Un sapin de Noël... écologique ?

Quel sapin de Noël choisir? Photo: m01229 sur flickr - https://goo.gl/4Q7s4t
Quel sapin de Noël choisir? Photo: m01229 sur flickr - https://goo.gl/4Q7s4t

Type de publication:

Fiches-conseils n°142

Thématiques : 

Mots-clés : 

La question revient chaque hiver : quel sapin choisir pour Noël? Quelle est l'option la plus écologique? Et si on opte pour un naturel, comment le conserver longtemps?

La période des fêtes de fin d'année est arrivée ! Les guirlandes et décorations de Noël sont dépoussiérées pour être suspendues au sapin qui sera le roi de l'intérieur pendant quelques semaines. Mais quel est le choix le plus écologique ?

À moins de fabriquer soi-même un sapin en matériau de récupération (il y en a de splendides !), le sapin naturel reste l'option la plus respectueuse de l'environnement... à quelques nuances près. Pour faire le meilleur choix, il vaut mieux connaître les dessous de cette culture pas comme les autres.

Quel sapin choisir

À préférer : un arbre de Noël créatif

La tendance de l'arbre "Do It Yourself" ou DIY ne se dément pas. On peut le fabriquer à partir de matériaux de récup, le bricolé avec des palettes en bois, recréer sa forme en assemblant des objets trouvés chez soi, le dessiner avec une simple guirlande au mur... Les possibilités sont variées. Cette option séduit plutôt les âmes créatives mais si on manque d'idées, une petite recherche sur Internet en fournira à volonté ! Quelques exemples via  l'album de Terre-en-vue qui organise chaque année un concours des plus bveaux arbres de Noël alternatifs.

Choisir à défaut : un sapin véritable

Le vrai sapin a l'avantage d'être naturel, renouvelable et biodégradable. Il est facile d'en trouver d'origine belge puisque la Wallonie est le deuxième producteur de sapins de Noël en Europe. Mais ces arbres sont généralement issus de cultures intensives, qui dégradent les sols et ont recours aux pesticides. Le secteur évolue mais il reste difficile pour le consommateur de trouver un sapin "bio" ou provenant d'une culture intégrée.

On préfèrera plutôt un sapin cloué sur un support. On imagine qu'avec sa motte, l'arbre durera plus longtemps et que l'on pourra le replanter dans le jardin. Mais après un séjour prolongé dans la chaleur d'une maison, l'opération est rarement couronnée de succès.

Si, malgré tout, le choix se porte plutôt sur un sapin avec motte, se renseigner pour choisir un arbre cultivé directement en pot. Cela évite de dégrader le sols en emportant les quelques centimètres de terre fertile quand l'arbre est déplanté de la sapinière. Cependant, cela réduit encore plus les chances de survie si le projet est de le replanter au jardin après les fêtes, les pots étant souvent trop petits pour conserver assez de racines.

Pour trouver des sapins de Noël belges, consulter notamment

À éviter : un sapin artificiel... sauf si on a déjà un !

Les adeptes du sapin artificiel doivent se rendre à l'évidence : ce n'est pas la solution idéale. Certes, on réutilise le même sapin pendant plusieurs années mais les impacts liés à sa fabrication sont très importants. Les matériaux le plus souvent utilisés sont le PVC, le plastique et l'aluminium, dont la production et la transformation génèrent déchets et nuisances. Selon l'ADEME (l'Agence française de l'Environnement et la Maîtrise de l'Énergie), un sapin artificiel devrait être utilisé au moins 20 ans. Or, en moyenne, il n'est conservé que 6 ans !

Donc, si on possède déjà un sapin artificiel, la meilleure option est de l'utiliser le plus longtemps possible afin d'amortir son impact environnemental !

Existe-t-il des labels ?

En Belgique

Le label Véritable est une marque déposée par les producteurs de sapins de Noël ardennais. C'est un label de qualité : le sapin possède des caractéristiques physiques et morphologiques qui vont garantir la tenue et la beauté de l'arbre. Il ne tient pas compte des critères de production et n'apporte donc pas de garantie environnementale si ce n'est sa provenance.

Hors Belgique

Pour les sapins issus de plantations intensives étrangères et ayant parcourus des centaines de kilomètres avant d'arriver dans nos salons, les labels FSC ou PEFC sont conseillés. Ces labels garantissent que les arbres proviennent d'une gestion forestière respectueuse de critères écologiques et sociaux et qu'ils ont poussé entièrement sans pesticides, herbicides et engrais. Toutefois, la vente de sapins de Noël labellisés FSC ou PEFC n'est pas développée en Belgique et pour cause : la culture de sapins de Noël est une activité agricole et non une activité forestière.

D'où viennent les sapins naturels ?

