Le transport aérien

FreeImages.com / Alberto Grilo
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Fiches-conseils n°102

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Avec 4,1 milliards de passagers transportés en 2017 et plus de100.000 vols par jour, l'aviation est un poids lourd économique. Au niveau mondial, elle est responsable de 2% des émissions de CO2 (450 millions de tonnes/an) et de 5% du réchauffement climatique. En l'absence de mesures de réduction, les émissions pourraient augmenter de 300% d'ici 2050. 

C'est le transport aérien qui génère la plus grande quantité d'émissions de CO2 par passager/km (et par tonne/km dans le cas du fret). En moyenne, un passager d'avion émet deux fois plus de CO2 qu’envoiture, 6 fois plus qu'en train, en métro ou en bus. Pour les marchandises, on évalue qu'il produit 6,5 fois plus de COqu'un camion et 80 fois plus qu'un train ou un bateau. Tout ceci, sans parler du bruit dont sont victimes les riverains des aéroports …

Un avion moyen (bimoteur, 150 passagers) consomme 2700 kg de kérosène à l'heure ce qui provoque l'émission de 8500 kg de CO2 (la combustion d'un kg de kérosène émet 3,15 kg de CO2).

Lors d'un aller-retour Bruxelles-New York, un avion émet environ une tonne de CO2 par passager, cela dépend de plusieurs facteurs comme le type et l’âge de l’avion, le taux de remplissage, le nombre de sièges en classe affaires... Il émet aussi des oxydes d'azote, des particules et de la vapeur d’eau provoquant des traînées de condensation et la formation de Cirrus (nuages de haute altitude). Les effets des émissions de NOx, des traînees de condensation et des Cirrus restent encore mal connus.


Source : European Aviation Environmental Report, 2016

 

Le GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) propose de multiplier les émissions de CO2 de l’avion par 2,7 pour tenir compte de l'effet radiatif des autres gaz.
Autrement dit, l'effet du vol aller-retour Bruxelles-New York serait le même que si l’on émettait l’équivalent de 2,9 tonnes de CO2 au sol !

Un aller-retour Bruxelles-New York a donc presque autant d’effet sur le climat que de rouler toute une année avec une voiture moyenne (20.000 km à 5,5 l de diesel/100 km) ou d'utiliser 1100 litres de mazout.

Les vols court et moyen-courrier émettent proportionnellement plus des gaz à effet de serre car le décollage et l’atterrissage provoquent une surconsommation de carburant. Les chiffres varient suivant les sources, à cause des hypothèses utilisées. Voici deux exemples :

Chiffres utilisés par l'ADEME pour évaluer les émissions de CO2 des avions :

  • Court courrier (distance < 1000km): 148 gCO2/voyageur/km
  • Moyen courrier (distance > 1000km) : 134 gCO2/voyageur/km
  • Long courrier : 96 gCO2/voyageur/km

Des chiffres éloquents en Wallonie

L'aéroport de Charleroi accueille plus de sept millions de passagers/an. Quant à l'aéroport de Liège, ce sont 650.000 tonnnes de fret qui y transitent chaque année. 

Les autorités saluent la bonne santé  du secteur sans se tracasser des impacts climatiques (on verrra bien en 2100).

Quelles solutions politiques?

Le rendement énergétique des avions s’est fortement amélioré d'année en année. Malgré cela les émissions de GES des avions continuent à augmenter du fait de l’accroissement du trafic et du tourisme en particulier, vu notamment l'essor des compagnies low-cost. Les solutions avancées aujourd’hui sont :

  • Une taxation du kérosène : celle-ci serait la plus efficace mais devrait être mise en oeuvre au niveau mondial pour couvrir les vols internationaux.
  • La taxation des émissions : c’est l’application du principe pollueur-payeur.
  • Une meilleure gestion du trafic aérien.
  • Idéalement les vols de nuit devraient être évités car l’effet des traînées de condensation des avions est plus important la nuit !
  • Poursuivre les progrès technologiques afin de diminuer les émissions de CO2 et de NOx
  • Intégrer les transports aériens dans le système communautaire d'échange de droits d'émissions.

Le secteur de l'aviation s'engage

En octobre 2016 le secteur de l'aviation a pris un engagement historique : stabiliser les émissions de CO2 à leur niveau de 2020, alors que la prévision de croissance du trafic est de 5% par an. Pour y parvenir, quatre axes ont été définis :

  1. Améliorer la performance environnementale des avions grâce aux progrès techniques.C'est déjà une tendance globale : les moteurs sont plus efficaces et consomment moins, des gains de poids sont apportés à plusieurs niveaux (sièges, matériaux ...) mais, vu la croissance du trafic les émissions ont continué à augmenter.
  2. Optimiser les procédures de vol et les infrastructures.
  3. Développer les biocarburants aéronautiques. Ceci pose la question de l'écobilan des biocarburants, certaines études montrant que le bilan global des biocarburants est moins bon que celui des carburants classiques.
  4. Mesures économiques visant la sobriété énergétique.

Une attitude de consommateur responsable

De leur côté, les consommateurs peuvent agir individuellement en repensant l'organisation de leurs achats et de leurs vacances :

  • N'utiliser l'avion que lorsqu'il n'y a pas d'autre alternatives ; en tout cas, éviter de prendre l'avion pour des distances inférieures à 700 km, pour lesquelles le train est en général le moyen de transport le moins polluant.
  • Prendre l'avion moins souvent, et allonger les séjours de vacances. Elles auront plus de valeur récréative, surtout si elles préparées avec soin. Eviter en tout cas les formules bradées de mini-trips vers des destinations lointaines, qui fleurissent aujourd'hui sur le marché des loisirs et des voyages.
  • Voyager léger : un avion peut économiser 34.000 litres de kérosène par an pour chaque kg de moins par siège !
  • Utiliser les moyens de transport en commun pour se rendre à l'aéroport.
  • S'intéresser à la provenance des produits alimentaires, surtout s'ils sont aussi produits chez nous. Des haricots du Kenya, des carottes bio d'Israël, des oignons d'Argentine ou des pommes de Nouvelle-Zéelande, sont proposés à des prix défiant toute concurrence parce que le kérosène n'est pas taxé. Les tarifs d'acheminement de ces produits ne reflètent donc pas le coût effectif du transport.
  • Pour les voyages d'affaires, et les réunions d'organisations internationales : le courrier électronique, les vidéo-conférences permettent d'éviter certains déplacements en avion, font gagner du temps et épargnent l'environnement comme les finances de chacun.
  • Une autre possibilité  est la compensation des émissions de CO2 par le financement de projets de réduction de la production de CO2 ou de capture du CO2.

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