Est-ce rentable d’installer des panneaux photovoltaïques ?

Est-il rentable d'installer des panneaux solaires photovoltaïques ?
Est-il rentable d'installer des panneaux solaires photovoltaïques ?

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Auteurs : 

Jonas Moerman

Produire de l’électricité avec des panneaux solaires reste très intéressant, même avec peu de soleil et même sans prime.

Prix, taxes, primes… Est-ce encore rentable d’installer des panneaux photovoltaïques en Belgique ?

Pour les particuliers, le photovoltaïque est la manière la plus efficace de produire de l’électricité verte, contrairement aux éoliennes domestiques. Le coût d’installation des panneaux photovoltaïques a baissé de manière spectaculaire, au point qu’une installation peut être rentable sans subsides.

L’intérêt financier se marie bien ici avec l’intérêt environnemental. Augmenter la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité est essentiel pour assurer la transition énergétique et maîtriser le réchauffement climatique.

> Lire aussi : 100% d’énergie renouvelable en 2050, est-ce possible ?
 

Rentable même sans prime

Il n’y a plus aucune prime à l’installation de panneaux photovoltaïques, dans aucune des trois régions de Belgique. Mais les certificats verts (à Bruxelles) et la compensation (compteur qui tourne à l’envers en Wallonie, compteur A+/A- à Bruxelles) permettent de rentabiliser l’investissement en 7 ou 8 ans.

Les conditions varient d’une région à l’autre. Elles dépendent aussi de la puissance de l’installation, que l’on compte en kilowatt-crête (ou kWc). [1]

En Wallonie, il n’y a plus de prime ni de certificats verts octroyés aux petites installations photovoltaïques (en-dessous de 10 kWc). Comme leur rentabilité atteint 7 à 8 % [2], il n’est plus nécessaire de soutenir l’installation de panneaux.[3] Par contre, les grandes installations de plus de 100 kWc reçoivent encore 0,9 CV par MWh (1000 kWh) produit.

À Bruxelles, les petites installations (moins de 5 kWc) reçoivent chacune 3 Certificats Verts (CV) par 1000 kWh produits pendant 10 ans. Ces certificats verts peuvent ensuite être revendus, le prix moyen est de 90 €.

Pour estimer la rentabilité d’une installation à Bruxelles ou en Wallonie on peut utiliser le simulateur financier de l’APERe.

Rentabilité du photovoltaïque

Exemple de calcul pour la Wallonie :

Exemple de calcul de rentabilité d'une installation photovoltaïque
Pour une production de 3500 kWh/an[4], on a une installation de 3,8 kWc qui coûte 6250€. On tient compte du remplacement de l’onduleur (1250 €) tous les 10 ans. Après 8 ans seulement, l’installation est amortie et celui qui a placé des panneaux photovoltaïques paie moins cher pour son électricité que s’il n’en n’avait pas. Après 25 ans, son gain atteint 9600 €.
 

À Bruxelles une carte solaire permet de connaître le potentiel de chaque toit. Il suffit d’introduire une adresse pour obtenir les chiffres-clés : coût de l’installation, gains en Certificats Verts, économies sur la facture d’électricité, temps de retour de l’investissement…

Simulation de gain avec le photovoltaïque
 

Intéressant même avec la fin de la compensation en 2020 ?

La compensation est un élément important pour la rentabilité : quand l’installation produit plus que ce qui est consommé dans le réseau, le surplus est injecté sur le réseau public. Quand la production photovoltaïque diminue ou est nulle (la nuit notamment), l’utilisateur consomme l’électricité du réseau. Lors de la régularisation annuelle, la quantité d’électricité injectée sur le réseau est défalquée de la quantité utilisée du réseau.

Par exemple : si on a injecté 1000 kWh et qu’on a consommé 1500 kWh, le fournisseur va seulement facturer 500 kWh. Le réseau est donc utilisé comme un système de stockage gratuit.

En 2020, la compensation n’existera normalement plus à Bruxelles et en Wallonie un tarif prosumer sera instauré pour l'utilisation du réseau [5] :

  • soit forfaitaire à raison de 62,24% de la puissance nette développable pour produire de l'électricité, en supposant 37,76% d'autoconsommation
  • soit selon la consommation exacte, à condition d'avoir un compteur double flux. 

Les propriétaires de panneaux photovoltaïques auront donc intérêt à utiliser une plus grande partie de l’électricité qu’ils produisent (c'est-à-dire à autoconsommer) plutôt que de l’injecter sur le réseau public.

En effet, ce qu’ils injectent pourra être revendu mais à un prix très faible de 0,03 à 0,04 €. Alors que quand on consomme 1 kWh du réseau, on le paie 0,25 € (y compris les frais de transport et de distribution, les redevances et la TVA).

Installer un système de stockage chez soi peut donc devenir intéressant.
 

Faut-il installer des batteries ?

Les batteries permettent de stocker l’électricité produite pendant la journée et de l’utiliser quand il n’y a plus de soleil. Tant que le principe de la compensation existe, elles n’ont pas d’intérêt, à part rassurer ceux qui craignent un blackout. En effet, leur prix est élevé : un pack Tesla de 14 kWh coûte autour de 8000€.

