Comment agir contre le réchauffement climatique ?

Evolution de la température moyenne à la surface de la terre, selon divers scénarios du GIEC (AR5)
Evolution de la température moyenne à la surface de la terre, selon divers scénarios du GIEC (AR5)

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Fiches-conseils n°29

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Il faut limiter l'augmentation moyenne de la température à la surface de la Terre de 2°C (voire même 1,5°C) par rapport à l'ère pré-industrielle si l'on veut éviter des effets irréversibles sur le climat. Il n'est pas trop tard pour agir mais il faut s'y mettre tout de suite !

Si on veut stabiliser les émissions de CO2 au niveau mondial, chaque habitant de la Terre aurait le droit d'émettre 1500 kg de CO2 par an (voir le détail du calcul). 

Comment faire ?

Le transport et le chauffage des bâtiments sont responsables de 40 % des émissions de gaz a effet de serre, ce sont donc deux postes prioritaires. Néanmoins l'énergie directe (celle dont la consommation se voit sur nos factures) ne représente qu'un tiers de notre consommation totale. Produire, transporter, éliminer les déchets des produits et services que nous utilisons au quotidien requiert de l'énergie. Cette énergie cachée s'appelle l'énergie grise et une grande part se trouve dans... notre alimentation.

Le chauffage

Le chauffage représente plus de 70% de la consommation d'énergie dans les logements.

En Région wallonne, la moyenne du parc de logements nécessite plus de 200 kWh/an/m2 (soit 20 litres de mazout ou 20 m3 de gaz/an/m2) pour le chauffage. Un logement K55 demande 125 kWh/an/m2. Une maison K45 n'en demande plus que 100 et une maison passive se contente de 15 kWh/an/m2!
Lors de la conception des habitations, il faut orienter les principales ouvertures (fenêtres/véranda) vers le sud et réduire la taille des fenêtres situées au nord et à l'ouest. L'isolation et l'étanchéité à l'air doivent être renforcées et la ventilation doit assurer un renouvellement de l'air efficace.

Si l'isolation est prépondérante, des gestes simples permettent aussi des économies non négligeables :

  • Mettre un pull : passer de 21°C à 19°C permet d'économiser 14% d'énergie.
  • Eteindre le chauffage en cas d'absence (même courte) et pendant la nuit. L'énergie consommée lors de la relance du chauffage sera toujours inférieure à l'énergie économisée.
  • Réguler le besoin en chaleur dans le logement, en programmant la température en fonction des horaires et selon les pièces : vannes thermostatiques sur 2 (16°C) pour une chambre à coucher ou sur 3 (19 à 20°C) dans le salon... (/!\ s'il y a un thermostat dans la pièce, la vanne doit être sur 5, dans ce cas c'est le thermostat qui limite la température dans la pièce).
  • Eteindre le chauffage lorsque l'on aère le logement quotidiennement.
  • Laisser entrer la chaleur du soleil, elle est gratuite et inépuisable : ouvrir grand les rideaux en journée
  • Ne pas couvrir les radiateurs ou les convecteurs (notamment avec du linge à sécher).
  • Fermer les rideaux, stores ou volets pendant la nuit.
  • Placers des panneaux réfléchissants derrière les radiateurs situés contre un mur extérieur.
  • Eteindre la chaudière en été et vérifier que le circulateur est coupée.
  • Veiller à l'entretien la chaudière : on peut économiser jusqu'à 10% de combustible.

Les déplacements

Le secteur des transports est celui où les émissions de CO2 ont le plus augmenté ces 15 dernières années : +30% !
Nous parcourons de plus en plus de kilomètres avec de moins en moins de passagers dans les voitures et l'impact est particulièrement énorme : une voiture moyenne (essence, 5l/100 km) qui parcourt 15.000 km/an émet 1,8 tonnes de CO2 par an !

Ce sont les premiers kilomètres de chaque déplacement qui usent le plus un véhicule et qui polluent le plus. Pour un trajet court, le vélo est souvent plus rapide que la voiture. Plus de 30% des trajets urbains effectués en voiture font moins de deux kilomètres ! Pour les déplacements un peu plus longs, penser aux transports en commun. Pratiquer le co-voiturage et le carsharing permettent de diminuer les kilomètres en voiture individuelle.
Contrôler la pression des pneus, retirer la galerie de toit non utilisée, moins utiliser la climatisation, vider le coffre de tous les chargements inutiles, conduire en souplesse... autant d'éléments qui font baisser la consommation.
Voir la fiche n°119 "Mieux utiliser sa voiture".
En respectant ces conseils, il est possible de réduire de 30% les émissions de CO2 dues au véhicule.
Consulter l'écoscore à l'achat d'un véhicule neuf et choisir un modèle qui est bien classé.

Attention à l'avion : un vol A/R Bruxelles-New York provoque l'émission de 1100 kg de de CO2 par passager mais l'effet sur le réchauffement est l'équivalent de 3,2 tonnes (notamment à cause des traînées de condensation) !

