Les smartphones pointés du doigt par une étude de Greenpeace

On utilise son smartphone à peine plus de deux ans avant d’en changer. Or, il y aura 6 milliards d’utilisateurs en 2020, soit 70% de la population mondiale. Un nouveau rapport de Greenpeace1 pointe les excès de cette industrie extrêmement polluante mais aussi un renouvellement trop rapide des appareils.

Si chacun peut trouver des bénéfices au smartphone, il y a tout de même une sérieuse surconsommation. 7,1 milliards de smartphones ont été produits dans le monde. Impresionnant quand on sait que le premier est apparu il y a à peine dix ans.

Croissance de la production de smartphones

Ce graphique montre l’accélération de la production qui a atteint 1,4 milliards d’appareils en 2016.
Source : Greenpeace USA.

Une énorme consommation d’énergie et de matières

Pour fabriquer ces 7 milliards d’appareils, l’industrie a consommé 968 TWh (milliards de kWh). C'est presque autant que 11 ans de consommation électrique en Belgique !

Consommation d'énergie de la production de smartphones

Consommation mondiale d'énergie pour la production des smartphones
Source : Greenpeace USA

L'essentiel de la consommation d'énergie d'un smartphone est en effet lié à sa fabrication, et non à son utilisation (4 à 5 kWh/an pour fonctionner contre 136 kWh en moyenne pour être produit).

Les smartphones sont surtout fabriqués en Asie. Le problème c'est que l’électricité y est en grande partie produite en brûlant du charbon, ce qui émet un maximum de CO2.  

En plus de l’impact lié à l’énergie, les smartphones posent d'autres soucis :

  • Ils ont une énorme empreinte sociale (travail des enfants, utilisation de substances chimiques...)
  • Ils utilisent une multitude de matières premières, dont beaucoup de métaux rares.
  • Les déchets sont à l’avenant : une étude des Nations Unies estime que les petits appareils comme les smartphones ont générés trois millions de tonnes de déchets rien qu’en 2014. Et moins de 16% des déchets électroniques sont recyclés.

Greenpeace pose à ce sujet une question brûlante : que va faire Samsung de ses 4,3 millions de Galaxy Note 7 déclassés suite à des problèmes de batterie ? Pour l'instant, aucun plan pour leur recyclage n'a été communiqué.

L’industrie poussée à s’améliorer

L’étude de Greenpeace pointe les progrès de certains fabricants :

  • réduction des substances dangereuses ;
  • utilisation de davantage de matériaux recyclés ;
  • réalisation d'un inventaire de leurs émissions de gaz à effet de serre ;
  • remplacement de la batterie facilité...

Ce dernier point peut sembler étonnant mais, sur certains appareils, remplacer la batterie demande une bonne dose de patience et de dextérité. Illustration en vidéo sur le site de Ifixit : remplacer la batterie d’un Huawei P9. C'est inacceptable car la batterie est l’élément du smartphone qui lache en premier.

Et pour éviter les mauvaises surprises, voici 3 conseils pour garder votre smartophone plus longtemps.

- - - - - - - - - - -

[1] Rapport de Greenpeace USA : "From Smart to Senseless: The Global Impact of Ten Years of Smartphones"

 

Mots-clés :