Préparer le sol pour un potager en pleine terre ou sur balcon

Type de publication:

Thématiques : 

Mots-clés : 

En pleine terre ou sur un balcon, le succès d’un potager dépend beaucoup du sol. Voici comment le travailler et le préparer pour récolter de bons légumes.

Qu’on cultive ses légumes en pleine terre ou sur balcon, le sol est d’une importance vitale. C’est la terre qui va accueillir les plantations et leur fournir les éléments essentiels à leur croissance.

> Lire aussi : Mon premier potager bio : par où commencer ?

On prépare la terre à recevoir les cultures. On la travaille mais en douceur pour la respecter. Un sol bien travaillé aura une structure aérée, absorbera bien l’eau et la matière organique.
 

SOMMAIRE :

- - - - - - - - - - - - -
 

En pleine terre

Le printemps est le moment propice pour s’y mettre car la terre est légèrement humide. Un sol détrempé, ou au contraire trop sec, est difficile à travailler. Un test rapide consiste à prendre un peu de terre en main : si elle est très humide, colle fort et semble boueuse, elle doit encore sécher.

Connaître son sol pour faire les bons choix

Avant tout, on essaye d’en apprendre un maximum sur son sol. Il existe pour cela différents tests et outils simples.

> Lire : comment comprendre les caractéristiques de son sol

On peut aussi demander l’analyse d’une échantillon de terre en laboratoire. C’est facile et ça apporte beaucoup d’informations utiles quand on commence un potager.

> Voir : Comment et où faire analyser son sol

Installer son premier potager

Si on installe son premier potager, on commence par délimiter sa parcelle à l’aide de piquets et de ficelle. Sans repères, il plus difficile de respecter les dimensions de son plan potager.

> Voir nos conseils pour réaliser le plan de son premier potager.

Préparer le sol : désherber, dégrossir et aérer

Sur un terrain en friche, il va d’abord falloir débarrasser le sol des plantes déjà présentes. On oublie les herbicides, ça ne ferait que polluer la terre pour les futures plantations.

On peut dégrossir une surface couverte de hautes herbes avec une débroussailleuse (qu’on loue ou qu’on emprunte pour l’occasion) ou avec une faux. Mais cette dernière demande de s’habituer un peu pour bien la manier.

Pour une petite surface comme un potager débutant, on peut désherber à la main et avec un outil à dents robuste comme une bêche ou une grelinette. Ça demande un peu d’effort physique mais c’est rapide et on peut planter rapidement.

> Voir aussi : Les outils et le matériel indispensables pour faire son potager.

Pourquoi un outil à dents ? Simplement pour éviter de découper les vers et autres habitants du sol. Ils permettent aussi de suivre une des règles d’or pour un potager écolo : ne pas retourner le sol. Respecter les différentes couches du sol préserve sa biodiversité.

La technique pour travailler la terre du potager est très simple :

  1. On enfonce les dents à la verticale dans le sol, pour travailler les 20 à 30 premiers centimètres.
  2. On agite légèrement l’outil d’avant en arrière.
  3. On sort l’outil et on recommence quelques centimètres plus loin jusqu’à avoir travaillé toute la surface. On procède en reculant pour éviter de marcher sur le sol déjà travaillé, au risque de le tasser.
  4. On peut passer plusieurs fois jusqu’à détruire toutes les mottes et avoir une terre fine et décompactée.
  5. On veille aussi à enlever ce qui pourrait gêner les légumes ou rendre l’entretien plus difficile : les gros cailloux, des déchets…

Si on s’y prend plusieurs mois à l’avance, on peut pratiquer la technique plus douce de l’occultation. Plus d’infos sur l’occultation dans cet article de Jardin sol vivant.

C’est maintenant qu’on va ajouter les apports comme le compost, le terreau, les amendements nécessaires… Voir ci-dessous. On réutilise la technique ci-dessus, sans retournement, pour intégrer gentiment la matière sans trop l’enfouir. On termine par ratisser pour égaliser la surface.

Cette vidéo montre les techniques pas à pas :

 

Attention, un sol qui vient d’être défriché contient encore une belle quantité de graines d’adventices (ce qu’on appelle souvent « les mauvaises herbes »), voire d’insectes parasites. L’idéal est d’y mettre :

  • des plantules à repiquer plutôt que des semis,
  • des légumes et fruits qui s’y adapteront comme la pomme de terre, le potiron, la courgette…

On peut aussi pratiquer la technique du faux-semis pour diminuer le stock de graines d’adventices dans la terre. Il suffit alors de bien préparer sa terre comme si on s’apprêtait à planter… Mais ne rien y planter. De sorte que les plantes « indésirables » vont se développer dans les deux semaines. On les arrache alors avant qu’elles montent en graines pour en débarrasser le sol.
 

En bac ou pots sur un balcon

Quand on fait un potage sur son balcon, sa terrasse ou son toit, le sol de culture ce sont les pots et leur contenu. On soigne leur choix et leur aménagement.

Quelle taille doivent avoir les pots ?

