Les pesticides au jardin

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Dossiers n°26

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En avant la tondeuse ! Un peu d'herbicide par-ci, d'engrais chimiques par-là... Aucun souci pour trouver les multiples produits miracle : les rayons des différentes boutiques en sont remplis et la publicité est là pour nous rafraîchir la mémoire au cas où. Un seul objectif : bichonner sa pelouse pour conserver un gazon de qualité. Mais c'est quoi un gazon de qualité ?

Une certaine idée de la nature

La notion de « gazon de qualité » définit souvent une sorte de terrain de golf sans trous et sans golfeurs, soit une étendue verte artificiellement homogène à but décoratif et tous comptes faits, assez désertique. Comme si nous avions peur de la nature... C'est en tout cas ce qu'avancent certains auteurs dont le récemment disparu François Terrason.

Les biocides et pesticides

Le mot biocide (étymologiquement : bio + cide = "qui tue la vie") désigne une large famille de substances chimiques qui regroupe les pesticides, et donc les produits phytosanitaires ou phytopharmaceutiques, les antibiotiques etc.

Le terme « pesticide » couvre un champ (sans jeu de mot) plus vaste et général que les expressions « produit phytosanitaire » ou « produit phytopharmaceutique » car il englobe tous les produits destinés à lutter contre tous les dits nuisibles, ou indésirables ainsi que les médicaments vétérinaires.

Quoi qu'il en soit, un jardin aussi "net" et "propre" est tellement anti-naturel qu'il faut recourir à moult produits différents pour obtenir pareil résultat.

Pourquoi moi ? Les agriculteurs en utilisent bien plus !

Les agriculteurs sont souvent pointés du doigt en ce qui concerne la pollution de l'environnement par les pesticides. Cependant, ils sont plus attentifs à leur utilisation que les particuliers. On observe d'ailleurs une présence croissante des matières actives d'herbicides totaux utilisés principalement pour les espaces publics ou tout simplement les particuliers dans les analyses des nappes d'eau souterraine.
Plus d'infos sur l'état des nappes d'eau souterraine : http://environnement.wallonie.be/

Tuer n'est pas jouer

Pourtant, ces produits ne sont pas sans danger. S'ils éradiquent effectivement les insectes ou les herbes considérés (parfois à tort...) comme nuisibles, ils peuvent dans le même temps avoir des conséquences néfastes pour les autres locataires (faune et flore) des espaces traités ainsi que pour les humains qui entrent en contact direct et indirect avec eux. Le recours à ces substances apparaît d'autant plus regrettable qu'il existe de nombreuses solutions et comportements alternatifs permettant de l'éviter.

Les enfants apparaissent particulièrement vulnérables aux effets néfastes des pesticides. En pleine croissance, ils présentent une sensibilité aiguë à ces substances tout en étant, par leurs jeux et leur insouciance, les plus susceptibles d'entrer en contact avec les sols et surfaces traités. Ils ne sont toutefois pas les seuls menacés. Les utilisateurs figurent eux aussi au premier rang des victimes potentielles. Les enquêtes démontrent en effet que nombre d'entre eux n'utilisent aucun moyen de protection adéquat (gants, masque...) et que beaucoup ne lisent même pas les conseils d'utilisation avant usage...

Outre les intoxications aiguës accidentelles, le risque sanitaire des pesticides réside dans une exposition à de faibles concentrations prolongée sur le long terme. Les conséquences potentielles de ce type d'exposition pourraient être, entre autres, des perturbations du système hormonal, des altérations de l'immunité, des cancers...
Bref, des produits qui devraient être bannis.

Peut-on s'en passer ?

Oui et non. Tout dépend de ce que l'on veut. Si l'on souhaite un gazon «impeccable», on ne peut pas s'en passer. Il n'existe en effet pas d'alternative (c'est-à-dire de produit moins nocif pour la santé et l'environnement) qui aurait la même efficacité que les pesticides «classiques». Tuer des centaines de pucerons en un rien de temps ou éradiquer la mousse des jardins, seuls des produits dits «biocides» sont vraiment capables de le faire. Par contre, si l'on est d'accord de voir les choses autrement, on peut très bien s'en passer.

Accepter la nature

A l'opposé des ces jardins "propres", on trouve des jardins où la nature peut s'exprimer dans tout son équilibre naturel. Equilibre naturel dans lequel les divers produits "chimiques" que l'on "doit" utiliser sont remplacés par des prédateurs naturels.

La première chose à faire est donc d'apprendre à accepter cette nature. Accepter qu'il y ait de la mousse, des pissenlits, des pâquerettes et autres «mauvaises herbes» (quelle drôle de dénomination !) dans la pelouse. Malheureusement ce genre de jardin naturel a souvent une mauvaise image, une image de «négligé».

Ces jardins naturels ont pourtant de très nombreux avantages : moins de gestion de manière générale, pas d'utilisation de produits dangereux, pas de dépenses en produits phytosanitaires et aucune pollution de l'environnement... ou de soi-même.

Si vous êtes encore sceptique, commencez par quelques m² de jardin laissés à la nature. Cela permettra l'accueil d'une végétation spontanée et de toute une série d'insectes, d'oiseaux ... en quête de ce type d'habitat. Vous aurez certainement envie d'étendre cette zone naturelle quand vous découvrirez qu'elle devient votre alliée en accueillant des coccinelles qui ne feront qu'une bouchée des pucerons installés sur vos rosiers.

Des méthodes alternatives

Une fois cette nature acceptée, on peut alors passer à des méthodes de lutte alternatives dans les cas où cela se révèle vraiment nécessaire (invasion de pucerons, de limaces...).

Nous n'avons pas la place ici de détailler toutes les méthodes et autres astuces «naturelles» pour le jardin, mais les liens ci-dessous en regorgent !

Comment jardiner sans pesticides toute l'année ?

C'est si facile de préparer un jardin écologique grâce à nos 8 conseils !

En savoir plus

Pour toute question, n'hésitez pas à nous contacter au 081 730 730 (lun-ven 9h30-12h30) ou par mail sur info@ecoconso.be

L'asbl ADALIA aussi vous donne des solutions pour jardiner sans pesticides toute l'année.

L'asbl Natagora encourage à aménager tout ou partie de son terrain en zone favorable à la faune et à la flore sauvage.

L'association Nature et Progrès vous informe sur les avantages des moyens naturels, biologiques, non chimiques ... au jardin.

Où se renseigner en Belgique sur les pesticides ?

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