L'eau chaude

Lors de la production d'eau chaude, la consommation d'énergie est fonction de la température de l'eau; 40 à 50°C suffisent aux besoins quotidiens. Une température plus élevée favorise l'entartrage et la corrosion des tuyauteries et des appareils. 1,5 mm de tartre dans les canalisations entraîne une perte d'énergie d'environ 15%. Il est donc très utile d'entretenir l'installation régulièrement.
Avec un pommeau économique et une courte durée, une douche consomme moins d'eau (20 à 60 litres) qu'un bain (100 à 150 litres). Mais gare aux longues douches avec un pommeau classique (15l/min), la consommation atteint facilement 150 à 200 litres.
Il vaut mieux installer un chauffe-eau au gaz qui produit de l'eau chaude au fur et à mesure des besoins, plutôt qu'un chauffe-eau électrique qui garde en permanence une grande quantité d'eau à haute température (65 à 70°C).
Une veilleuse qui reste allumée toute la nuit consomme autant de gaz qu'une douche. Un chauffe-eau au gaz muni d'un allumage électronique évite cet inconvénient. Il existe des modèles automatiques, qui s'allument à l'ouverture du robinet.
Encore mieux : installer un chauffe-eau solaire, qui permettra d'économiser de 40 à 70% de la consommation d'énergie pour l'eau chaude. Des primes existent à cet effet.

L'électricité

En Belgique l'électricité est produite à 60% par du nucléaire, 27% par du gaz et 13% par des renouvelables (chiffres 2016). Le facteur d'émission moyen est de 230g CO2/kWh. 

Quand on consomme 1 kWh d'électricité chez soi, il a fallu injecter 2,5 kWh dans une centrale.

Les appareils récents consomment souvent moins que leurs prédécesseurs. Néanmoins, tous ne sont pas économes et on en possède toujours plus !

Choisisir des appareils de classe énergétique A+++, qui consomment moins d'énergie que les autres, voir "l'étiquetage énergétique".

  • Lave-linge, lave-vaisselle : Faire fonctionner les appareils une fois qu'ils sont bien remplis et sélectionner des programmes "basse température" ou "économiques". C'est le chauffage de l'eau qui consomme le plus d'energie. Certains appareils se raccordent directement à l'arrivée d'eau chaude : intéressant si l'on ne chauffe pas l'eau à l'électricité.
  • Frigo : vérifier le bon état des joints de la porte et dégivrer le congélateur. Ne pas le placer à côté d'une source de chaleur (radiateur, fenêtre au sud). Laisser refroidir les aliments avant de les mettre dans le frigo. Voir "Mieux utiliser son frigo".
  • Cuisson : Une cuisinière au gaz consomme deux fois moins d'énergie qu'une cuisinière électrique. Et parmi les cuisinières élecrtriques, celles à induction consomment 30% en moins que les autres (taques en fonte et vitrocéramique).
    L'utilisation d'une casserole à pression économise 40 à 70% en temps comme en énergie et poser un couvercle sur une casserole permet de réduire de moitié la consommation d'énergie.
  • Appareils en veille : certains appareils continuent à consommer même quand ils sont éteints, un multiprise à interrupteur permet d'éviter ce gaspillage d'électricité.
  • L'éclairage : préférer les ampoules économiques et les LED, elles consomment cinq à six fois moins d'énergie que les lampes à incandescence classiques, pour une même quantité de lumière. Voir S'éclairer sans gaspiller.

L'alimentation

La fabrication d'engrais, le méthane émis par les ruminants, les emballages et le transport font de l'agriculture et de l'élevage une source non négligeable de gaz à effet de serre. 

Pour diminuer l'impact de l'alimentation, on diminue la consommation de viande, on choisit des produits locaux et de saison et on achète en vrac autant que possible. Les produits issus de l'agriculture biologique sont aussi moins émetteurs de gaz à effet de serre.

L'informatique

L'utilisation d'Internet engendre une consommation d'énergie énorme à cause des centres de données qui stockent les informations. Les vidéos sont particulièrement gourmandes en place et leur utilisation va en augmentant. 

Qu'est-ce que l'effet de serre?

Le soleil émet des rayons qui réchauffent la terre. Une partie de cette énergie est absorbée par la terre mais la plus grande partie est réverbérée dans l'espace sous forme de rayonnement infrarouge. Or l'atmosphère terrestre contient des gaz qui retiennent une partie importante de cette chaleur réverbérée par la terre, à la manière des vitres d'une serre. Sans cet "effet de serre" naturel, la température moyenne sur terre serait tellement basse (-18°C contre +15°C actuellement) que la vie n'y serait pas possible !

Les gaz à effet de serre (GES) sont par ordre d'importance, en quantité : la vapeur d'eau, le CO2 (dioxyde de carbone), le CH(méthane), le N2O, les gaz fluorés (HFCs, PFCs, SF6)... Ces gaz, pour la plupart produits naturellement, proviennent aussi des activités humaines. C'est pourquoi, depuis l'industrialisation, leur concentration ne cesse d'augmenter. Et c'est le CO2 qui a augmenté dans les proportions les plus inquiétantes.

D'où vient le CO2?

Pour satisfaire nos besoins énergétiques, nous utilisons majoritairement des combustibles fossiles (charbon, gaz naturel et dérivés du pétrole) et du bois . En brûlant, tous ces combustibles produisent un déchet : le CO2 .

Ce sont les pays les plus industrialisés qui produisent le plus de CO2. Avec 10 tonnes eq CO2 par habitant et par an, la Belgique fait partie des gros producteurs (la moyenne européenne étant de 11 tonnes par an et la moyenne mondiale de 5,5 tonnes par an). Comme le CO2 a une durée de séjour d'une centaine d'années dans l'atmosphère, il s'accumulera encore longtemps même si toute émission cesse.

 

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