On sélectionne des contenants :

  • assez profonds.
    On prévoit minimum de 20 cm de substrat mais certains légumes auront besoin de plus d’espace dans le sol :
    • Hauteur de 20 cm : haricots nains, radis, salades à couper
    • Hauteur de 25 cm : céleris à couper
    • Hauteur de 30 cm : poirée
    • Hauteur de 40 cm minimum : chou frisé, courgette, potiron
    • Hauteur de 45 cm : carottes, pommes de terre, tétragone

> Voir notre liste de légumes faciles à cultiver quand on est débutant.

  • assez larges.
    On calcule l’espace dont a besoin une plante de taille adulte, sans quoi les légumes seront trop serrés, mal aérés et des maladies pourraient apparaitre.
     
  • avec des trous de drainage.
    Ces petits trous (environ 1cm) dans le fond du pot permettent au surplus d’eau de s’échapper. Pour éviter que la terre s’échappe ou bouche les trous, on les couvre légèrement avec des morceaux de terre cuite ou de vaisselle en porcelaine cassée par exemple. On place aussi une soucoupe sous le pot pour garder le surplus d’eau quand la plante aura soif et éviter au voisin du dessous de le recevoir sur son balcon.

Bon plan : des pots de récup’

Avec les cultures sur balcon ou prpareterrasse, le budget « contenants » peut vite grimper. Pour combiner écologie et économie, on joue la carte de la récup : on réutilise des vieux pots, des bassines, des seaux, des caisses à vin, des palettes…

On veille à utiliser des matières saines (on évite par exemple d’utiliser des vieux pneus) et non traitées (exit les contenants qui ont contenu des substances dangereuses). Les pots en géotextiles DIY sont également bon marché, en plus d’être légers (voir le tuto de l’asbl Le début des haricots pour en réaliser).

Le souci de la récup, c’est on peut parfois se retrouver à utiliser du bois dont on ne sait pas s’il a été traité. Dans le doute, on peut y ajouter une couche protectrice pour éviter à la terre de toucher les parois du pots. On utilise par exemple un géotextile en matière naturelle.

Avec quoi remplir les pots ?

On peut aussi éventuellement placer un matériel drainant dans le fond du pot, juste sous la terre, mais certains font bien sans. Le grand classique reste les billes d’argile, qu’on achète en jardinerie. Mais on pourrait penser à des cailloux, des branches, des bris de tuiles…

Puis on remplit les pots ou les bacs du balcon avec un substrat riche et assez léger. Il est important d’avoir une terre qui contient assez d’éléments nutritifs puisque l’espace est limité.

L’idéal c’est de la terre mélangée à du compost. On ajouter un peu de sable si le tout reste trop compact. Un mélange qui fonctionne bien est 1/3 de terreau bio, 1/3 de bonne terre et 1/3 de vieux compost.[1] On jette un œil ci-dessous pour voir où se procurer du compost si on n’en a pas.

Comme l’espace est limité, il faudra ajouter un petit complément d’engrais pour les cultures plus exigeantes. (voir ci-dessous)

Où trouver de la terre ?

Quand on vit en appartement, pas facile d’avoir de la terre sous la main pour remplir ses pots et bacs potagers..

On peut acheter de la terre saine qui convient au potager dans les jardineries, les pépinières, chez certains entrepreneurs agricoles ou du bâtiment… On peut aussi demander au département travaux ou environnement de sa commune. Ou à une connaissance qui connait la qualité de son sol et aurait un surplus.

Mais on veille à sa qualité. Il ne faudrait pas amener de la terre contaminée dans son potager. Là aussi on peut demander une analyse de sol.
 

Améliorer le sol pour aider les plantes

Avant de planter ou entre les cultures, on améliore le sol du potager (qu’il soit en pleine terre ou sur balcon). On utilise pour cela différents apports, comme des fertilisants pour nourrir ses légumes par exemple. Pour un potager bio, on se tourne vers les solutions écologiques : le compost, les engrais verts et autres fertilisants naturels. Certains apports ont aussi l’avantage d’améliorer les propriétés du sol, comme les amendements.

Le compost

C’est un indispensable du potager bio. Le compost transforme les déchets de cuisine et de jardin en un merveilleux allié. Il fournit des éléments nutritifs aux légumes de façon progressive, tout en améliorant la structure du sol. Si on a un jardin mais pas (encore) de compost, on l’installe avant ou en même temps que le potager.

> Lire aussi : Tout ce qu’il faut savoir pour réussir son compost

Ou on opte pour un vermicompost en appartement.

> Voir : Comment réussir son vermicompostage ?

On peut utiliser le compost mûr et tamisé :

  • pour l’incorporer au potager afin de nourrir le sol au printemps (quand on prépare le potager) ou à l’automne (entre deux cultures). En pleine terre, on l’enfouit dans les premiers centimètres du sol. Mais on peut aussi le laisser en surface si on paille le potager. Pour la culture en pot, on le mélange directement à la terre et/ou au terreau.
  • pour faire les semis.

