Comment bien choisir ses jeux et ses jouets ?

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Fiches-conseils n°69

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Els De Geest

Quand on joue ou qu’on regarde son enfant jouer, ça fait sourire. Mais quand les jouets sont en plastique, ils riment aussi avec substances toxiques, mauvaises pour la santé. Ils sont souvent de piètre qualité et vite jetés à la poubelle. Ils sont fabriqués dans un pays lointain, parfois même par des enfants.

Pour que jouer rende le sourire à tous et toutes, c’est très simple. Il suffit de choisir des jouets plus sains, éthiques et écologiques.

Comment choisir les meilleurs jouets ?

  • Les jouets en bois ont leur charme, vintage. Il est vivement recommandé d'éviter les plastiques les plus problématiques comme le PVC ou l'EVA. La brochure Le plastique, c'est pas automatique donne un aperçu des différents types de plastique utilisés pour les jouets, de leur nocivité éventuelle et des alternatives plus saines.
  • On préférera des jouets solides, qui durent longtemps aux jouets bon marché en plastique fragile ou à piles non rechargeables. Il est également possible de prolonger la vie des jouets en bon état mais dont votre enfant n’a plus l’usage en les donnant, troquant, vendant… En Région wallonne, les intercommunales de gestion des déchets organisent chaque troisième dimanche d'octobre l'action « Un jouet sympa servira deux fois ». De nombreuses associations sont également heureuses de recevoir ballons, jeux de société, puzzles, poupées...
  • Si l'on ne peut résister aux jolies poupées et autres figurines dernier cri, on peut faire le bonheur des petits et plus grands, tout en optant pour des jouets fabriqués par des entreprises plus respectueuses de leurs travailleurs, de la santé des enfants et de l'environnement.
  • Un jouet en tissu comme un doudou ou un tapis d'éveil peut être en coton issu de l'agriculture bio ou être certifié « Oekotex 100 ». Cette dernière certification garantit pour le produit fini l’absence de certaines substances nocives ou le respect des taux précisés par la législation. Les labels allemands « Spiel Gut » et « GS » (Geprüfte Sicherheit), quant à eux, se concentrent surtout sur la sécurité et les qualités pédagogiques des jeux et jouets.

Où les trouver ?

  • Quels que soient les types de jouets, on peut les chiner en brocante, sur les sites de seconde main ou dans le grenier des grands-parents.
  • Pour choisir un jouet en bois, neuf, on peut s'aider des labels FSC ou PEFC, qui imposent des critères pour la gestion durable des forêts.
  • Oxfam propose depuis des années dans les Magasins du Monde un choix de jouets et d'instruments de musique fabriqués dans la dignité – et on trouve par ailleurs des jouets de récup dans leurs magasins de seconde main.
  • La Ligue des Familles organise régulièrement des bourses aux jouets : tout bon pour le budget familial… et l'occasion d'un échange avec d'autres parents et enfants.
  • Les commerçants réunis dans l'association « Pour une autre idée du jeu » travaillent également dans ce sens : souci des conditions de travail chez les fournisseurs, choix de matériaux sûrs, solides et si possible renouvelables comme le bois, le tissu ou le carton, proximité des fournisseurs pour limiter l'impact des transports... Ils mènent en parallèle une réflexion sur le sens du jeu, sa qualité et le plaisir toujours renouvelé qu'il apporte.
  • Il ne faut pas oublier les ludothèques qui proposent la découverte par le prêt, le partage et la formation.
  • Envie de jeux où personne n'est gagnant ni perdant, mais où tout le monde apprend ? L'Université de Paix, l'asbl De Bouche à Oreille ne sont que deux exemples d'associations qui ont à cœur d'éduquer à la coopération et la communication : formations, librairie, magasin, ludothèque... Suivez les liens en bas de page.
  • Le service-conseil d'écoconso renseigne les bonnes adresse : magasins de jouets, associations qui proposent des jouets de seconde main ou qui récoltent vos dons, associations qui réparent poupées et peluches…

Et il ne faut pas oublier l'essentiel :

  • un enfant peut jouer avec trois fois rien,
  • la terre à modeler et la pâte à sel, ça fait oublier l'heure,
  • le plus bel espace de jeu, c'est la nature !

Jouer, c'est bon pour la santé ?

