Acheter local : une bonne action pour le climat

Acheter local, c'est moins de CO2
Acheter local, c'est moins de CO2

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Auteurs : 

Jonas Moerman

Alors que les usines ferment en Europe, certaines marques et artisans misent sur le local. Avec moins de CO2 à la clé.

Difficile de consommer 100% belge dans un petit pays comme le nôtre. Mais à l’heure du défi climatique, de plus en plus de consommateurs veulent revenir à des produits locaux.

Et ils ont raison car transporter les marchandises génère beaucoup de CO2. Acheter local permet ainsi d’éviter l’émission de 50 kg de CO2par personne et par an. C’est l’une des 16 actions de notre checklist climat, pour diviser les émissions de CO2 par deux en 10 ans.

> Voir la checklist climat.

Sommaire :

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De bonnes raisons d’acheter local

Limiter le transport

Acheter local permet de limiter le transport des marchandises. Le transport par bateau de l’ensemble des marchandises achetées en Belgique émet presque autant de CO2 que l’ensemble des voitures particulières que compte le pays (5,7 millions, pour rappel).[1]

Une entreprise de transport maritime (MSC - Mediterranean Shipping Company’s) a même intégré le top 10 européen des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre. Il est classé 8e, derrière des centrales à charbon mais devant Ryanair !

Le transport maritime impacte le climat
 

Créer des emplois et du savoir-faire local

Au final, acheter local encourage aussi le développement d’une économie locale résiliente, mieux équipée pour affronter le défi climatique.

Garantir de meilleurs conditions de production

Les règlementations belges et européennes plus strictes qu’en Asie par exemple. Cela garantit donc de meilleures conditions de travail et un plus grand respect de l’environnement.
 

Quoi et où acheter local ?

Pour l’alimentation, c’est facile de consommer local. Et quand on favorise les produits locaux, de saison et bio, on peut encore économiser 80 kg de CO2 en plus par an.

> Voir en détails : Manger local, de saison et bio pour préserver le climat.

Mais pour d’autres produits, c’est plus compliqué. Ceci dit, le transport pèse plus lourd dans le bilan écologique de certains produits.

Ainsi, pour les appareils électroniques par exemple, c’est la production des matières premières qui est le principal l’impact environnemental. Donc, produire localement n’améliorerait pas significativement l’impact. Ce sont aussi des appareils pour lesquels il y a peu d’options locales de toutes façons.

Par contre, pour des meubles ou le textile (vêtements mais aussi linge de lit, de bain, de table), diminuer la part des transports est très intéressant.

De plus en plus d’entreprises se tournent vers le made in Belgium ou made in Europe car des consommateurs sont demandeurs de proximité. Elles ne peuvent pas s’aligner aux prix dérisoires pratiqués par certaines marques (fast fashion en tête). Mais leur prix plus élevés s’accompagnent aussi d’une qualité supérieure aux produits de masse importés. Autre avantage : en cas de souci, le service après-vente est tout près !

Quelques exemples de produits fabriqués ou assemblés en Belgique :

  • les cosmétiques Bee Nature, Indigène, Olila, Bobone, Wash Wash Cousin, Savons de la Couronne, Habeebee, Kari’T care, Lîdjeu…
  • les jouets en bois Ardennes Toys, Euclide…
  • les meubles Kwelox, Perfecta, Objekten…
  • les vélos Cowboy, Ahooga, Minerva, Granville, Bike43…
  • et puis plein de produits d’artisans : bijoux, vêtements, chapeaux, décoration, articles zéro déchet…

Et le choix s’agrandit beaucoup dès qu’on regarde tout ce qui est produit chez nos voisins, en France, en Allemagne ou aux Pays-Bas.

On reste toutefois attentif et on se renseigne. Marque belge ne signifie pas fabrication en Belgique (parfois c’est uniquement la conception qui est belge). Et fabriquer localement, c’est déjà bien mais fabriquer localement avec des matières premières locales, c’est encore mieux !
 

Des outils publics pour encourager le local

On peut espérer que l’intérêt pour une fabrication locale fasse revenir certains producteurs. Mais un coup de main des pouvoirs publics serait le bienvenu.

Car depuis longtemps et encore aujourd’hui, beaucoup d’usines ferment en Europe de l’ouest. Elles déménagent en Europe de l’est et plus loin encore. Ces déplacements sont en général guidés par la recherche permanente de coûts de fabrication moins élevés.

Or, une politique publique volontariste sur certains points peut participer à remettre l’impact du transport sur le climat à sa juste place dans l’équation ou proposer des alternatives :

  • Mettre un prix à la tonne de CO2 émise par le transport maritime. Cela serait un signal prix très clair pour les compagnies de transport, tout en ayant un impact très faible sur le prix final pour le consommateur. D’après Transport et Environnement[2], un tarif de 50€/tonne de CO2 augmenterait seulement de 0,55% le prix du kilo de bananes importées d’Equateur et de 0,0005% le prix d’un iPad importé de Chine.
  • Une taxe carbone aux frontières, au niveau européen, pourrait être une partie de la solution. C’est une des mesures phares du nouveau Green Deal de la Commission européenne.[3] Mais cela ne se fera pas du jour au lendemain, il faut l’unanimité des états membres et trouver un bon équilibre pour permettre la sauvegarde des entreprises européennes mais éviter des guerres commerciales pour cause de protectionnisme.
  • Développer le transport fluvial et le ferroutage (camions sur le rail). Trop de marchandises voyagent par la route et en faire passer une partie sur l’eau et le rail diminue les pressions environnementales (bruit, pollution, émissions de CO2) et les accidents de la route.
     

Plus d'info

"Climat : arrête d'en faire des tonnes", campagne 2019 d'écoconso

 

[1] 10 MtCO2 pour le transport des marchandises et 11,7 MtCO2 pour les voitures. Calculs effectués par l’association Transport et Environnement.

[3] Voir plus d’infos sur le Green Deal européen.

Voir aussi