La lutte naturelle au jardin

Les coccinelles raffolent des pucerons! Photo par Dominique Ariberti sur flickr - https://www.flickr.com/photos/ariberti/5338695697/
Les coccinelles raffolent des pucerons! Photo par Dominique Ariberti sur flickr - https://www.flickr.com/photos/ariberti/5338695697/

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Fiches-conseils n°23

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Nos jardins sont parfois envahis par des herbes folles, des champignons, ou de petits animaux (limaces, escargots, chenilles et autres insectes, souris, campagnols...) dont nous craignons qu'ils mettent en péril la santé de nos plantations.

 

Afin de lutter contre ces « pestes », trop souvent nous recourons à des produits phytopharmaceutiques très dangereux pour l'environnement et la santé humaine. De manière générale, un jardin s'équilibre au fil du temps si l'on met en place une bonne gestion préventive tout en « laissant faire la nature ».

Parfois, pour faire face à des attaques ponctuelles, on interviendra avec des moyens curatifs. Il existe cependant des alternatives moins nocives que d'autres. Quelles sont-elles ?

Les prédateurs naturels

Les « pestes » de nos jardins ont de nombreux ennemis naturels. Ils appartiennent à des groupes biologiques très divers : micro-organismes, insectes, vers, oiseaux, mammifères... Favorisons leur présence dans le jardin ou du moins, ne les éliminons pas quand ils élisent domicile chez nous.

Quelques exemples :

  • le hérisson se nourrit principalement de limaces, escargots, chenilles et de souris ;
  • la musaraigne mange de grandes quantités d'insectes et de limaces ;
  • la belette est un ennemi des campagnols et des rats ;
  • la taupe mange des vers de terre, des insectes, des larves ;
  • la chauve-souris consomme des insectes en grand nombre, dont les moustiques ;
  • les oiseaux sont souvent insectivores ;
  • les batraciens (crapaud, grenouille, triton) se nourrissent de vers, de limaces, d'insectes ;
  • les orvets et les lézards se nourrissent d'insectes, de limaces, de chenilles, de larves ;
  • certains insectes : coccinelles, chrysopes, syrphes, guêpes, carabes, perce-oreilles... sont carnivores. Ils se nourrissent donc d'autres insectes et de micro-organismes ;
  • les araignées sont redoutables pour les insectes.

Les plantes comme agents attractifs ou répulsifs

Les plantes, lorsqu'elles sont voisines, peuvent exercer une influence favorable ou défavorable les unes sur les autres. Par ailleurs, certaines plantes attirent les « pestes » et peuvent donc les détourner des autres plantes. Elles sont appelées « plantes pièges » (les tagettes, par exemple attirent les nématodes, les capucines attirent les pucerons).

Beaucoup de plantes présentent des défenses chimiques naturelles contre les « pestes » et les maladies. En les cultivant à des endroits stratégiques ou en les associant à d'autres plantes, on peut limiter la quantité d'herbes folles et de parasites dans le jardin.

Quelques exemples :

  • Sauge, romarin, thym, moutarde, persil, trèfle : leur parfum éloigne la piéride du chou (papillon), les limaces et les escargots.
  • La lavande déplaît aux fourmis, limaces et escargots et protège les roses contre les pucerons.
  • La tanaisie éloigne les fourmis, la piéride du choux, les acariens, les pucerons, la mouche de la carotte et les tenthrèdes.
  • L'absinthe ou armoise déplaît à beaucoup d'insectes. On la plante traditionnellement près des groseilliers pour protéger ceux-ci des parasites.
  • L'oeillet d'Inde éloigne les insectes.
  • L'ail possède des propriétés germicides et fongicides et éloignent la mouche des carottes.