Pour les quantités, on est plus généreux avec les légumes exigeants en éléments nutritifs ou quand on démarre un potager sur sol pauvre.

PLANTES

QUANTITÉ DE COMPOST

SI ON ÉPAND LE COMPOST EN SURFACE

Plantes exigeantes : pommes de terre, fraisier, céleri, chou, épinard, courgette…

3,5 à 5 kg de compost/m2 de sol

1,5 à 2 cm au-dessus du sol

Plantes moyennement exigeantes : laitue, carotte, betterave rouge, aromates, fenouil, panais…

2 à 3 kg/m2

1 cm au-dessus du sol

Légumineuses : haricot, pois, fève… et radis, mâche…

Quasiment nul à nul

 

> Lire en détails : comment utiliser son compost au potager

Et si on n’a pas (encore de compost) ? À défaut, on peut acheter du compost. On en trouve du bon marché en vrac (et parfois autorisé en agriculture bio) auprès des intercommunales de gestion des déchets.[2] Mais aussi en jardineries, magasins de bricolage, organismes spécialisés en compostage comme Bruxelles-Compost (vendu à la tonne), Agricompost, Vert d’Iris… Mais on est alors attentif à sa qualité. Ceci dit, il est parfois difficile d’avoir toutes les infos  (est-il utilisable en bio ? assez riche ? a-t-il chauffé suffisamment ?). C’est pourquoi l’idéal reste de le faire soi-même pour profiter d’un compost encore fort riche et jeune. Et gratuit !

Quid du terreau ?

Le terreau est une sorte de terre très riche en éléments nutritifs, très légère et qui permet une bonne rétention de l’eau (on arrose moins souvent).

Utile ou pas, les avis varient. Certains jardiniers jugent le mélange terre et compost suffisant, d’autres utilisent du terreau uniquement pour réaliser leur semis, d’autres encore cultivent carrément dedans.

Si on débute son potager et qu’on ne dispose pas de compost, le terreau est une alternative. Mais il fera grimper le budget. On l’achète en jardinerie ou en magasin de bricolage.La composition varie en fonction des marques et on trouve des terreaux spécifiques : universel, pour le potager, pour les fleurs, pour les plantes d’intérieur… On le préfère bio, sans tourbe[3] et labellisés RHP[4] (garantit certains paramètres comme une limite pour la présence de métaux, de graines d’adventices…).Lable RHP pour le terreau

On peut ajouter différents pourcentages de terreau à la terre, selon les recommandations du fabricant. Et cela dépend aussi de son sol, si on sème ou on plante, si on apporte un autre engrais…

Les autres engrais naturels

L’emploi seul du compost est parfois trop léger pour les légumes du potager. Surtout pour ceux qui ont besoin de beaucoup d’apports nutritifs ou ceux qui grandissent dans le petit espace d’un pot sur le balcon. On peut alors compléter les apports avec des engrais différents ou directement assimilables par les plantes.[5]

Qu’apportent-ils ? Surtout des éléments nutritifs comme l’azote, le phosphore, le potassium, des oligo-éléments… Ceux-ci sont indispensables aux plantes pour se développer.

On choisit en fonction des besoins des plantes et des résultats de l’analyse de sol.

> Découvrir les différents engrais naturels et leurs utilisations.

On peut aussi réaliser ces engrais maison à base de plantes sauvages. C’est économique et zéro déchet. Par exemple, du purin d’ortie ou de consoude.

Les amendements

Les amendements ont pour but principal d’améliorer la structure et le pH du sol. Selon cette définition, certains fertilisants comme le compost, le terreau ou le fumier sont aussi des amendements puisqu’ils amendent le sol et lui apportent des nutriments.

On peut ajouter au sol certains amendements spécifiques comme :

  • de la cendre de bois[6], de la craie ou du calcaire, à incorporer dans un sol acide.
  • des poudres de roches, notamment à base de silice, pour un sol basique ou calcaire.

Les quantités dépendent de la rectification dont le sol a besoin, selon l’analyse de laboratoire à qui on peut demander conseils.

Voilà, le sol a été travaillé, la terre a été préparée, il ne reste plus qu’à semer ou planter ses légumes au potager !

> Voir : Mon premier potager : par où commencer ?

Idéalement, après on installe aussi une couverture de sol.

> Lire aussi : Paillage, mulch & co : quelle couverture de sol utiliser au potager ?

 

[1] Source : journées d’échanges autour du jardinage biologique, Nature & Progrès, 2019.

[2] À titre informatif, le prix du compost en vrac et autorisé en agriculture biologique auprès d’Idelux est de 37,1€ la tonne (avril 2020).

[3] Dont l’exploitation devient problématique et endommage des milieux naturels fragilisés. Quelques infos dans cet article du journal « Le Monde ».

[5] Le compost, et certains engrais, doivent encore en partie être dégradés dans le sol avant de pouvoir nourrir les plantes.

[6] On utilise uniquement de la cendre issue de bois non traité et sans substance chimique, sous peine de contaminer sa terre.

 

Voir aussi

Aucune publication trouvée.