Les trains de nuit sont de retour en Belgique

Le retour des trains de nuit en Belgique
Le retour des trains de nuit en Belgique

Dès janvier, on pourra voyager en train de nuit à partir de Bruxelles et Liège. Destination Vienne, dans un premier temps. Le signe d’un renouveau ?

À partir de janvier 2020, des trains de nuit circuleront à nouveau sur le rail belge. On pourra ainsi se rendre à Vienne en une nuit, au départ de Bruxelles et de Liège. Une seule destination… pour le moment.

C’est déjà un pas énorme. Depuis les années 2000, les trains de nuit avaient peu à peu disparu, face à la concurrence des vols low cost. Aujourd’hui la tendance s’inverse, peut-être grâce à la prise de conscience climatique.

> D’autres idées d’actions pour diviser ses émissions de CO2 par 2 en 10 ans ? Voir notre campagne « Climat : arrête d’en faire des tonnes ! ».

Les avions sont responsables de 5% du réchauffement climatique et leur nombre augmente chaque année. On ne peut plus ignorer que les trajets en avion sont désastreux pour l’environnement. Le flygskam, à savoir la honte de prendre l’avion, s’est même répandu en Suède.

Comparaison d’un trajet Bruxelles-Vienne en train, en voiture et en avion

Comparaison d’un trajet Bruxelles-Vienne en train, en voiture et en avion : émissions de CO2, consommation d’énergie, émission de particules, émission de NOX et émission de d’hydrocarbures (hors méthane). D’après http://www.ecopassenger.org, une initiative de l’Union internationale des chemins de fer.

Ces trajets sont d’autant plus absurdes que bon nombre d’aéroports sont subventionnés.[1] Dans le sud de la France, on trouve plusieurs aéroports distants de moins de 70 km (Carcassonne, Perpignan et Béziers, auxquels on peut ajouter Nîmes et Castres).

Et cela alors que le train pourrait être une alternative valable sur certaines lignes. L’Agence Européenne pour l’Environnement estime que le train émet 20 fois moins de CO2 que l’avion.[2]

> Lire aussi : Comment réduire la pollution des avions ?

Il est important de proposer des alternatives concrètes à ceux qui veulent faire l’effort de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre sans se priver de certains déplacements. D’après le collectif « Oui au train de nuit »[3] :

  • le TGV a une distance idéale de 750 km ;
  • le train-couchettes est une solution intéressante pour de longs trajets (jusque 1500 km).

La société autrichienne ÖBB croit dur comme fer au train de nuit. Beaucoup de pays européens ont arrêté ou fortement réduit leurs lignes de nuit, considérées comme insuffisamment rentables et fréquentées.

C’est peut-être là la chance d’ÖBB, qui a racheté une partie des trains de nuit liquidés par la compagnie ferroviaire allemande Deutsche Bahn il y trois ans. Un investissement important et risqué, mais visiblement payant. Avec ses lignes nocturnes baptisées « Nightjet », la compagnie autrichienne transporte près d’un million et demi de voyageurs par an et (re)développe de nouvelles lignes. Dont Bruxelles, et bientôt Amsterdam.

Pourquoi utiliser les trains de nuit ? Pour 40% des utilisateurs de Nightjet, c’est pour « arriver reposé à destination ». 31% avancent des raisons environnementales. Et pour 18%, c’est une solution pour « économiser une nuit d‘hôtel ».[4]

Dès la mi-janvier, les Belges pourront se faire leur propre opinion grâce aux deux trains de nuit programmés chaque semaine. Les trains partiront de Bruxelles-Midi, feront arrêt à Bruxelles-Nord et Liège puis passeront par l’Allemagne avant d’arriver à Vienne, puis Innsbruck :

  • Départ de Belgique le lundi et le jeudi à 18h04 (Bruxelles-Midi), arrivée à Vienne à 8h27 ou à Innsbruck à 9h14.
  • Pour le retour, on quitte l’Autriche le mercredi ou le dimanche soir pour arriver à Bruxelles le lendemain à 10h55.

Les billets devraient être mis en vente à partir de la mi-novembre.

En attendant de pouvoir embarquer dans plus de trains de nuit à Bruxelles, la liste des lignes existantes (moyennant transfert) est disponible sur le site de la SNCB et celui d’Interrail.

> Lire aussi : Écotourisme : 8 conseils pour s’offrir de belles vacances durables

 

[1] Voir à ce sujet : usbeketrica.com/article/24-aeroports-ryanair-survivent-subventions-detriment-climat

[2] 14 g CO2/passager/km pour le train vs 280 g CO2/passager/km pour l’avion.

[4] Source : article de Mediapart.

 

Mots-clés :