Si les enfants voient la vie en rose au milieu des jeux et jouets, leurs composants, eux, ne le sont pas toujours. Certains peuvent contenir des substances très nocives pour la santé et polluantes. Heureusement, l'Union européenne a mis le hola pour cadrer les fabricants de jouets sans scupule. Tout jouet mis en vente sur le marché européen doit porter le marquage « CE » pour montrer qu'il respecte la législation en vigueur. Une directive européenne de 2009 fixe des seuils pour les « CMR » (cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction) et les métaux lourds comme le plomb ou le mercure. Elle édicte également des règles pour les avertissements, l'étiquetage et les tests en laboratoire. La Belgique l'a transposéee via l'Arrêté royal du 19 janvier 2011 relatif à la sécurité des jouets.

Il était temps. On se souvient des tapis d'éveil pour bébés qui contenaient plusieurs substances problématiques : des phtalates et des substances cancérigènes comme les colorants azoïques, le formaldéhyde ou l'antimoine (en 2011 par le magazine allemand Öko-Test).

Régulièrement, les tests d'associations de consommateurs montrent que les jouets peuvent contenir des substances chimiques nocives. L'association française « 60 millions de Consommateurs » avait testé 66 jouets en 2009. Trente d'entre eux contenaient des substances toxiques comme des phtalates (perturbateurs endocriniens) ou du formaldéhyde.

On avait aussi rerouvé dans des tapis "puzzle" en mousse EVA (ethylène-acétate de vinyle) pour tout-petits la présence de formamide, une substance CMR (en 2009 par Test-Achats). Entre-temps, la limite pour le formamide a été revue à la baisse via une modification de la directive de 2009. Même si la réduction du seuil est importante (de 3000 mg/kg à 200 mg/kg), la substance n'a pas été entièrement interdite. Autant rester vigilant et éviter l'accumulation de plastiques dans les espaces de vie, surtout pour les objets avec lesquels les enfants sont fréquemment en contact. Un enfant vit et dort entouré de ses jouets et on ne connaît pas les synergies possibles entre les différents polluants relargués dans l'air ou en contact avec la peau.

On devrait même viser une élimination totale des substances CMR, surtout quand il s'agit de jouets pour les tout-petits, estiments des organisations comme le CSRSE* et ou le BEUC**. Les enfants en bas âge les mettent inévitablement en bouche. Et les substances utilisées pour rendre le plastique souple (des métaux comme le plomb ou les phtalates) sont nocives pour la santé. Ce sont, notamment de réels perturbateurs endocriniens.

Travailleurs sous pression

Peut-on avoir compètement bonne conscience lorsqu'on sait (ou qu'on devine) que son enfant joue avec un jouet fabriqué... par un autre enfant quelque part dans un recoin du monde ? Et oui, derrière le monde magique des jouets se cache une cruelle réalité sociale, selon les enquêtes d'associations comme l'ONG chinoise SACOM. Bien souvent, les ouvrier travaillent dans piètres conditions :

  • ils prestent des journées entre 11 et 15 heures ;

  • ils sont obligés de faire des heures supplémentaires, même la nuit ;

  • ils ont des quotas de production. S'ils ne les atteignent pas, ils ne sont pas payés ;

  • ils n'ont pas de jour de repos pendant la haute saison ;

  • ils sont en contact avec des peintures, colles et autres substances toxiques, sans protection ;

  • ils logent dans des dortoirs insalubres, parfois sans fenêtres, avec des installations sanitaires insuffisantes ;

  • ils n'ont même pas le droit de lire leur contrat de travail avant de le signer.

La Fédération Internationale de l'Industrie du Jouet (ICTI) ainsi que certaines grandes marques ont créé des codes de conduite qui sont censés exclure toutes ces dérives. Or, le code de l'ICTI est particulièrement peu exigeant. Ainsi, il prévoit un salaire conforme au minimum légal et non un salaire qui permet de vivre dignement.

Ni ONG ni représentants des travailleurs n'ont été impliqués dans l'élaboration du code et aucun rapport n'est publié. D'ailleurs, le code ne demande qu'un engagement volontaire du fournisseur et les transgressions ne sont pas sanctionnées car les systèmes de vérification sont complètement inefficaces.

Alors, oui, un petit geste, le simple choix d'un jouet, peut changer la donne.

En savoir plus

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* CSRSE : Comité scientifique des risques sanitaires et environnementaux, qui constitue l'un des trois comités scientifiques indépendants non-spécialistes des questions alimentaires chargés de conseiller la Commission européenne sur des questions de sécurité des consommateurs, de santé publique et d'environnement. http://ec.europa.eu/health/opinions/fr/pollution-air-interieur/glossaire/abc/csrse.htm

** BEUC : Bureau Européen des Unions de Consommateurs - http://www.beuc.org

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