La Wallonie est un producteur important de sapins de Noël. En Europe, il est le deuxième, juste après le Danemark. La superficie totale cultivée avoisine les 5000 ha et les cultures se concentrent essentiellement au Sud du sillon Sambre et Meuse, dans les provinces de Luxembourg, Namur et Liège. Le volume de production annuel en Ardenne fluctue entre trois et quatre millions d'arbres dont 80% sont destinés à l'exportation. Pour répondre à la demande, les producteurs ont dû mettre au point des méthodes de culture efficaces, parfois ayant recours à des pesticides, des herbicides et des fertilisants. Les sapins de Noël proviennent donc de cultures intensives qui ont un impact sur l'environnement (mais pas toujours, comme on le verra plus loin).

En 2011, une question parlementaire posée au Ministre de l'agriculture relayait l'inquiétude de certains agriculteurs de Famenne concernant les conséquences environnementales de l'utilisation de prairies pour cultiver des sapins de Noël : labour éventuel sur pente, sols nus sujets au ruissellement et à l'érosion, usage important d'herbicide, suppression de prairies permanentes riches en biodiversité et traditionnellement dédiées à l'élevage…

La culture du sapin de Noël en Belgique se pratique principalement en zone agricole. Elle y est considérée comme une activité agricole et plus précisément horticole et non de la sylviculture. Les produits chimiques utilisés dans les plantations de sapins de Noël ne sont par ailleurs pas autorisés en zone forestière.

Suivant les espèces, un sapin a besoin de 5 à 10 ans avant d'atteindre la hauteur souhaitée pour la mise en vente. Durant les 4 premières années, le petit plant est cultivé en pépinière puis mis en plantation. L'avantage de cette production en Belgique est qu'elle permet de valoriser des terres de moins bonne qualité au sol acide dont le rendement serait trop faible pour d'autres cultures.

Les méthodes de production évoluent et on voit apparaître des initiatives intéressantes mais pas encore généralisées :

  • Le puceron des pousses de sapin touche les arbres en pépinière ou en plantation. Il ne cause pas de mortalité mais affecte la qualité esthétique des arbres. Il existe des méthodes de gestion intégrée des plantations pour éviter l'utilisation de pesticides ;
  • De même, afin d'éliminer la végétation entre les jeunes plants pour favoriser leur croissance, de plus en plus de producteurs utilisent des moutons au lieu d'herbicides ;
  • Des pratiques fertilisantes plus naturelles à base de fumure organique et d'engrais verts peuvent aussi être mises en œuvre en remplacement des engrais chimiques.

Malheureusement, il n'y pas de communication à ce sujet et le consommateur a toutes les peines du monde pour reconnaître un sapin provenant d'une culture intégrée !

Comment garder son sapin beau et vert le plus longtemps possible ?

  • Ne pas l'acheter trop tôt. La période de coupe qui garantit un sapin de qualité chez le consommateur est la première quinzaine de décembre. Pour faire face à des grosses commandes, certains supermarchés et grandes jardineries commencent à stocker et même à vendre des sapins parfois un mois avant la date de coupe habituelle. Cela implique que, pour maintenir le sapin en forme plus longtemps, les producteurs sont obligés de pulvériser des fixateurs sur les sapins pour coller les aiguilles... mais ce n'est pas une pratique très orthodoxe.
  • Le placer loin des radiateurs. L'arbre se conserve toujours mieux dans un endroit éloigné des sources de chaleur.
  • Utiliser un pied avec réservoir d'eau. Ceux-ci conviennent bien aux sapins biseautés. Une fois à la maison, le sapin est inséré dans le pied et le réservoir rempli d'eau tiède pour favoriser l'ouverture des pores du bois. Ensuite, il faut ajouter de l'eau en fonction des besoins. Ce type de pied existe en plusieurs modèles, soit métallique, soit en plastique recyclé, et il est vendu en pépinière. Le sapin reste droit et garde ses aiguilles plus longtemps.
  • Éviter les sapins floqués. Ils sont réalisés à partir de sapins naturels sur lesquels on projette de la colle à l'eau ou de la colle vinylique et des fibres textiles broyées (coton a priori, mais des fibres synthétiques peuvent également s'y retrouver). Cela lui donne un aspect "recouvert de neige". Généralement, le sapin floqué est blanc, mais depuis plusieurs années les arbres se colorent. Le prix de ces sapins est plus élevé. Si le producteur l'utilise pas une colle ignifuge (M1), ces sapins peuvent être dangereux car ils s'enflamment très facilement et peuvent dégager des substances toxiques.

Se débarrasser de son sapin

Les sapins de Noël naturels, non décorés, sans sacs, sont considérés comme des déchets verts. Quand les festivités prennent fin, des collectes de sapins sont organisées dans la plupart des communes. Les sapins sont recyclés en compost ou broyés pour être réutilisés. Par contre, les sapins floqués ne sont pas ou peu recyclables et ne peuvent donc pas être considérés comme déchets verts.

 

Voir aussi