Dans quelques années, le prix des batteries devrait baisser. Et si des frais affectent la rentabilité du photovoltaïque (comme une taxe pour l’utilisation du réseau), le calcul pourrait leur être favorable.

Beaucoup plus abordable (700 à 1000 €), le PV Heater peut apporter une solution en utilisant le surplus de production pour chauffer l’eau. Il a l’avantage d’être facile à installer.

Principe de fonctionnement du PV Heater
Fonctionnement du PV Heater : quand toute l’électricité n’est pas consommée par les appareils du logement, le surplus est automatiquement utilisé pour chauffer de l’eau. Source : Renouvelle et Energie 4.
 

Peut-on couvrir toute sa consommation électrique ?

Oui, à condition d’avoir un toit suffisamment grand, bien orienté et avec la bonne inclinaison.

Une installation de 1 kWc produit environ 920 kWh/an en Belgique. Pour couvrir la consommation d’un ménage de 4 personnes sans chauffe-eau électrique (3500 kWh/an), on compte une installation de 3,8 kWc environ. Mais pour un calcul plus précis, il faut tenir compte de sa propre consommation, qui est reprise sur la facture annuelle.

On couvrira d'autant plus ses besoins que l'on consomme peu d'énergie. On commence donc par adopter des comportements économes et s'équiper d'appareils efficaces (éclairages LED, électroménagers économes...). Et on couvre ce qui reste avec des énergies renouvelables.

Orientation et inclinaison optimales

La production des panneaux dépend à la fois de l’orientation (le sud est optimal) et de l’inclinaison du toit (35% est l’inclinaison idéale).

Mais des écarts par rapport à l’idéal ne sont pas un problème : l’irradiation entre le sud-ouest et le sud-est est maximale, tant que la pente du toit est comprise entre 30 et 40°.

Production photovoltaïque selon orientation et inclinaison du toit
Énergie reçue par unité de surface, en fonction de l’orientation et de l’inclinaison. Source : https://www.guidebatimentdurable.brussels
 

Combien d’émissions de CO2 économise-t-on ?

Le simulateur de l'APERe donne également une estimation des émissions de CO2 évitées grâce au photovoltaïque. Elle tient compte de la fabrication et du transport des panneaux :

Calcul des économies de CO2 grâce aux panneaux photovoltaïques
L'énergie grise de l'installation de 3,8 kWc est de 9880 kWh. Il faut 2,8 ans pour que les panneaux produisent l'équivalent de cette énergie (temps de retour énergétique). Sur leur durée de fonctionnement, les panneaux auront produit 8,3 fois plus d'énergie que leur énergie grise. Le compte est bon : ils auront permis d'économiser 37 tonnes de CO2 en 25 ans.

Pour autant, on n'oubliera pas la sobriété et l'efficacité dans l'utilisation de l'énergie, pour éviter l'effet rebond !

On paie une cotisation de recyclage de 2€/panneau lors de l’achat de panneaux photovoltaïques. Une fois arrivés en fin de vie ces panneaux sont pris en charge par PV Cycle pour être recyclés.
 

Que comprend une installation photovoltaïque ?

Une installation photovoltaïque comprend :

  • des panneaux pour capter le rayonnement du soleil ;
  • un onduleur pour convertir le courant continu en courant alternatif ;
  • un compteur vert qui comptabilise la quantité d’électricité produite ;
  • à Bruxelles le compteur ne peut pas tourner à l’envers : un compteur bidirectionnel mesure la quantité d’électricité injectée sur le réseau et celle consommée depuis le réseau.

Les types de panneaux

Il y a grosso-modo deux types de panneaux disponibles pour les particuliers : les monocristallins (simples et à haut rendement) et les polycristallins.

 

Panneaux PV monocritallins

Panneaux PV polycristallins

Type de panneau

Monocristallin

Polycristallin

Rendement

16 à 22 %

12 à 16 %

Productivité

200 Wc /m²

170 Wc/m²

Surface occupée par 1 kWc

3 à 4 m²

5 à 6 m²

Valeurs moyennes pour les panneaux photovoltaïques à cellules mono- ou polycristallins. Source : Energie Plus


Les monocristallins ont un meilleur rendement mais coûtent plus cher à l’achat. En fonction de la surface disponible, on préférera l’une ou l’autre technique.

Le compteur vert

Il est compris dans l’installation et doit être conforme aux exigences du du régulateur (Brugel à Bruxelles, CWaPe en Wallonie). Ce compteur enregistre le nombre de kWh produits par l’installation et permet d’obtenir des certificats verts.

Il permet aussi à l’utilisateur de calculer la rentabilité de son installation.
 

Aller plus loin

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[1] Le kWc est la puissance que les panneaux peuvent donner dans des conditions standard : sous un ensoleillement de 1000 W/m², à une température de 25°C et un ciel dégagé.

[2] Si on mettait la somme investie sur un compte, les intérêts correspondraient à un taux de 7 à 8%.

[4] Consommation moyenne d’un ménage de 4 personnes sans chauffe-eau électrique. L’idéal est de connaître sa propre consommation en consultant sa facture annuelle.

[5] Voir explications de la CWAPe, le régulateur régional

Voir aussi