Des vacances durables

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Fiches-conseils n°101

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Il existe aujourd'hui de nombreuses possibilités pour profiter de vacances agréables et ressourçantes tout en minimisant l'impact négatif sur l'environnement et les populations locales. La fiche-conseil n°100 « Le point sur le tourisme » explique le pourquoi du comment du tourisme durable. Cette fiche-ci propose des idées pratiques pour organiser concrètement ses vacances.

Vos vacances idéales, c'est quoi ?

Certains touristes ont tendance à rechercher la même productivité en vacances qu'au travail. Ils multiplient les activités, les visites, veulent tout « voir » et prendre en photo. Cela oblige à des déplacements rapides et de multiples sauts de puce. Élaborer un programme plus léger, qui laisse la place à la flânerie, permet de se relaxer et de profiter de bons moments avec sa famille et ses amis. Cela s'avère aussi plus économe !

Choisir une destination et s'y rendre

Vous rêvez de passer le mois de juillet à lézarder au bord de la piscine ou sur la plage, un cocktail à la main ? Alors pas besoin de parcourir la moitié de la planète en avion : les destinations balnéaires et ensoleillées sont nombreuses à cette période dans le sud de l'Europe ! Le choix de la destination n'est pas anodin puisque le transport est la première source d'impact environnemental d'un voyage.

Si, comme 88% des Belges qui partent en vacances, vous vous rendez en Europe (France, Espagne et Italie en tête) 1, demandez-vous si vos projets et l'infrastructure nécessitent vraiment d'avoir une voiture sur place. Si elle s'avère inutile, le train, le bus ou le covoiturage représentent des options intéressantes et écologiques pour rejoindre une destination.

Parfois, réduire l'impact de ses vacances ça commence simplement par se poser ces questions !

Des vacances actives ?

Pour ceux que la perspective du farniente fait trépigner, pas de soucis : vacances durables et actives sont tout à fait compatibles ! Parmi les nombreuses options : escapades à vélo, balades pédestres indépendantes ou organisées, randonnées avec un âne de bât, escalade...

Autre forme de vacances actives : les chantiers solidaires et l'éco-volontariat. Construire une école, réhabiliter des sentiers, participer à des projets de reforestation, animer des ateliers sportifs ou artistiques pour des enfants en difficulté… Pour éviter les déconvenues, attention à bien vous renseigner sur l'opérateur choisi, surtout si le chantier se déroule à l'étranger. N'hésitez pas à recueillir des témoignages autour de vous et/ou sur Internet. Posez aussi des questions sur le travail à réaliser (faut-il des compétences particulières, n'y a-t-il pas concurrence avec de l'emploi pour les locaux, un encadrement est-il prévu…), les conditions de logement, la façon dont se passent les contacts avec la population, si on est bien au courant de votre arrivée sur place, à quoi sert l'argent que vous payez…

Pour les plus jeunes, des « stages nature » permettent de découvrir les milieux naturels et d'apprendre à les respecter (voir répertoire de stages du Réseau IDée). Pour les adultes aussi, les congés peuvent être l'occasion de s'initier au jardinage, à la cuisine, à la peinture, au bricolage écologique…

Les voyageurs sans le sou mais motivés seront peut-être tentés par le WWOOF (World-Wide Opportunities on Organic Farms). Gîte et couvert sont offerts contre du travail bénévole dans des fermes bio. Une occasion sympa de rencontrer ceux qui produisent notre alimentation !

Pas envie de tout organiser ?

Plusieurs formules « clé en main » existent aussi en matière de vacances durables, que ce soit en Belgique, en Europe ou plus loin. À côté des géants du tourisme, il s'agit souvent de plus petites structures qui développent des contacts privilégiés avec certains villages, producteurs, guides… Il appartient cependant au voyageur de poser des questions et d'exercer son sens critique car dans ce domaine, les initiatives réellement durables et qualitatives côtoient le greenwashing et son « éco » vendu à toutes les sauces.

Idées et adresses dans notre fiche-conseil n°118 « Tourisme durable : labels et adresses utiles ».

Du côté des logements

À moins de vouloir dormir à la belle étoile, choisir son logement est un point crucial.

Il existe de nombreux hôtels, gîtes, chambres d'hôtes et camping labellisés (voir à ce sujet notre fiche-conseil n°118 « Tourisme durable : labels et adresses utiles »).

Loger chez l'habitant a un succès croissant. Les gîtes ruraux et chambres d'hôtes sont en général listés sur le site Internet de la région visitée. La consommation collaborative s'est bien installée dans le secteur touristique : en dehors des structures traditionnelles, des habitants proposent aussi à la location une chambre d'amis, un appartement, une tente, un cabanon dans le jardin, etc.

Et le couchsurfing ? Grâce à un site Internet, le voyageur entre en contact avec des habitants du lieu qu'il souhaite visiter et leur demande l'hospitalité. Ceux-ci proposent gratuitement une chambre ou une place sur le canapé, parfois un repas ou un tour de la ville. Attention, on n'y va pas juste pour dormir à l'œil, le principe est vraiment basé sur la convivialité et la rencontre mutuelle.

Autre façon originale de se loger : l'échange de maison, où quand vous troquez votre deux chambres avec vue sur l'Atomium contre un petit appartement au cœur de Paris ou un bungalow les pieds dans l'eau. Cela fonctionne à la confiance et ça marche puisque la formule existe depuis quelques dizaines d'années.

Au-delà d'un hébergement bon marché, l'avantage de ces deux dernières formules est de permettre une expérience plus authentique de la destination et d'encourager la rencontre avec les habitants locaux. Elles favorisent également l'utilisation de logements déjà existants (et éventuellement vides), limitant ainsi le développement de structures « en dur » qui occupent de l'espace et sont souvent désertées hors saison.

Pendant les vacances

Sur place, conservez vos bonnes habitudes et respectez le lieu comme si c'était chez vous : utilisez le plus possible des modes de transports doux, consommez l'eau et l'énergie avec modération…

Le choix des activités a aussi son importance. Les sports « outdoor », motorisés ou non, peuvent exercer une pression sur les sites visités lorsque les pratiquants sont trop nombreux, qu'ils abandonnent des déchets, perturbent la faune ou cueillent des plantes menacées. On leur préfèrera la découverte de la nature à pied, en petit groupe et peut-être en compagnie d'un professionnel qui aura à cœur de montrer toute la complexité d'un écosystème et la richesse d'un terroir.

Enfin, si la plongée est au programme, veillez au respect du milieu aquatique, particulièrement fragile. Quelques conseils dans « la charte internationale du plongeur responsable » et le « Guide International des Centres de Plongée Eco-responsables » de l'association Longitude 181.

Un petit souvenir ?

Qui n'a pas envie de ramener un souvenir d'un beau voyage ? Privilégier les objets issus de techniques traditionnelles aide à faire perdurer celles-ci. Acheter dans les villages plutôt que dans les villes permet de limiter les intermédiaires. L'achat d'un objet n'est pas qu'un acte de consommation, c'est aussi un échange. C'est l'occasion de discuter avec l'artisan pour en savoir plus sur sa passion, les matériaux et la technique qu'il utilise… La babiole trouvée au dernier moment à la galerie de l'aéroport ou à l'hôtel est rarement une bonne idée, sauf si elle indique clairement être issue du commerce équitable.

Par ailleurs, certains produits, plantes ou animaux, sont interdits à l'exportation. Plus d'infos sur http://www.traffic.org

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