Les vêtements écologiques

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Fiches-conseils n°135

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Comment garnir sa garde-robe de façon éco-responsable ? Derrière ce petit pull à la mode ou ce jeans délavé se cachent un sombre bilan environnemental, sanitaire et social. Mais le monde de la mode évolue et on trouve plus facilement des vêtements bio, écologiques, éthiques.

Textiles écolos et éthiques : quels labels ?

Plusieurs labels peuvent guider le choix.

GOTS

 
Le label GOTS garantit un minimum de 70% de fibres bio, une fabrication à faible impact écologique et des conditions de travail décentes. En savoir plus sur le label GOTS.

L'Écolable européen

 
L'Écolabel européen interdit ou limite des substances nocives, réduit les émissions dans l'air et l'eau, impose des mesures d'efficacité énergétique et des critères de qualité. En savoir plus sur l'Écolable européen pour les textiles.

Oekotex 100 « Confiance textile »

Le standard Oekotex 100 (Confiance textile) garantit l’absence de certaines substances nocives dans le produit fini et le respect des taux précisés par la législation. En savoir plus sur Oekotex 100.

Fairtrade

Le label Fairtrade garantit aux producteurs un prix plus juste et des conditions de travail décentes. Une prime additionnelle permet aux communautés de se développer. En savoir plus sur le label Fairtrade pour le coton.

Un label bio suffit-il ?

Le coton bio est de plus en plus répandu. Disponible au départ dans quelques boutiques spécialisées, puis chez quelques créateurs, il est aujourd'hui largement présent aussi dans de grandes chaînes d'habillement. Mais suffit-il d'acheter un t-shirt bio pour s'habiller de façon éco-responsable ? Que penser des t-shirts bio qu'on achète pour trois fois rien en grande surface ? Certes, qu'un vêtement soit en coton bio, c'est un sacré progrès. Cependant, la certification bio s'applique à la culture du coton et parfois à certains autres aspects comme les traitements de la fibre, les teintures, la consommation d'énergie... Mais des enfants travaillent-ils dans les champs de coton ? Les couturières perçoivent-elles un salaire minimum leur permettant de nourrir et loger leur famille ? Le label bio ne dit rien des conditions sociales de production... C'est pourquoi il faut rester vigilant et s'informer.

achACT a passé au crible 55 marques et enseignes présentes sur le marché belge afin d'évaluer si elles garantissent un salaire vital à leurs travailleuses et travailleurs.

Le coton : une culture très polluante

Le bilan écologique du coton produit industriellement est lourd :

  • Les pesticides chimiques sont répandus en grande quantité sur les cultures de coton conventionnelles. À cela s'ajoutent des engrais de synthèse.
  • Parmi les pesticides utilisés, on trouve l'aldicarb et le parathion. Ces deux pesticides sont classés par l'OMS comme « extrêmement dangereux ». Le risque d'intoxication aiguë est énorme (une goutte sur la peau peut être fatale), les accidents sont fréquents et leur issue souvent mortelle. Les enfants sont les premières victimes, mais même les personnes vivant à proximité des champs présentent parfois des symptômes d'intoxication suite aux épandages.
  • Les produits chimiques polluent l'eau des régions où le coton est cultivé. Côté consommation, entre 5000 et 7000 litres d'eau seraient nécessaires pour la production d'un kilo de coton. La pratique de l'irrigation est une menace sérieuse pour les nappes phréatiques et il va sans dire que l'eau utilisée pour l'irrigation des cultures de coton ne sera pas utilisée pour les besoins des habitants (notamment pour les cultures vivrières).
  • Avec 15,5 millions d'hectares sur 30, le coton transgénique représente déjà la moitié des surfaces mondiales totales de coton.
  • Pour leur transformation en vêtement ou linge de maison, les fibres subissent plusieurs traitements : blanchiment, teinture, apprêts... Chaque étape amène son lot de polluants que l'on retrouve dans l'environnement mais également dans les vêtements ! La campagne « Detox » de Greenpeace décrie entre autres la présence de substances toxiques comme les métaux lourds, le NPE (éthoxylates de nonylphénol) ou encore les phtalates, qui perturbent le système endocrinien.

Côté social, la situation des petits cultivateurs de coton aujourd'hui est loin d'être facile. Le prix du matériel agricole est en constante augmentation alors que le cours du coton diminue chaque année. En cause : les subventions reçues par les grands cultivateurs américains, chinois et européens qui inondent le marché de produits à bas prix. En même temps, la production - et donc l'offre - ne cesse d'augmenter, ce qui fait encore plonger les prix vers le bas. Autre difficulté : les grandes multinationales du vêtement font leur marché chez les gros producteurs qui proposent les prix les plus bas.

Et les autres fibres naturelles ?

Le lin

La culture conventionnelle du lin utilise relativement peu d'engrais et de pesticides. Les traitements de la fibre (blanchiment, teinture...) sont également moins nombreux que pour le coton. Autre avantage du lin : il peut être cultivé sous nos latitudes, ce qui limite les transports.

Le chanvre

Le chanvre est une plante peu exigeante, qui s'adapte partout et prospère sans pesticides ni engrais. Grâce aux progrès techniques, le chanvre est devenu très agréable à porter. Malheureusement, à cause de réticences non justifiées (les variétés transformées en textile ne contiennent pas des taux de substances psychotropes suffisants pour nous faire de l'effet), sa culture reste encore marginale dans notre pays.

Bien choisir... et bien entretenir

Les vêtements labellisés ne sont pas encore omniprésents... Indépendamment de cela, il est toujours intéressant d'investir en priorité dans des vêtements et chaussures de qualité et réparables.

Par ailleurs, malgré toutes les pollutions émises lors de la fabrication ou l'élimination des textiles, une étape fort polluante reste l'utilisation. Laver les vêtements consomme beaucoup d'énergie, d'eau et de détergents.

Sur l'entretien du linge, consulter :

Enfin, si on a des vêtements en bon état qu'on ne porte plus, on pense seconde main :

  • On peut donner des vêtements en bon état à des entreprises d'économie sociale qui les revendront à petit prix. Et on n'hésite pas à y faire un tour pour des trouvailles à prix sympa.
  • On n'oublie pas que les vêtements qu'on met dans le sac ou la bulle sont destinés à être portés par quelqu'un d'autre. À peine 5% des vêtements récoltés peuvent effectivement être revendus tels quels, les autres étant en trop mauvais état.

Plus d'infos : La récup' des textiles

Où trouver du textile écologique et/ou éthique ?

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