-O-Worms

 

Il est également possible de construire sa propre vermicompostière !

 

Il est possible de fabriquer soi-même sa vermicompostière à partir de bacs de rangement en plastique. En plus d'être économique, cette option permet d'adapter le modèle à la situation familiale.

Un système à étages, du type Can-O-Worms , est facile à réaliser : trois bacs empilables feront l'affaire (disponibles dans des magasins de bricolage). Les bacs doivent idéalement être plus larges que hauts (20 à 30 cm) pour une bonne aération. Le bac du bas sert à récolter le percolat ; les deux bacs supérieurs sont percés de petits trous dans le fond, qui permettent l'écoulement du percolat. Un couvercle surmonte le tout pour protéger le compost de la pluie, pour empêcher les vers de sortir et pour éviter qu'ils ne soient dérangés par la lumière. Les joints entre les bacs sont colmatés afin d'empêcher une chute ou une fuite éventuelle des vers.

Lorsque le bac du premier étage est complètement rempli, c'est le moment d'ajouter un deuxième étage avec un peu de litière. Les vers vont progressivement coloniser ce deuxième étage et abandonner le premier étage. Il ne reste plus qu'à retirer le premier étage pour récolter le vermicompost et recommencer l'opération lorsque le bac restant est rempli.

Le fonctionnement

La mise en route est la phase la plus délicate : il faut compter 2 mois pour amorcer le processus.

Pour démarrer, aménagez une couche de litière (10 cm) au-dessus du fond perforé qui permet de récolter le percolat. Du carton ou du papier journal, déchiqueté et humidifié, peut servir de base. Ajoutez ensuite un peu de terre ou du compost mi-mûr contenant des vers et autres organismes utiles. Il faut au moins prévoir une centaine de vers pour démarrer. Pour en trouver, le mieux est de s'adresser à des personnes qui pratiquent déjà le vermicompostage, car il n'est pas facile d'en trouver dans le commerce.

Ensuite, laissez les vers s'acclimater à leur nouveau milieu. Pour cela, il vous suffit de les laisser tranquilles. N'alimentez surtout pas la vermicompostière pendant cette phase de démarrage.

Une bonne semaine après la mise en route, ajoutez des déchets progressivement en les répandant en fine couche. Ces déchets devront, au début, être faciles à digérer (feuilles de salade, épluchures de banane, etc.) et coupés en petits morceaux. L'erreur la plus courante est de vouloir alimenter trop vite et en trop grosse quantité la vermicompostière.

Pour quels résultats ?

Au bout de 3 mois (parfois plus, cela dépend des conditions de température, d'alimentation, d'humidité et d'aération énoncées plus haut), la litière est transformée en vermicompost.

Le vermicompost est riche en éléments nutritifs pour les végétaux (azote, phosphore, potassium, calcium et magnésium) et en oligo-éléments. Il améliore l'aération, le drainage et la structure du sol. Par ailleurs, le vermicompost est quasi neutre et n'a donc pas tendance à acidifier le sol. C'est un amendement idéal à ajouter au terreau des semis, des paniers suspendus, des bacs à fleurs ou à aromates et autres plantes d'intérieur.

Il ne faut pas s'effrayer des quantités de compost que l'on pourrait produire car le compostage est un processus qui réduit la quantité de déchets organiques. Souvent, il ne reste qu'un cinquième du volume initial à la fin du processus.

Pour en savoir plus…

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Voir aussi

Bac à compost. Photo par solylunafamilia sur flickr - https://www.flickr.com/photos/solylunafamilia/2985709812/
Bac à compost. Photo par solylunafamilia sur flickr - https://www.flickr.com/photos/solylunafamilia/2985709812/
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