Focus conso alimentation 3/3 : le commerce équitable

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Auteurs : 

Sylvie Wallez

Produits alimentaires équitables : une alternative crédible aux pratiques commerciales dominantes

Dernier volet « alimentation », le mois de décembre se focalise sur l’alimentation équitable après qu’on ait passé en revue les principes de l'alimentation durable et le bio.

Business

Dans notre société de consommation mondialisée, qui prône la croissance comme seul mode de survie, le commerce a fortement évolué : explosion des volumes échangés, déplacement des zones de production, mutation dans la nature des produits échangés, etc. Dans le secteur de l’alimentation, les multinationales agro-alimentaires sont majoritairement à la manœuvre. La grande distribution vient compléter le tableau pour offrir à tous, tout le temps, des produits à bas prix. Si la qualité intrinsèque d’un produit n’est pas toujours bradée, on ne pas expliquer le différentiel de prix entre un petit producteur et une multinationale par le seul effet des économies d’échelle via la production et la distribution de masse. Ainsi, les multinationales n’hésitent pas écraser les prix payés aux producteurs, ni à déplacer les zones de production au fil des avantages qu’elles y trouvent… Objectif : toujours pour plus de profit, au mépris du bien-être parfois le plus élémentaire du travailleur : droits sociaux, rémunération juste, santé, sécurité, etc. De nouveaux esclavages voient le jour loin des yeux du consommateur.

Qu’entend-on par commerce équitable ?

FINE[1] le définit comme suit :

Le commerce équitable est un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud de la planète.
Les organisations du commerce équitable, soutenues par les consommateurs, s’engagent activement à soutenir les producteurs, à sensibiliser l’opinion et à mener campagne en faveur de changements dans les règles et pratiques du commerce international conventionnel. 

 

[1] FINE est un réseau informel des quatre principales fédérations internationales du commerce équitable, créé en 1998. FINE est un acronyme formé à partir du nom de ses membres :

F : Fairtrade Labelling Organizations (FLO)
I : International Federation of Alternative Trade (IFAT), aujourd'hui Organisation mondiale du commerce équitable (OMCE)
N : Network of European Worldshops (NEWS)
E : European Fair Trade Association (EFTA)

Commerce équitable vs commerce de l'équitable

Beaucoup de questions sont posées à l’égard du commerce équitable, souvent critiqué et interrogé dans les médias. Il est d’ailleurs interpellant de constater, un peu comme pour le secteur bio, que les critiques sont plus véhémentes à l’égard de pratiques qui visent à plus de vertu qu’à l’égard des pratiques classsiques. Néanmoins, tout système connaît des dérives et reste perfectible. S’il n’y a qu’une seule définition du CE, il y a plusieurs manières de le pratiquer, selon le point de vue pris en compte et la stratégie de développement choisie. Ainsi, les pionniers du commerce équitable ne se reconnaissent-ils pas toujours dans les stratégies de développement choisies par FLO-MaxHavelaar et Ecocert. Ces derniers ont choisi l’expansion quantitative, avec le développement de filières et de débouchés commerciaux : plus de produits certifiés, disponibles plus largement pour plus de monde. D’autres ont choisi une voie plus militante où le commerce équitable n’est pas une fin en soi mais un outil de soutien pour les producteurs, un moyen d’émancipation pour le citoyen et un levier de changement du commerce mondial.

De la confiance aux garanties

Il existe une certification des produits issus du commerce équitable. Toutefois, la question des garanties pose immanquablement celle de la confiance que le consommateur est prêt à accorder aux acteurs du CE qui en proposent les produits.

Tant que le CE équitable était porté par les acteurs associatifs, caritatifs, militants dont l’objectif n’était pas lucratif, la question de la confiance ne se posait pas vraiment pour peu que la transparence soit assurée. Depuis que les multinationales de la production, de la transformation et de la distribution sont entrées dans la danse, c’est autre chose, dans la mesure où leurs objectifs ne sont pas désintéressés. Il s’agit beaucoup plus de faire « commerce de l’équitable », et donc de s’assurer des parts de marché et du profit, que de véritablement faire du commerce équitable. Il y a indéniablement des progrès mais cela reste la différence entre prendre en compte le seul produit qui respecte les critères du commerce équitable et prendre en compte toute la filière qui doit respecter, pour chacun de ses acteurs, les critères du commerce équitable. Au-delà du produit, c’est toute la chaîne qui fonctionne selon les principes du CE. D’un coté, on aura des produits qui correspondent donc à des critères. De l’autre, on aura des produits qui correspondent non seulement aux critères mais aussi à une philosophie d’équité, de justice économique et sociale, sur toute la chaîne, sans recherche du profit à tout prix.

Consommateur responsable ... et critique

Le commerce équitable offre donc de belles opportunités de rééquilibrage nord-sud, mais le consommateur doit rester vigilant. En effet, la course aux volumes a quelque peu perverti les valeurs de certains labels et dilué l’équité au profit… du profit ! Aux premiers jours du commerce équitable, seuls les petits producteurs, avec des surfaces de production limitées à quelques hectares, pouvaient accéder au label Max Havelaar. Ce n’est plus tout à fait vrai aujourd’hui. Fair Trade International (ex-Max Havelaar) se tourne désormais vers les grands producteurs afin d’assurer les volumes et les flux. Cela présente des risques comme le moindre respect des droits du travail et une concurrence lourde à l’égard des petits producteurs, qui se voient parfois contraints d’abandonner leurs terres pour aller travailler dans les grandes propriétés. Trop peu de contrôleurs sur le terrain, trop peu de contrôles et la porte est ouverte aux dérives mercantiles. 

Action

Pistes de réflexion


Labels et marquages


Label Fairtrade

Fairtrade : indique que le produit provient du commerce équitable.
 

 

Logo d'Oxfam Fair TradeOxfam Fair Trade : signale les produits issus du commerce équitable vendus par Oxfam-Magasins du monde. pas à proprement parler un label, mais bien une marque détenue par un organisme non gouvernemental. En Belgique c’est l’asbl Oxfam Magasins du monde qui gère cette marque.


 

Label Ecocert équitable 

Ecocert : le produit répond à la fois aux critères de l’agriculture biologique et du commerce équitable (selon le référentiel « ESR »).

 

bioéquitable
Bio équitable : Le produit répond à la fois aux critères de l’agriculture biologique et du commerce équitable (selon le référentiel « ESR »). Ce label s'adresse aux entreprises en partenariat avec des producteurs des pays émergents ou en voie de développement.

 

Bio Solidaire
Bio solidaire : le produit répond à la fois aux critères de l’agriculture biologique et à ceux de la charte « Bio solidaire ». Ce label a pour but de développer des partenariats de proximité entre transformateurs et producteurs (français). 

 

Focus conso alimentation 1/3 : à manger pour tous !

Focus conso alimentation 2/3 : manger bio

Voir aussi