Quelques pesticides naturels

Les pesticides sont des produits de traitement des « pestes ». Selon la terminologie européenne, ils comprennent les produits phytopharmaceutiques et les biocides (insecticides à usage intérieur, produits de traitement du bois, bactéricides, etc.) Le but de leur utilisation est d'éliminer les ravageurs, de réduire les dégâts aux cultures et d'augmenter ainsi les rendements. Selon les espèces qu'ils détruisent, les pesticides sont appelés : insecticides (qui tue les insectes), fongicides (champignons), herbicides (végétaux), germicides (graines), rodenticides (rongeurs), molluscicides (mollusques) ou nématicides (nématodes).

Si les pesticides synthétiques sont efficaces, ils sont aussi dangereux. D'une part, ils induisent une dépendance telle qu'une fois qu'on les utilise, on peut difficilement s'en passer. En effet, ils induisent une perte de biodiversité, de sorte que les équilibres sont rompus, notamment entre les ravageurs et leurs prédateurs. D'autre part, ils polluent l'eau, l'air, les sols et contaminent les chaînes alimentaires. Ils sont toxiques pour les êtres vivants par contact, ingestion et/ou inhalation.

Bien que les pesticides naturels soient généralement moins dangereux, certains présentent un risque pour d'autres organismes non visés ou pour l'homme. Il est donc impératif de s'informer pour les utiliser de façon optimale et sans risque. Voir fiche-conseil n°22 : « Pesticides : usage exceptionnel et précautions obligatoires »

Quelques exemples :

  • Une solution de savon noir (savon potassique) élimine les pucerons, les « araignées rouges » (acariens s'attaquant aux arbres fruitiers) et les cochenilles.
  • La nicotine, insecticide naturel très toxique, élimine les pucerons, les cochenilles et les chenilles.
  • L'écorce du Quassia, arbre tropical, est un insecticide naturel ; il est surtout efficace contre les pucerons. L'écorce est vendue en poudre qu'il faut dissoudre dans l'eau avant de pulvériser.
  • La pyrèthrine naturelle, extraite du pyrèthre de Dalmatie (Tanacetum cinerariifolium), est toxique pour presque tous les insectes.

Comment éviter l'emploi de pesticides de synthèse ?

Nous pouvons éviter ou réduire l'emploi de pesticides dans nos jardins :

  • D'abord, s'assurer que les conditions de vie de la plante sont optimales et que toutes les mesures préventives ont été prises. Ensuite, si une attaque ou une maladie survient, poser le bon diagnostic. Si le parasite est identifié, nous devons nous interroger sur l'ampleur des dégâts qu'il peut occasionner ; un traitement se justifie-t-il ? Assurons-nous que le parasite ne soit pas déjà attaqué par ses ennemis naturels ; un traitement supplémentaire n'est pas utile !
  • Fertiliser le sol afin que les plantes soient suffisamment costaudes pour lutter efficacement contre les agressions.
  • Diversifier les espèces pour qu'elles ne soient pas toutes attaquées par le même parasite.
  • Effectuer une rotation des cultures. Cela évite l'accumulation de germes pathogènes et d'insectes spécifiques à une culture. Voir fiche-conseil n°76 « La rotation des cultures ».
  • Choisir des plantes adaptées aux conditions de sol et de climat.
  • Couvrir le sol pour qu'il ne soit pas envahi par les mauvaises herbes. Une terre nue est soumise à diverses dégradations : gel, tassement du sol, lessivage, érosion...
  • Favoriser les méthodes de lutte mécanique : enlever les pucerons avec un jet d'eau, à la main, avec une brosse, ou couper les parties malades de la plante (surtout s'il s'agit de moisissures et de champignons. Dans ce cas, les brûler).

Pour en savoir plus...

  • Brochure « Pas de pesticides à la maison » éditée par le PAN (Pesticide Action Network) Belgique.
  • Nature & Progrès. Informations sur les méthodes de culture biologique. www.natpro.be
  • Brochure : guide pour éviter les pesticides au jardin et dans la maison, écoconso, 2013.
     

Fichiers attachés : 

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